Retour du Gold/Bitcoin Standard – L’accord secret des Banques Centrales

Le « great reset » est dans toutes les bouches. Cette “remise à zéro” signifie que nous sommes à l’aube d’une refondation du système monétaire international. Un système faisant la part belle à l’or, la seule monnaie véritable, dixit Karl Marx et JP Morgan… Mais à l’instar du Bitcoin, la relique barbare présente le défaut de ne pas être répartie de manière homogène. Plus pour longtemps puisqu’il apparaît que les Banques Centrales égalisent en coulisse et depuis de nombreuses années, leurs réserves d’or. En attendant le Bitcoin Standard

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Bretton Woods

Faisons d’abord un brin d’Histoire en rappelant que le système monétaire international date de la fin de la seconde guerre mondiale. On décida que le dollar serait la monnaie de réserve internationale et qu’il serait convertible en or à 35 $ l’once d’or. C’est le billet vert qui fut choisi car les États-Unis possédaient alors 60 % du stock mondial d’or (environ 20 000 tonnes d’or, sans oublier la bombe atomique qui a légèrement accéléré les négociations…). Dit autrement, cet accord signé à Bretton Woods instaura le Gold Standard. La monnaie n’était donc pas « fiat » comme on dit de nos jours. Elle était au contraire adossée à un métal tangible et disponible en quantité limitée.

Il ne fallut malheureusement pas attendre longtemps avant que les États-Unis dépensent à l’étranger plus de dollar qu’ils n’avaient d’or. Des inquiétudes quant à la capacité des États-Unis à tenir la parité des 35 $ se firent rapidement jour. Certaines nations, France en tête, décidèrent donc d’échanger leurs dollars contre de l’or auprès du Trésor US. À l’époque, les avions de l’US Air Force faisaient la navette Fort Knox – Londres et tant d’or arriva à la banque d’Angleterre que le sol de la salle de pesée s’écroula. C’est bien simple, en 1960, il y a déjà plus d’or en Europe qu’au États-unis.

En 1971, Pompidou marchera dans les traces de de Gaulle et fera mouiller un bateau de guerre dans à New York pour rapatrier de l’or. Ce fut la goutte de trop puisque Nixon « suspendra » quelques jours plus tard la convertibilité du dollar en or. Ce choc débouchera sur des esclandres diplomatiques entre les États-Unis, le Japon, l’Europe et d’autres pays dont les réserves d’or en dollar venaient de se figer en papier…

« Le dollar est notre monnaie mais c’est votre problème. »

John Connally (secrétaire du Trésor américain, déclaration faite à une délégation européenne énervée en 1972)

La suite est connue. Kissinger parviendra à « convaincre » l’Arabie Saoudite de vendre son pétrole exclusivement en dollar. Ce coup de poker géopolitique permit à l’Oncle Sam d’obliger les Banques Centrales du monde entier à réinvestir leurs dollars dans sa dette. S’ensuivit aussi une forte hausse du taux directeur de la FED (Paul Volcker) pour justement inciter tout le monde à garder ses réserves sous forme de “treasuries” payant de juteux intérêts. Le bâton et la carotte

Taux directeur de la FED depuis 1950
Taux directeur de la FED dont dérive le taux de rémunération de la dette US

Ainsi, malgré la fin du dollar “as good as gold”, les États-Unis ont pu continuer à imprimer du papier pour payer leurs importations sans que le taux de change du dollar ne s’écroule. Ce système est un privilège exorbitant grâce auquel les Américains vivent largement au-dessus de leurs moyens.

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Euro As Good as Gold ?

Nous arrivons bientôt aux éléments abordés en préambule mais continuons notre petit rappel historique afin de bien saisir le contexte.

Des documents classifiés jusqu’à récemment montrent que les États-Unis étaient opposés à la création de l’Euro ou tout autre monnaie pouvant faire contrepoids à leur hégémonie monétaire. Voici une déclaration téléphonique faite par le conseiller à la sécurité nationale Henry Kissinger et le secrétaire du Trésor US en 1973 :

Kissinger : Nous devons faire tout ce qui en notre pouvoir pour empêcher l’unification de l’Europe sans que cela ne se sache. … Je ne pense pas qu’un système monétaire européen unifié soit dans notre intérêt. […] Tous nos ennemis sont en faveur d’une monnaie européenne, ce qui n’est pas probablement pas de bon augure pour nous.

Les États-Unis craignaient que la construction du Système Monétaire Européen (SME, 1978) soit un premier pas vers une réhabilitation du Gold Standard. Ce qui ne fut finalement pas le cas lors de la création de l’Euro. De Gaulle (1890 – 1970) avait effectivement cette ambition mais ce projet fut mis en veille par ses successeurs.

Néanmoins, si l’on regarde les mouvements d’or entre les Banques Centrales des pays européens, on se rend compte que des choses très intéressantes se passent depuis le début des années 1990. En effet, les mouvements de lingots révèlent un équilibrage entre nations en fonction de la taille des économies.

