La BRI snobe Bitcoin (BTC) et s’intéresse à un Stablecoin “programmable” de surveillance de masse

Are you supposed to be here right now?

La banque centrale des banques centrales, aka banque des règlements internationaux (BRI), s’intéresse de très près aux “Stablecoins“. Son dernier papier sur le sujet s’intitule « Stablecoins : risques, potentiel et régulation ». Un titre qui ne présage pas vraiment de louanges comme nous allons le voir.


Un Stablecoin pour les gouverner tous

BRI Stablecoins : risks, potential and regulation
Source : bis.org

De la création de Bitcoin (BTC) en 2009, à l’émergence des stablecoins tels que Paxos Standard, Tether, TrueUSD ou USD Coin, en passant par le projet Libra de Facebook en 2019, la BRI prévient que « ces défis technologiques » (pour ne pas dire menaces) doivent être réglementés.

La banque hôte du conclave des gouverneurs des banques centrales avance que si le Bitcoin n’est pas devenu une alternative aux arrangements monétaires des États, les stablecoins présentent en revanche un « défi ».

La BRI voit toutefois d’un bon œil certaines propriétés des stablecoins comme la « surveillance intégrée » et le fait de pouvoir « programmer » la monnaie. La monnaie programmable permettrait par exemple d’interdire certains achats à certaines personnes ou encore d’instaurer ce que l’on appelle la « monnaie fondante ». C’est-à-dire une monnaie qui disparaît après un certain temps si elle n’a pas été dépensée…

Les gouvernements pourraient utiliser l'”argent programmable” (stablecoin) pour limiter la façon dont les aides sociales pourront être dépensées. Par exemple uniquement pour l’épicerie, ou en faisant en sorte que l’argent “expire” après une certaine période.

BRI

Surveillance de masse, fin du cash et contrôle de nos dépenses… Comment le modèle de société Chinois a pu soudainement devenir l’exemple à suivre pour la BRI ?… #GreatReset

“Images révélées du CBDC”

Libra

La BRI continue en se penchant sur le libra et donne en passant sa définition du stablecoin :

« Dans le débat actuel, un stablecoin peut être défini comme une cryptomonnaie gardant une valeur stable par rapport à un actif spécifique, ou un panier d’actifs. »

BRI

Cette définition rappellera évidemment le SDR (Special Drawing Right) du FMI qui est une monnaie également adossée à un « panier » de monnaies et dont la composition est révisée tous les cinq ans. La pondération du panier du SDR est actuellement 41.73% de dollar, 30.93% d’euro, 10.92% de yuan (Chine), 8.33% de yen et 8.09% de livre sterling.

Nous le précisions car même si la BRI n’y fait pas référence dans ce papier, elle a des liens étroits avec le FMI qui a toujours nourri l’ambition de remplacer le pétrodollar par ce SDR. Ce dernier prend la poussière depuis 1969 car les États-Unis (droit de veto) comptent bien continuer à profiter du privilège exorbitant du dollar aussi longtemps que possible. Ce droit de veto est un défaut que n’a pas le Bitcoin qui est absolument “permissionless” (aucune transaction ne peut être bloquée). Notez à ce propos que l’Iran a déjà fait du Bitcoin un actif de réserve de sa banque centrale… Fin de la parenthèse.

La BRI semble s’inquiéter que le projet Libra puisse facilement atteindre une adoption de masse et suggère que les “pouvoirs publics” adoptent eux-mêmes l’innovation. Sous-entendu : la création de CBDC (Central Bank Digital Currency).

Mais Zuck avance rapidement. Malgré un Congrès US assez hostile, le libra sera finalement lancé en janvier 2021. Le fondateur de facebook a probablement obtenu son feu vert en acceptant que son stablecoin soit adossé uniquement au dollar. Exit donc l’euro, le yen, la livre et le dollar singapourien.

Cela étant dit, le « White paper » du libra invite tout de même toutes les banques centrales à utiliser le réseau Libra une fois qu’elles auront créé leurs CBDC. Dit autrement, le libra a l’ambition de devenir le “réseau SWIFT” des stablecoins, ce qui chagrine les actuels gardiens du temple

LIBRA

“Surveillance intégrée”

Le papier ne mentionne pas le mot « Blockchain » et préfère parler de DLT (Distributed Ledger Technology). Et encore heureux car un DLT n’a pas de blockchain… Il y a quand même des limites à l’amalgame avec le noble Bitcoin…

La blockchain est une technologie permettant de garder la trace d’un ensemble de transactions, de manière décentralisée, grâce à un processus de proof of work (mining) se matérialisant in fine par une chaîne de blocs. La décentralisation est la pierre angulaire du Bitcoin et ne fait évidemment pas partie des plans des banques centrales.

