La BCE veut changer de billets, les maxis s’en donnent à cœur joie

lun 06 Déc 2021 ▪ 22h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

La banque centrale européenne (BCE) a lancé une consultation populaire concernant le design des futurs billets. Les faux-monnayeurs de Francfort veulent y mettre des figures historiques européennes. Les maxis se sont donc prêtés au jeu dans une tempête de mèmes dont ils ont le secret.

Au fait, combien y a-t-il de billets en circulation ?

Il se trouve actuellement en circulation un total de 27,6 milliards de billets (contre 7,7 milliards lors du lancement de l’euro) :

  • – 13,4 milliards de billets de 50 euros
  • – 4,5 milliards de billets de 20 euros
  • – 3,6 milliards de billets de 100 euros
  • – 2,8 milliards de billets de 10 euros
  • – 2 milliards de billets de 5 euros
  • – 820 millions de billets de 200 euros
  • – 365 millions de billets de 500 euros

À noter que la BCE a cessé d’imprimer les billets de 500 euros en 2016, lorsque le design des billets fut modifié pour la première fois. Question : Est-ce que cette nouvelle série de billets sera de nouveau l’occasion d’arrêter la production d’un billet ? Celui de 200 euros par exemple ?…

« Vous prévoyez un nouveau design pour le billet de 200 euros, ou non ? »

La valeur faciale de ces billets représente un total de 1 513 milliards (nous étions à 888 milliards dix ans auparavant et 221 milliards au moment du lancement de l’euro en 2002) :

  • – 670 milliards en billets de 50 euros
  • – 359 milliards en billets de 100 euros
  • – 189 milliards en billets de 500 euros (contre 306 milliards avant l’arrêt sa production et son élimination progressive de la circulation)
  • – 164 milliards en billets de 200 euros
  • – 91 milliards en billets de 20 euros
  • – 28 milliards en billets de 10 euros
Valeur faciale de tous les billets en circulation dans la zone euro
SOURCE : BCE Courbe noire : valeur faciale totale de tous les billets en circulation / La couleur des courbes correspond à la couleur des billets concernés (orange : 50 euros ; vert : 100 euros ; etc.)

Il est maintenant intéressant de comparer cette quantité d’argent existant sous forme de billets à la quantité totale d’argent se trouvant dans l’économie. C’est-à-dire en ajoutant l’argent existant sous forme numérique dans les ordinateurs des banques.

Rien de plus simple. Mis à part les billets et pièces, l’argent est toujours créé à partir de dette. C’est ainsi que fonctionne le système monétaire fiat. S’il n’y avait pas de dette, il n’y aurait pas un seul euro en circulation (mis à part les billets et pièces). Connaître la quantité de dettes permet de connaître la quantité d’argent en circulation dans l’économie.

La dette publique de la Zone Euro représente 98 % du PIB. Soit 11 107 milliards d’euros. Auxquels il faut ajouter la dette des ménages qui s’établit à 62 % du PIB, soit 6950 milliards d’euros. Et n’oublions pas la dette des entreprises qui caracole à 126 % du PIB, soit 14 120 milliards d’euros.

La dette globale de la Zone Euro est donc de 32 177 milliards d’euros. Soit environ 300 % du PIB. Dit autrement, les billets en circulation ne représentent que 4,5 % de tout l’argent créé par les banques.

Les bitcoiners ont de l’humour

Voici un petit florilège de réponses au tweet de la BCE :

Les deux derniers tweets sont très intéressants. Mitesh Patel vise juste. Tout le monde se moque bien du design des billets. Il sera de toute façon difficile de faire pire. Le billet de 100 francs avait bien plus de gueule, mais peu importe la couleur de ces bouts de papier. C’est la quantité émise qui compte ! Celle-ci a été multipliée par 7 en deux décennies !

Le graphique de Mitesh Patel représente tout l’argent créé par la BCE. Cette quantité d’argent a été multipliée par 10 depuis le lancement de l’euro. Nous sommes passés d’environ 800 milliards à plus de 8 000 milliards.

Ces 8 000 milliards représentent la base monétaire. Ils se trouvent sur les comptes que les banques privées détiennent obligatoirement auprès de la BCE. Il suffit aux banques privées de détenir un seul euro de cette base monétaire pour pouvoir prêter jusqu’à 33 fois plus à l’économie réelle. C’est ce que l’on appelle le système de réserve fractionnaire.

Le vrai taux d’inflation n’est pas « l’indice des prix à la consommation », mais le taux auquel la masse monétaire totale augmente. Si vous avez une économie avec tant de capital (usines, immobiliers, terrains, technologie, etc.) et que vous augmentez la quantité de monnaie de 10 % par an, le prix de tout ce qui se trouve dans cette économie va augmenter de 10 %, toutes choses égales par ailleurs.

Bien entendu, les prix des choses rares et désirables augmenteront le plus. Le prix du m² à Paris s’appréciera plus vite que celui se trouvant au fin fond du Cantal. Cependant, il est logique de penser que dans l’ensemble, le prix de tout ce qui se trouve dans cette économie va augmenter de 10 %.

Si bien que le vrai taux d’inflation est plutôt le taux d’appréciation de la bourse, car il s’agit en définitive un panier d’actifs très désirables. Le S&P500, la bourse US, est monté de 34 % en un an… Le prix d’une maison a augmenté de 25 % en un an aux États-Unis… Nous sommes loin des taux de 2 % ou 5 % d’inflation que l’on nous annonce.

Tout cela pour dire qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les prix baissent tant que la courbe de l’argent créé par la BCE ne reculera pas. Et c’est précisément pour se protéger de l’inflation que le bitcoin a été inventé. Il est une réserve de valeur éternelle et immuable pour ceux qui ne peuvent pas acheter des œuvres d’art, des appartements à Paris où les actions des GAFAM.

À vrai dire, le bitcoin est une meilleure réserve de valeur que l’immobilier où la bourse. Le bitcoin est de très très loin l’actif s’étant apprécié le plus au cours de la décennie passée. Nous vous recommandons chaudement de lire cette retranscription de la dernière interview magistrale de Michael Saylor. Il y explique avec brio la raison d’être du bitcoin. À ne manquer sous aucun prétexte.

Le dernier tweet est également d’actualité étant donné que les banquiers centraux réfléchissent au lancement d’une CBDC qui fonctionnera très probablement avec un QR Code. Beaucoup, y compris votre serviteur, pensent que la CBDC sera une première étape vers la fin du cash.

En effet, nombreux sont les Big Brothers en herbe qui voudraient un système à la chinoise. Un système où nos historiques d’achat sont intégralement connus (et potentiellement retenus contre nous…). Un système où la monnaie deviendrait un instrument de coercition relié à un crédit social/carbone. Certains achats, notamment ceux qui consomment beaucoup de CO2 (billet d’avion), pourront alors être refusés. Sans parler des taux négatifs qui seraient difficiles à mettre en place si le cash existe toujours où la désactivation financière des « dissidents ».

Le fait que la BCE veuille rendre ses billets plus jolis est une bonne nouvelle (si le billet de 200 euros ne disparaît pas dans le processus) dans le sens où la fin du cash ne semble finalement pas être pour tout de suite. Sinon, il y aura toujours le bitcoin !

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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