Les Pays-bas ont par exemple vendu 1100 tonnes d’or depuis 1993 en déclarant vouloir ramener leurs stocks d’or à un niveau en ligne avec la moyenne internationale tout en vendant à des nations ayant de faibles réserves (la Chine notamment). Tous les pays ayant des réserves d’or disproportionnées par rapport à leur PIB ont commencé à vendre leur or.

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En 1999, 14 Banques Centrales européennes se mirent d’accord pour vendre régulièrement de l’or au cours des 5 années suivantes (le Central Bank Gold Agreement, CBGA). Cet accord a toujours été reconduit et la France n’y a pas échappé lors du mandat de Nicolas Sarkozy, ce dernier faisant fondre le stock d’or français de 3000 tonnes à 2400 tonnes.

Le spécialiste de l’or Jan Nieuwenhuijs a fait les comptes pour le site VOIMA et il apparaît très distinctement que ce sont bel et bien les pays ayant historiquement beaucoup d’or qui ont vendu pendant toutes ces années (Autriche, France, Belgique, Italie, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suisse) afin d’égaliser leurs réserves d’or avec leur PIB.

Stocks d'or par pays
– Les barres noires représentent le PIB
– Les barres marron représentent les stocks d’or après l’accord des banques centrales
– Les barres vertes représentent les quantités d’or vendues suite a l’accord
– Les barres violettes représentent les quantités d’or vendues avant l’accord
On observe que les quantités d’or deviennent magiquement en ligne avec le PIB, l’Angleterre étant l’exception notable

Jan Nieuwenhuijs a également publié un magnifique graphique mettant en perspective l’évolution des stocks d’or entre les États-Unis, l’Europe et l’Asie. Nous retrouvons cette convergence PIB/Stock d’or. Ce qui nous ramène enfin au « Great Reset » ainsi qu’au Bitcoin.

Stocks d'or Europe de l'ouest, USA, Moyent-Orient, Europe de l'Est et Asie
Réserves d’or officielles par région

Great Reset

Déclaration de la banque centrale polonaise après avoir acheté 125 tonnes d’or en 2019 :

« La part de l’or dans les réserves de change de la Banque Centrale Polonaise était au-dessous de la moyenne internationale (10.5 %) et significativement inférieure à la moyenne européenne (20.5 %). »

C’est un fait, les Banques Centrales sont à pied d’œuvre pour ragréer de manière équitable les stocks d’or entre elles.

Ajoutez à tout cela les achats frénétiques de la Russie et de la Chine et il semble assez clair que de nombreux pays se préparent à un nouveau système monétaire international. Il est en effet plus facile d’obtenir l’assentiment de tous si chacun a ses starting blocks au top départ

Le fait que la majorité des Bitcoins soient entre les mains d’une minuscule minorité est un frein bien connu à son adoption par ceux qui ne veulent pas cautionner un enrichissement un peu facile d’une minorité. Il faut dire les choses… Avec à peine 10 000 adresses détenant plus de 57 % des Bitcoins, c’est peu de dire que la répartition est oligarchique.

Les « baleines de Bitcoin » feraient bien de prendre exemple. Pourquoi ne pas faire ruisseler une partie des Bitcoins via des airdrops massifs… Qui sait, l’engouement qui en résulterait pourrait potentiellement largement compenser les donateurs grâce à l’appréciation de leurs Bitcoins restants. Bon, revenons sur terre…

Une autre raison d’anticiper le retour d’un Gold Standard est que les Banques Centrales fondent de plus en plus leur or pour s’aligner sur les standards de Londres. En effet, des barres d’or ayant une pureté standardisée augmente leur liquidité, ce qui encore une fois doit nous mettre la puce à l’oreille quant à l’intention des pays de bientôt commercer avec une monnaie neutre, sans privilège exorbitant.

Certains pays ne jouent toutefois pas le jeu, États-Unis en tête. Les Américains n’ont pas vendu un gramme d’or depuis 1971 et gardent jalousement leur 8000 tonnes. Personne ne pourra le leur acheter. Il est donc potentiellement plus facile pour les nations désireuses de renouer avec une vraie monnaie internationale d’acheter les Bitcoins qui appartiennent aux particuliers.

Le Bitcoin, monnaie largement supérieure à l’or, serait une bonne affaire pour de nombreux pays vu que sa capitalisation est encore loin d’égaler celle de l’or. Les 21 000 000 de Bitcoins ne pèsent “que” 200 milliards $ alors que le stock d’or global représente 8800 milliards $. De nombreux pays pourraient alors se retrouver sur un pied d’égalité en faisant du Bitcoin une réserve de change parallèle à l’or.

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En effet, pour quelle raison la valeur du stock d’or devrait valoir moins que le stock d’or s’ils ont exactement la même fonction ?… Le Bitcoin vaudra 44 fois plus qu’actuellement lorsqu’il aura atteint le même niveau de popularité que le métal jaune. Ce qui ne saurait tarder quand la vieille garde se sera rendue à l’évidence. Encore un peu de patience.

Comment les banques centrales font-elles “tourner la planche à billets” (2) ?

Voici la deuxième partie de notre papier levant le voile sur l'arnaque de la création monétaire à partir de dette et d'intérêts. Avant de commencer cet article, assurez-vous d'avoir bien lu la première partie. Monnaie de banque centrale et monnaie…
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