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Le grand avantage du DLT aux yeux de la BRI est de pouvoir suivre toutes les transactions en temps réel, tel un instrument de surveillance de masse. La BRI explique même carrément que l’on pourrait intégrer tout cela à un système d’identité digitale gérée par le secteur privé…

Nous retombons ici sur le projet ID2020 de Bill Gates qui vise à resserrer son étau sur internet en faisant disparaître l’anonymat. Le but étant que nous ayons tous un identifiant numérique relié à nos données biométriques. Hello Big Brother.

L’ID2020 permettrait par exemple des paiements par reconnaissance faciale où via un scan rétinien. Le scanner rétinien du World Food Program (ONU) s’appelle « Eyepay ». Il est utilisé dans les camps de réfugiés syriens en Jordanie. Par exemple dans le camp d’Al-Zaatari, à Mafraq, où l’ONU a mis en place dès 2016 une “blockchain” contenant les identités biométriques devant être confirmées pour recevoir leurs aides humanitaires journalières. Chaque réfugié se voit crédité sur un « wallet » une certaine somme pouvant uniquement être dépensée à l’intérieur des magasins du camp…

Ces camps de réfugiés entourés de barbelés et gardés par l’armée sont maintenant appelés des « liveable cities » ou encore des « smartcities »… Chacun appréciera la comparaison.

une réfugiée syrienne paie avec eyepay
Jordanie eyepay
Reuters/Muhammad Hamed Novembre 2016 [Source]

BRI vs Bitcoin

Le papier ne fait bien évidemment pas l’éloge du Bitcoin qui est l’antithèse des stablecoins et autres CBDC dont ils essayeront de hâter l’adoption en les distribuant sous forme d’aides. Ce qui ne saurait tarder étant donné les dégâts immenses du confinement sur l’économie. N’est-ce pas le but de toute ingénierie sociale : faire en sorte que le peuple soit demandeur de ce que l’on veut lui faire accepter ?

La France est prête de ce côté là puisque il existe désormais un fichier unique rassemblant toutes les données biométriques des Français. C’est le fameux fichier TES (Titres Électroniques Sécurisés) surnommé « fichier des gens honnêtes » qui sera à n’en point douter au cœur d’un CBDC européen

« Les stablecoins sont nés des cendres de la bulle de 2018 sur les cryptomonnaies. Après la dernière bulle spéculative très médiatisée, il est apparu clairement que la forte volatilité de la valeur des cryptomonnaies compromettait leur utilisation en tant que moyen de paiement et de réserve de valeur. […] Initialement, les stablecoins sont venus palier l’échec du Bitcoin à servir de moyen de paiement. »

BRI

Ces déclarations sont évidemment d’une mauvaise foi aberrante. Oui, le Bitcoin est volatil. Comment pourrait-il en être autrement puisqu’il ne pèse même pas 400 milliards $. Pour la comparaison, il s’échange chaque jour 5000 milliards de dollars sur le Forex (marché des changes) !

Le problème de la volatilité disparaîtra lorsque les 21 millions de Bitcoins vaudront autant que tout l’or du monde. Ce jour-là, un seul Bitcoin vaudra un demi-million de dollars… Qui se soucie de la volatilité d’une monnaie si elle ne cesse de prendre de la valeur avec le temps ? Affirmer que le Bitcoin n’est pas une réserve de valeur va à l’encontre des faits.

Que cherche la BRI ?

Il ressort après la lecture de ces 30 pages que la BRI ne semble pas très enthousiaste à l’idée de voir émerger des stablecoins globaux comme le libra. La banque des banques centrales craint probablement de perdre son autorité car rappelons que c’est elle qui édicte les règles bancaires. Les fameuses « règles de Bâle » pour les connaisseurs.

« Quelle que soit leur taille, la nature numérique et sans frontière des stablecoins soulèvera des questions de coordination transfrontalière. Il sera essentiel de mettre en place des réglementation et des outils de supervision. […] Les outils doivent être issus de diverses expériences prenant par exemple la forme d’une coopération privée / publique coopérative (tels que SWIFT, CLS et Euroclear). »

BRI

On sent ici que les Banquiers sont débordés par la tech et que le réseau SWIFT sera bientôt rendu obsolète. La BRI cherche à avoir son mot à dire mais il n’est pas certain que Mark Zuckerberg ait besoin d’eux…

C’est en tout cas l’impression que l’on a en lisant la conclusion :

« Dans l’ensemble, il n’est pas certain que les stablecoins soient nécessaires […]. Bien qu’une représentation digitale de la monnaie soit pleine de promesses pour certaines applications, les CBDC pourraient offrir les mêmes bénéfices sans certains inconvénients. »

BRI

Les banquiers de la BRI se méfient de l’abordage de Facebook mais n’hésitent pas à se servir de cette concurrence pour mettre en avant la CBDC. C’est-à-dire un prélude à la fin du cash que l’on déguise en innovation sur fond d’amalgame avec le Bitcoin.


Le Bitcoin est la solution déjà existante permettant des paiements internationaux sans craindre de se retrouver sous embargo, contrairement au réseau SWIFT. Il est également une échappatoire à la dystopie d’une société totalitaire sans moyen de paiement anonyme.

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