L'Etat Islamique ne "dispose probablement pas" de 300 millions en Bitcoin (Chainalysis)

lun 25 Mai 2020 ▪ 9h30 ▪ 3 min de lecture - par Zoé De La Roche

C’est un peu comme ces pseudos crackers et hackers dans les films hollywoodiens, qui tapent rapidement sur leur clavier, donnant ainsi l’impression de génies en train de faire des manipulations incompréhensibles pour le commun des mortels. Les profanes eux  – et ils sont des milliards – ont largement adhéré à la thèse du Bitcoin (BTC), la « banque secrète » des malfrats des 4 coins du globe. Si seulement ils savaient que même Satoshi Nakamoto aurait du mal à faire bouger sans laisser de traces, ses BTC.

Le trésor d’ISIS

Le cabinet de recherche Chainalysis a publié récemment un article sur son blog, réfutant les théories selon lesquelles ISIS disposerait de 300 millions de dollars en Bitcoin.

Les déclarations de Hans-Jakob Schindler, Directeur du groupe de réflexion « The Counter Extremism Project », avaient conduit à la publication par les média, d’articles avec des titres à sensation.

Schindler avait émis l’hypothèse selon laquelle un trésor de guerre d’une valeur de 300 millions de dollars de ISIS, introuvable à ce jour, pourrait avoir été stocké en Bitcoins.

Il avait ajouté que ce mode de stockage était idéal parce que les gouvernements ne pouvaient ainsi, ni tracer ce magot, ni mettre la main sur ce dernier.

Veritas vos liberabit (et non les scoops)

A la différence des média affamés par le « scoop du moment », qui s’étaient précipités sur le sujet sans disposer de preuves, Chainalysis a pris le temps de la réflexion sur la base de faits avérés.

Chainalysis affirme que les campagnes liées au financement du terrorisme ne recueillent généralement qu’une quantité limitée de fonds, moins de 10 000 USD selon les estimations.

De plus, si une organisation terroriste disposait réellement d’un tel montant, le volume régional des échanges aurait reflété cet afflux de liquidités.

L’article du cabinet de recherche indique également que les cryptomonnaies ne sont pas le médium idéal pour conserver des fonds illicites, du fait de la transparence associée à la technologie blockchain : l’argent liquide et d’autres formes de transferts traditionnels, sont plus adaptés à de telles pratiques.

Chainalysis rejette donc la thèse selon laquelle ISIS aurait utilisé CoinPayments pour financer les attaques de 2019 au Sri Lanka.

Le cabinet de recherche reconnaît cependant que le financement du terrorisme par les cryptomonnaies, est une activité naissante avec de réelles possibilités de développement.

Ouais, tu sais j’ai des Bitcoins : la phrase du nouveau bitcoiner – qui ne comprend pas grand-chose à la philosophie réelle du BTC et des cryptos en général – qui veut frimer devant les profanes impressionnés. Faut quand même trouver un moyen d’interdire l’entrée à la cryptosphère à ISIS et consorts, sans pour autant dénaturer la liberté financière rendue possible grâce aux cryptos.

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Zoé De La Roche

La mode c'est bien, mais la blockchain c'est l'avenir, on est d'accord non ?! C'est une super opportunité et un secteur en pleine évolution ! Au quotidien, mon travail c'est d'essayer de vulgariser au mieux les cryptos/blockchain qui paraissent pour beaucoup trop techniques.

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