NOUVEAU JEU CONCOURS : UNE PS5 À GAGNER CLIQUEZ ICI
Se connecter S'abonner

Bitcoin (BTC) – La BCE s’enfonce dans le déni

Le journal allemand Der Spiegel a interviewé Isabel Schnabel, membre du conseil exécutif de la BCE. Ce fut l’occasion de revenir sur le bitcoin, mais aussi le sujet brûlant de l’inflation. L’un ne va plus sans l’autre…

« Le bitcoin n’est pas une monnaie »

Voici pour commencer la traduction de l’interview à propos du bitcoin :

L’une des bizarreries du marché financier est l’engouement pour le bitcoin. La valeur de la cryptomonnaie a fortement augmenté, des entreprises comme Tesla acceptent le bitcoin et PayPal permet à ses clients de payer en bitcoin. Êtes-vous inquiet à l’idée qu’une nouvelle monnaie puisse émerger aux côtés de l’euro, du dollar, etc.

À notre avis, il est erroné de décrire le bitcoin comme une monnaie, car il ne remplit pas les attributs d’une monnaie. Il s’agit d’un actif spéculatif sans valeur fondamentale identifiable, sujet à de fortes fluctuations.

Elon Musk ne serait pas d’accord.

Il est libre de ne pas l’être.

Les monnaies telles que l’euro n’ont pas non plus de valeur intrinsèque. Elles sont simplement basées sur la confiance.

L’euro est soutenu par la BCE, qui jouit d’une grande confiance. Et il a cours légal. Personne ne peut refuser d’accepter l’euro. Le bitcoin, c’est une autre affaire.

Le fait est que de nombreuses personnes font manifestement confiance au bitcoin. Cela pourrait-il nuire aux monnaies établies comme l’euro ?

Je crains plutôt que la confiance dans les cryptomonnaies ne s’évapore rapidement, provoquant des perturbations sur les marchés financiers. C’est un système très fragile.

La BCE elle-même envisage d’introduire un euro numérique. Pourquoi ?

Les systèmes de paiement sont aujourd’hui beaucoup plus dématérialisés qu’ils ne l’étaient auparavant. C’est pourquoi nous devons examiner ce que cela signifie pour notre système monétaire. Mais rien n’a encore été décidé. […]

Cela signifie que l’euro numérique ne serait introduit que d’ici quatre ou cinq ans. N’est-ce pas trop tard ?

Je ne le pense pas. Personne ne peut offrir un degré de sécurité et de protection des données similaire à celui de la BCE. Les gens trouvent ce sujet important : en tant que consommateurs, à qui voulons-nous divulguer nos données ? Ils sont sûrement plus susceptibles de faire confiance à la BCE qu’à Facebook ou à d’autres opérateurs privés.

ecb Isabel Schnabel

On rigole bien avec la BCE quand même… Au-delà du fait qu’aucun être doué d’intelligence ne peut décemment faire aveuglément confiance aux banquiers, notons en passant cet entêtement à répéter que les gens utilisent de moins en moins le cash. Il devient de plus en plus évident que la BCE veut à tout prix remplacer le cash par un euro numérique….

Aristote vs Platon / Bitcoin vs Fiat

Il faut un sacré culot pour avancer que le bitcoin ne serait pas une monnaie… Pour rappel, les attributs de la monnaie ont été énoncés par Aristote il y a plus de 2000 ans. Le précepteur d’Alexandre le Grand énonça en premier les trois fonctions essentielles de la monnaie :

  • Une unité de compte (cette baguette vaut 3 sous)
  • Une réserve de valeur (cette baguette vaudra toujours 3 sous dans 10 ans)
  • Un intermédiaire des échanges (par convention sociale et démocratique, tout le monde accepte de payer et d’être payé dans telle ou telle monnaie)

La définition donnée par le philosophe est d’une simplicité biblique comparé aux centaines de pages des règles de Bâle dont la complexité ne sert qu’à camoufler le fait que la monnaie est devenue un instrument d’esclavagisme.

D’après cette définition, la monnaie fiat n’est donc pas une vraie monnaie puisque sa valeur dépend du bon vouloir de banquiers ayant tout le loisir de la dévaluer en prêtant toujours plus d’argent. De Crésus à Christine Lagarde, en passant par Néron qui rognait la quantité d’or de ses pièces, l’histoire nous apprend que les puissants ne peuvent s’empêcher de tricher sur la monnaie.

Le dollar a perdu 98 % de son pouvoir d’achat en un siècle ! Cela n’arrivera pas au bitcoin en raison de sa masse monétaire absolument fixe.

