Les transactions blockchain recèlent des secrets bien gardés…

La « Blockchain Finance Week » organisée par Binance s’est terminée il y a peu. Aujourd’hui CoinTribune revient sur l’un des panels au croisement des technologies blockchain et du Big Data : 4 experts expliquent comment « déverrouiller l’accès aux données et aux informations de la blockchain » … un sujet très mal connu et pourtant essentiel pour optimiser ses investissements.

Pub

Retour sur cette conférence avec 4 sociétés spécialisées dans la curation, la structuration et l’analyse des transactions qui dévoilent les coulisses des techno blockchains.

Les 4 invités de Christine Kim, Research Analyst chez Coindesk et professeur de crypto trading

Blockchain Finance Week Binance, dune, Messari, aave,
  • Alex BERTOMEU-GILLES, Risk Manager chez AAVE (protocole de Lending)
  • Ryan SELKIS, fondateur et CEO de la startup Messari (spécialisée dans l’analyse de données financières sur toutes blockchains) 
  • Frederik RAGA, co-fondateur et CEO de Dune Analytics (spécialisée sur l’étude des transactions de la blockchain Ethereum) 
  • Bruce PON, fondateur et CEO de Bigchain DB (éditeur d’infrastructures blockchain et du Protocole Océan)  

Ces 4 sociétés -inconnues du grand public- font partie d’un tout petit écosystème, ces experts créant des outils à très fortes valeurs ajoutées… Ils vont capturer les infos des transactions passées puis les transformer, les traiter et exploiter celles-ci pour délivrer des analyses financières pour tenter d’anticiper le futur, à l’aune de ce passé transparent.

En effet, contrairement à une idée très répandue, les transactions des blockchains regorgent d’informations.

Ce sont des quantités de données qui peuvent être lues par tous, mais surtout décryptées et utilisées par ceux qui veulent investir au juste prix. Oui ces sociétés produisent un vrai travail de fourmi qui délivre de très fortes valeurs ajoutées bien sûr très convoitées !

Les indispensables pour plonger dans le grand bain

Comme les blockchains hébergent continuellement les transactions effectuées, c’est un flot constant et sans fin d’informations  qu’elles donnent à lire à tout le monde …. or ces données n’ont pas toutes la même valeur, certaines sont plus efficaces que d’autres pour prédire les tendances du marché, et réaliser des bons investissements ou autres bons coup de trading !

La première question est donc de savoir quoi lire comme données sur les blockchains publiques.

La seconde question compte double, il s’agit de comprendre comment comparer ces données et comment en extraire des indices  peu visibles mais factuels. Des indices qui permettront d’anticiper les tendances d’adoption, d’achat et de vente des cryptos…

Chaque invité explique qu’il a dû créer sa méthodologie de curation, ses modèles et schémas d’analyses, ses metrics et KPI pour répondre spécifiquement à ses besoins, en triant minutieusement l’hyper abondance des données présentes sur  les blockchains publiques.

De la nécessité de lire et comprendre avant d’investir 

Chacun rappelle qu’il est indispensable de se familiariser avec la lecture des data des blockchains, que l’on soit investisseur ou utilisateur, car ces lectures permettront d’évaluer le niveau de risque d’un projet crypto ou d’un projet de blockchain.

Ce conseil n’est pas nouveau, il est même plutôt assez ancien …

Dans la finance traditionnelle, il y a toutes sortes d’outils qui permettent d’évaluer la qualité, la légitimité et les performances des projets, des sociétés et des services avant d’investir. L’exploration des data est une méthodologie rodée et de très nombreux services vendent des analyses synthétisant les informations essentielles du marché tels Crunchbase, Statista, CB insights.

Dans le domaine de la finance décentralisée, des blockchains et des cryptos, ces services n’existent pas encore vraiment. Chacun doit réaliser ses analyses avec ses propres outils de mesure, et par conséquent, beaucoup d’investisseurs sont perdus alors qu’ils ont vraiment besoin d’informations.

