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Du Cypherpunk à Wall Street, Bitcoin a t-il vendu son âme ?

jeu 23 Avr 2020 ▪ 12h00 ▪ 4 min de lecture - par Rédaction CT

Les régulateurs internationaux, devraient-ils être inquiétés par l’industrie de Bitcoin et des cryptomonnaies ? Pas vraiment, répond l’expert britannique en criminalité financière, Therese Chambers, directrice des enquêtes commerciales et réglementaires à la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni. Elle a présenté cette opinion pro-Bitcoin (ou pas anti, ce qui n’est déjà pas si mal) le 5 mars à la New York University School of Law, dans un discours intitulé « L’Avancement des Actifs Numériques et la Lutte contre le Risque de Criminalité Financière ». Au final une devise rebelle qui est rentré dans le rang…on en parle.

Bitcoin, initialement perçu comme un « mouvement radical »

Dans son discours à la New York University School of Law, Therese Chambers a reconnu que la technologie de la blockchain se fondait « sur un courant d’idées libertaire qui fuit le contrôle de l’identité et prône la confidentialité numérique ».

Pour elle, étant donné que la naissance du Bitcoin a coïncidé avec la crise économique mondiale de 2008, les régulateurs pouvaient conclure que la cryptomonnaie n’était pas « juste une autre tentative de création d’un dollar numérique ou de lancement d’une application FinTech, mais plutôt quelque chose de beaucoup plus radical ».

En tant que tel, des régulateurs comme la Financial Conduct Authority (FCA) s’attendent par défaut à ce que le respect de la réglementation anti-blanchiment (AML) « se confronte à une résistance » de la part l’industrie.

Curieusement, annonce-t-elle, même s’il a ses racines dans le mouvement libertaire Cypherpunk – un  mouvement qui prône la confidentialité en ligne – « le marché des actifs cryptographiques imite maintenant plusieurs caractéristiques des services financiers traditionnels ». Et pour cause.

90% de la crypto-économie se passe sur des exchanges de garde centralisés

Selon Therese Chambers, les agences de régulation ont, de façon traditionnelle, pour rôle de réglementer les intermédiaires identifiables dans le système financier, et pas vraiment les devises. Elles s’appuient donc sur une structure que le Bitcoin a cherché à démanteler.

Pourtant, Chambers rappelle qu’actuellement, 90% des activités crypto-économiques se déroulent sur des exchanges de garde centralisés. PA ce titre, conclut-elle, la souveraineté numérique et la désintermédiation caractéristiques des monnaies numériques sont de moins en moins un problème pour les régulateurs.

D’ailleurs, les directives du Groupe d’Action Financière (GAFI) pour la réglementation des actifs cryptographiquesqui doivent entrer en vigueur en juin prochain – le confirment, puisqu’elles placent la responsabilité de la conformité AML entre les mains des « fournisseurs de services d’actifs virtuels (VASP) » qui sont généralement des exchanges ou des portefeuilles.

Bitcoin et cryptomonnaies, de plus en plus proche des services financiers traditionnels

Chambers a également déclaré que, contrairement aux cas d’utilisation prévus pour le Bitcoin en tant qu’argent numérique peer-to-peer, des enquêtes effectuées auprès des consommateurs de la FCA ont révélé que les actifs cryptographiques sont en grande partie considérés comme de simples instruments d’investissement alternatifs, « quelque chose de finalement proche des services financiers traditionnels ».

Elle n’a cependant pas manqué de parler des risques croissants de criminalité financière posés par la rapide évolution de l’industrie de la cryptographie qui, « autrefois évaluée en millions s’évalue maintenant en milliards ». Chambers a donc estimé que des mesures nationales et internationales étaient quand même nécessaires pour la réglementation de l’industrie numérique qui est apparemment sans frontières.

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