Certains avancent toutefois que le bitcoin serait une mauvaise unité de compte à cause de sa volatilité. Mais c’est confondre « volatilité » avec « appréciation ». Le bitcoin s’est apprécié de 230 % par an en moyenne depuis sa création. Mis à part un banquier, qui s’en plaindra ? Nous pourrions aussi bien nous moquer d’un nouveau-né parce qu’il ne saurait pas courir. Gageons que le BTC sera moins volatil une fois sa juste valeur trouvée…

Par ailleurs, le fait que le bitcoin n’ait pas cours légal est un argument bien léger. Il appartient aux assemblées nationales, et donc aux peuples, de trancher cette question. Historiquement, la monnaie a toujours été LA convention sociale par excellence. À ce propos, il est intéressant de noter que Platon et Aristote, tous deux contemporains de l’éclosion de la monnaie, avaient des avis divergents.

Pour Platon, la monnaie n’est qu’une simple convention sociale. Peu importe que l’on utilise des coquillages ou du sel, du moment que tout le monde est d’accord pour l’accepter. Grave erreur selon son élève Aristote pour qui la monnaie doit avoir une valeur intrinsèque, arguant que l’on ne peut jamais être sûr qu’une convention sociale sera éternelle.

L’histoire a donné mille fois raison à Aristote. L’or a gardé son pouvoir d’achat, pas les coquillages… La valeur intrinsèque de l’or vient de sa rareté et le fait qu’il soit inoxydable. A contrario, la monnaie fiat n’a pas de valeur intrinsèque mis à part le pouvoir de coercition de gouvernements de moins en moins légitimes…

Le “retour” de l’inflation

Les journalistes se demandent ensuite si la BCE va resserrer sa politique monétaire maintenant que les taux au plancher et l’injection de milliers de milliards font “enfin” remonter l’inflation.

La ponte de la BCE concède que l’inflation remonte, mais souligne que nous sommes toujours loin de l’objectif officiel de 2 %. « Une remontée en direction de 2 % serait une bonne nouvelle », ajoute-t-elle avant de minimiser la dynamique actuelle, pointant du doigt un effet de base lié à la forte baisse du prix du baril en 2020.

ecb
“One-off effects” = effets de base

Les journalistes, apparemment au courant que les chiffres d’inflation ne reflètent pas vraiment la réalité, insistent en glissant que la hausse des prix est souvent perçue comme beaucoup plus élevée que les chiffres officiels.

Isabel lâche alors « qu’il faut mieux expliquer aux gens ce qu’est l’inflation », que « l’inflation ressentie est fortement influencée par ce que nous consommons fréquemment », et que « les produits électroniques sont en quelque sorte moins chers puisque leurs performances augmentent »…

À la question de savoir s’il ne faudrait pas modifier le panier de produits utilisé pour calculer les chiffres d’inflation, l’émissaire de la BCE répond que « ce n’est pas la BCE qui décide de la composition du panier, mais l’autorité statistique européenne, Eurostat. L’indice des prix est constamment amélioré et la BCE est d’avis d’ajouter les prix immobiliers ».

Fantastique ! La BCE fait semblant de découvrir que le chiffre d’inflation sur lequel se base toute sa politique monétaire est très loin du compte…

Cette soudaine prise de conscience est toutefois suspecte. En effet, il n’est pas dans l’intérêt de la BCE que les chiffres d’inflation montent. Il serait dommage de perdre son cœur de métier en devant ranger la planche à billets à la cave… Alors, où est le loup ?

Comme cela a été dit au tout début de l’interview : « il y a des excès dans le marché immobilier ». Traduction: nous avons une bulle immobilière en Europe. Mais puisque le pic pétrolier (franchi en 2018) nous promet la décroissance, il n’est pas impossible que nous soyons à l’aube d’un éclatement de cette bulle…

Rappelons qu’en 2007, lorsque le prix du baril à 150 $ mit le holà sur la consommation de pétrole aux États-Unis, la récession économique inéluctable écroula les prix immobiliers. Pour le dire autrement, la BCE fait peut-être le pari que les prix immobiliers vont se tasser, d’où cette brusque bonne volonté…

Les banques centrales et les instituts de statistiques peuvent bien continuer leur mascarade des prix, plus personne n’est dupe. A propos d’inflation, le plus grand Hedge Fund européen appelle ouvertement à un choc inflationniste pour effacer la dette…

ceci n'est pas une monnaie pboy
Plus d’actions
Partagez

( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
Back To Top

Newsletter

Recevez le meilleur de l’actualité Crypto dans votre boite email

Inscription Newsletter

Archives

Lire les dernières Newsletters
Cliquez ici

Coaching Gratuit

Obtenez gratuitement un coaching
d'une heure avec un expert
Remplissez le formulaire
et notre expert vous contactera 
sous 24 heures

© Copyright Cointribune - tous droits réservés

Agence Tempo