Les outils d’analyse blockchain et crypto existent depuis toujours 

La blockchain a un avantage indéniable face à la finance centralisée : c’est une base de données partagée transparente où chaque transaction effectuée est enregistrée avec toutes ses caractéristiques, qui peuvent être consultées par n’importe qui, avec une granularité d’audit très fine.

Etherscan, l'outil de référence

C’est pourquoi, même si l’industrie des blockchains publiques est très jeune, paradoxalement elle est déjà considérée comme la plus riche des industries, au vu de sa quantité de transactions -donc de data- qu’elle produit à la seconde !

Face à ce constat, des sociétés se sont créées pour capter, analyser, rendre compréhensibles et utilisables ces flux de données n’ayant pu subir absolument aucune manipulation de falsification ou censure.

Pub

Capter n’est pas gagner, il faut d’abord passer par la case modéliser 

Avant de commencer, il faut bien comprendre que chaque opération est enregistrée sur la blockchain : les transactions divulguent -de fait- publiquement toutes les informations d’une blockchain, qu’il s’agisse de ses processus, de son taux d’activité, de son nombre d’utilisateurs réels.

Là où ça devient plus compliqué, c’est que chaque projet se construit avec sa propre infrastructure, son propre format de données, ses caractéristiques propres et variables uniques. En clair, cela signifie que pour extraire et structurer les données des différentes blockchains, le processus d’agrégation des data est littéralement un enfer !

C’est là qu’on saute à pieds joints dans les joies du Big Data

Il faut d’abord commencer par analyser les caractéristiques du projet, décrypter son modèle de données, analyser ses noms de variables, puis les faire passer à travers une moulinette de renommage, afin de normer ces valeurs et de pouvoir les agréger à d’autres ayant subies le même processus d’étalonnage.

Tout cela pour dire que l’expertise de ces sociétés d’extraction et d’analyse dépasse largement le rapatriement massif des données issues des transactions enregistrées sur les blockchains. Leur réelle expertise réside dans la finesse de leurs modèles d’analyse, qui permet la conversion et la convergence structurée des volumes de data issues de chaque projet crypto et blockchain.

C’est un travail monstrueux ! 

C’est pourquoi les sociétés qui traquent les data, les mouvements des tokens, les frais sur les exchanges, les adresses des wallets (ou leur maquillage), les temps de conservation des tokens par les wallets, utilisent un grand nombre d’outils différents et variés.  

C’est précisément une des raisons qui fait que ces experts font partie du même écosystème. Ces sociétés travaillent en interdépendance et se soutiennent mutuellement, tellement le travail de curation et d’analyse sur les tokens en mouvement est complexe.

Bigchain DB, crypto

Les algo peuvent-ils anticiper la réussite de nos investissements ?

Autrement dit …. si un investisseur ne sait pas comment estimer la juste valeur d’un token, ces sociétés peuvent-elles le faire pour lui ?

C’est vrai quoi …. comme le marché du web 3.0 est très immature, comment savoir s’il faut investir ou se détourner d’un token  ?

C’est là que les sociétés de ce panel répondent présents : oui leurs analyses et metrics ont leur pouvoir de discerner les (vrais) enjeux des projets, leurs qualités, activités, communautés, usages et d’en estimer le prix réel … des analyses qu’ils vendent cher aux investisseurs.

Dune Analytics, blockchain, crytpo
  • Dune Analytics cure l’historique des blockchains, rapporte les transactions enregistrées, normalise, agrège et compare les données, pour rendre des analyses chiffrées sur les actions passées, ce qui permettrait de calculer la probabilité des actions du futur proche.

    En aucun cas ce travail ne pourrait être comparé à celui de Madame Irma, car nous sommes complètement dans le registre des chiffres et des statistiques.

    Les prix des token ne sont pas tirés du chapeau mais répondent à des logiques réelles, qui sont visibles et explicables grâce à l’analyse des données issues des blockchains. Mais encore faut-il savoir lire ces données vastes et diluées…
messari blockchain, crytpo
  • L’expertise de Messari est plutôt dans la captation de très grands volumes de données issues de centaines de crypto. C’est ce cumul de transactions comparées qui fait surgir -et qui permet de justifier- des découvertes invisibles pas forcément avouables ….

