La commissaire de la SEC ne veut pas entendre parler d'une sphère de sécurité autour des ICO

jeu 14 Oct 2021 ▪ 17h30 ▪ 4 min de lecture - par Luc Jose Adjinacou

Alors que son président œuvre actuellement pour inciter le maximum d’entreprises cryptographiques à s’enregistrer, la Securities and Exchange Commission (SEC) est devenue le siège d’une divergence d’opinion sur la question des ICO. Lors de son mandant au poste de commissionnaire, Hester Peirce a longtemps milité pour l’instauration d’une sphère de sécurité autour des ICO. Cette idée n’enchante pas pour autant sa remplaçante Caroline Crenshaw qui désapprouve totalement le concept. Cette dernière pense notamment qu’une telle mesure aura des effets plus dévastateurs pour les investisseurs.

Prioriser avant tout la déclaration complète de toutes les entreprises cryptographiques

Depuis qu’elle a rejoint la SEC en tant que commissaire en 2020, Mme Crenshaw affiche des positions bien tranchées sur l’évolution de la relation entre son organisme et les entreprises de la cryptosphère. Elle s’est opposée à la création d’une sphère de sécurité qui priverait selon elle les ICO de la procédure traditionnelle d’enregistrement auprès de la SEC. « Si un tel environnement existait pendant le boom des ICO de 2017 et 2018, je pense que les résultats auraient été encore pires pour les investisseurs et les marchés. Les ICO et autres offres d’actifs numériques ont levé des milliards auprès des investisseurs, mais la plupart n’ont jamais tenu leurs promesses », a-t-elle expliqué.

En lieu et place de ce système, elle propose de développer un cadre qui permettrait aux entreprises derrière ces initiatives de se rapprocher davantage de la SEC. « Au lieu d’un port, mon espoir est que nous puissions construire un pont », a-t-elle ainsi martelé. En d’autres termes, Mme Crenshaw privilégierait l’alternative consistant à inciter les acteurs de la cryptosphère à venir s’inscrire auprès de la SEC de leur plein gré. Elle garantit en retour une transparence dans la gestion des dossiers qui seront déposés conformément à la philosophie du président de la SEC Gary Gensler.

Une proposition qui ne devrait pas passer en considérant les forces en présence

Face à l’idéal de Gensler et Crenshaw se dresse la volonté de Peirce qui compte dans son camp le représentant républicain Patrick McHenry. Ce dernier cherche en effet à faire adopter l’idée d’une sphère de sécurité à travers une loi qui devrait prévaloir sur la réglementation de la SEC concernant les ICO. Un tel projet aurait toutefois très peu de chance d’aboutir alors que le congrès et l’administration actuelle partagent des avis divergents sur le sujet.

Le diagnostic formulé par M. Gensler sur la gestion des ICO tend d’ailleurs à confirmer cette issue et donner raison au commissaire Crenshaw. « Il s’avère que peu de projets d’actifs numériques sont passés par le processus d’enregistrement. Beaucoup fonctionnent comme s’ils n’étaient pas soumis à une surveillance réglementaire. Le résultat ? Souvent, les investisseurs en actifs numériques n’ont aucun moyen de déterminer si les prix et le marché qu’ils voient sont le produit de manipulations, ou s’ils ont reçu suffisamment d’informations sur leur investissement pour évaluer précisément le risque », a-t-il rappelé.

Il semblerait donc que la SEC continuera de s’opposer aux projets d’ICO qui n’auront pas validé la phase d’enregistrement avant d’entrer sur les marchés cryptographiques. La nouvelle devrait rassurer les investisseurs qui n’ont sans doute pas oublié les déboires rencontrés par le passé.

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