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Bitgrail : faux hack pour une vraie banqueroute ?

lun 28 Déc 2020 ▪ 16h00 ▪ 4 min de lecture - par Rédaction CT

Si les modes opératoires utilisés lors des différents cas de hacks sont assez similaires dans l’espace cryptographique, celui-ci a une saveur toute particulière. Après plus d’un an d’investigations, la police italienne accuse le fondateur de la Crypto Exchange Bitgrail de falsification des piratages. Il aurait ainsi causé lui-même la faillite de son entreprise par ce stratagème dans le but d’escroquer ses clients. Plus de détails dans la suite.

Un crime presque parfait

Âgé de 34 ans et originaire de Florence, le propriétaire de Bitgrail connu sous les initiales F.F. déclarait sa société en faillite en 2019. L’année précédente, il avait contacté en personne les autorités pour signaler le piratage de son exchange et la perte d’une importante quantité de nano coin. Celui-ci n’est rien d’autre que le jeton natif de Bitgrail et est détenu par plus de 230 000 clients de l’exchange. Directeur du centre national pour les cybercrimes (CNAIPIC), Ivano Gabrielli a tout de suite soupçonné l’implication de F.F. dans cette affaire. La police qui a suivi également cette piste a fini par l’accuser d’avoir initié la série de faux piratages qui aura causé des pertes de 120 millions d’euros (146 millions de dollars) à l’exchange.

Outre la fraude informatique, le propriétaire de l’exchange est également accusé de faillite frauduleuse et de blanchiment d’argent. « Pour la première fois en Italie et en Europe, nous avons documenté des comportements frauduleux au détriment d’investisseurs effectués entièrement sur des plateformes informatiques et via l’utilisation de monnaies virtuelles », peut-on lire dans une déclaration officielle de la police italienne. Celle-ci ajoute qu’il pourrait s’agir là de la plus grande attaque cyberfinancière en Italie et même l’une des plus importantes au monde.

Quel est réellement le rôle joué par F.F. dans cette affaire ?

Bien que des soupçons de fraudes pèsent sur F.F., sa culpabilité n’a pas encore été clairement établie par la police. Elle repose sur des constats accablants faits par les autorités chargées de l’affaire lors de l’inspection des installations de Bitgrail. En effet, la police juge qu’il aurait été facile de prévenir le détournement et de limiter les pertes subies par l’exchange.

Une situation qui poussa d’ailleurs M. Gabrielli à se demander si le propriétaire de Bitgrail n’avait pas simplement décidé de ne pas renforcer les mesures de sécurité après l’avoir découvert. Le 21 janvier 2019, l’intéressé avait déjà été condamné à restituer le plus d’actifs possible aux clients de l’exchange. La procédure de recouvrement avait alors permis de saisir les actifs personnels de l’intéressé pour une valeur totale de plus d’un million de dollars.

Il s’agirait d’un cas sans précédent si la culpabilité de F.F. venait à être prouvée dans cette affaire et sans doute un coup dur pour l’espace cryptographique local. En effet, l’idée que des promoteurs puissent eux-mêmes faire couler leur exchange pour escroquer la clientèle constituerait un frein au développement du secteur.

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Derrière la signature générique « Rédaction CT » se trouvent de jeunes journalistes et des auteurs aux profils particuliers qui souhaitent garder l’anonymat car impliqués dans l’écosystème avec certaines obligations.

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