Ainsi, la capitalisation boursière de Ripple serait surévaluée de plus de 6 milliards de dollars ! Des preuves tangibles attestent que son fondateur possède une multitude de wallets qu’il utilise pour transférer des tokens de la Fondation vers ses comptes avant d’échanger ceux-ci contre d’autres tokens, vendant ensuite ceux-ci pour accroitre sa fortune personnelle. 

Le bug d’inflation de Stellar résulterait aussi d’une utilisation des fonds communautaires de la Fondation pour remplacer les fonds dérobés pendant le grand hack de 2017  …. une dissimulation à plusieurs millions de dollars … mais dévoilée par cette startup discrète.

Pour conclure cette conférence, les invités ont indiqué les outils indispensables à connaître pour s’informer, lire et comprendre l’information financière des token made in web 3.0.

Les trucs et astuces

  • le prix d’un token n’est crucial que s’il est corrélé à sa valeur réelle 
  • le nombre de détenteurs d’un token, montre l’attrait pour ce protocole, attestant d’une adoption massive future et donc d’une valeur croissante potentielle
  • le volume des frais d’un protocole, atteste de sa vitalité et de son usage réel 
  • le nombre de développeurs et de social media, témoignent d’un engagement collectif
  • le nombre d’assets stockés sur cold wallet, entérine son adoption non-spéculative
  • le ratio de token émis doit être comparé à son marketcap qui légitime son cours

Bonus pour les anglophones : https://youtu.be/NGgFoSWlUdQ?t=6601

Pub

Voilà vous savez tout sur cette conférence qui paraissait si simple en lisant son titre.

N’oubliez pas d’aller visiter les blogs et les sites web de ces sociétés qui siphonnent les blockchains pour en extraire des analyses profondes. Ces analyses vous permettront probablement d’éviter de très mauvais investissements ou vous permettre d’investir dans des pépites encore sous les radars des médias…

scam bitcoin

Quelqu’un a envoyé 243000 USD en Bitcoin (BTC) sur le wallet d’un scam “Elon Musk”

Les 2 moyens les plus sûrs pour acquérir du Bitcoin (BTC) : en acheter en P2P ou sur les exchanges, ou en miner. Les scammers continuent de jouer la même mélodie pour attirer leurs victimes. Les moins prudents tombent sous…
prix bitcoin BTC

Bitcoin (BTC) le 4 mars 2021 – Une reprise difficile

Bitcoin (BTC) re-chute en-dessous des 48 000 USD aujourd’hui, 4 mars 2021. Les taureaux ont du mal à reprendre le contrôle des marchés sur le court terme. Ils devront compter sur l’appui des institutionnels pour éviter que mars ne ramène…
bitcoin paiement commerces USA

OLB Group permet à des milliers de commerçants américains d’accepter des paiements en cryptomonnaies

Après le statut de classe d’actifs sur lequel investir pour générer des profits, les cryptomonnaies doivent maintenant atteindre celui de moyen de paiement à plein temps pour confirmer une adoption généralisée. À l’image de PayPal qui a décidé d’inscrire le…
coinbase bitcoin

Coinbase lancera-t-il bientôt son propre token ?

A l’instar de Binance qui dispose de la Binance Coin (BNB), Coinbase pourrait bientôt se doter lui aussi de son propre jeton. L’exchange basé aux États-Unis qui prépare activement son entrée en bourse, a en effet fait allusion à cette…
yearn finance

Qu’elle est la différence entre Yearn Earn et Yearn Vaults ?

Yearn Earn et Yearn Vaults : blanc bonnet et bonnet blanc ou des systèmes avec des avantages bien différenciés pour les utilisateurs de Yearn Finance (YFI) ? Earn et Vault : des cousins et non des jumeaux Les utilisateurs de…