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Pour le FMI, 94 % des Banques Centrales n’ont pas le droit de créer un CBDC

Le Fonds Monétaire International ne lâche pas l’affaire concernant le “CBDC”. L’institution de Bretton Woods vient de publier un nouveau papier de recherche intitulé « Aspects légaux du CBDC ». 40 pages d’ésotérisme légaliste de banquier clarifiant un peu le brouillard monétaire qui entoure la « Central Bank Digital Currency ».

Qu’est ce que la monnaie ?

Le papier commence par une citation qui résume bien l’esprit du papier :

« L’étude de la monnaie est, par excellence, le domaine de l’économie dans lequel la complexité est utilisée pour déguiser ou éluder la vérité et non pour la révéler »

John K. GALBRAITH

Véridique…

Rien n’est plus vrai. La complexité des centaines de pages des fameuses règles de Bâle régissant le fonctionnement du système bancaire moderne ne sert qu’à camoufler le fait que la monnaie est devenue un instrument d’esclavage. Comme disait Mayer Rothschild : « Donnez-moi le droit d’émettre et de contrôler la monnaie d’une Nation, et alors peu m’importe qui fait ses lois »…

Nous avons extrait du papier quelques points intéressants. Ils témoignent des dernières réflexions des banquiers concernant le CBDC. Les usuriers se sentent obligés de réagir face aux « Distributed Ledgers », « Blockchains » et « Stablecoins ».

À ce propos, ne manquez pas notre précédent article sur la dernière interview d’Agustin Carstens, le chairman de la Banque des règlements internationaux. Lui qui, soit dit en passant, avait publié le papier « Le futur de la monnaie et des paiements » l’année dernière.

Les banquiers sont toujours pris soin de maintenir les masses dans l’ignorance mais l’ovni monétaire Bitcoin (BTC) a changé la donne. Une génération entière questionne désormais l’essence même de ce que devrait être la monnaie. Elle refuse de payer cette dette illégitime en se faisant dépouiller par une inflation orchestrée de toutes pièces.

Comment fonctionne le système bancaire ?

Avant tout, et en vue de mieux comprendre le papier du FMI, expliquons les rouages du système bancaire qui ne sont en vérité pas bien compliqués. Ils n’ont pas changé depuis plusieurs siècles.

Fut un temps où la monnaie était l’or, l’argent, le bronze, etc. Elle avait une valeur intrinsèque car elle existait en quantité strictement limitée. Elle pouvait donc parfois manquer (ce qui était parfois problématique, soit dit en passant). Les pièces d’or n’avaient donc rien à voir avec les zéros que nous pouvons aujourd’hui inscrire à l’infini sur des ordinateurs de banques (à coups de dette).

Au fil des siècles, les gens ont commencé à confier leur or à ce que l’on appelait à l’époque des orfèvres. Ces derniers donnaient en échange une « lettre de change ». Dit autrement, un bout de papier portant leur signature et les engageant à rendre l’or sur présentation du dit bout de papier, quel qu’en soit le porteur.

Chemin faisant, sans entrer dans les détails de cette cabale de banquiers, ces bouts de papier bien pratiques finirent par complètement remplacer l’or dans la vie de tous les jours. Une monnaie parallèle était née ! Une monnaie papier adossée à des réserves d’or. Une monnaie adossée à 100 % sur cet or (cad qu’il existait autant d’or que de lettres de change et pas un gramme de moins).

Mais les orfèvres, voyant que les déposant venaient rarement récupérer leur or, se mirent à produire plus de lettres de change qu’il n’y avait d’or dans leurs coffres. Le « système de réserve fractionnaire » (système bancaire moderne) était né ! Une belle expression absconse décrivant, nous l’avons vu, quelque chose d’enfantin : les banques prêtent beaucoup plus d’argent qu’elles n’ont d’or dans leurs coffres.

L’or a depuis été remplacé par ce que l’on appelle la monnaie centrale. Mais le système de réserve fractionnaire reste le même en essence. Sans compter que les banques centrales gardent toujours d’énormes quantités d’or. Sait-on jamais…

Quel type de CBDC exactement?

En gros, il suffit aux banques privées d’emprunter un euro à leur banque centrale pour pouvoir prêter en retour 30 euros à l’économie (entreprises, États, ménages). Ces 30 euros sont des euros BNP ou des euros Société Générale. Leur seule obligation est d’avoir assez de monnaie centrale pour régler les virements au jour le jour entre banques. Et cela de la même manière que l’orfèvre de l’époque n’acceptait pas les bout de papier de ses concurrents mais seulement l’or…

IMF legal aspects of central bank digital currency

Maintenant que nous avons posé les bases, venons-en au papier du FMI dans lequel nous pouvons lire que les caractéristiques du CBDC tournent autour de 3 axes :

  • Un CBDC sous forme de « compte » ou sous forme de « token » ?
  • Un CBDC pour tout le monde ou seulement pour les banques privées ?
  • Un CBDC centralisé ou décentralisé ?

Ce questionnement suggère d’entrée que nous serons à des années-lumière d’une cryptomonnaie telle que le Bitcoin. Il est presque certain que les banques centrales se contenteront de créer non pas une blockchain mais un vulgaire « Distributed Ledger » dont le ripple (XRP) est le triste représentant. C’est-à-dire une base de données centralisée déguisées en monnaie.

Et encore… Il est en réalité impossible de dépenser ses XRP. Le Ripple n’a jamais eu pour vocation d’être un moyen de paiement. Il ne sert qu’à faciliter des transferts entre différentes monnaies. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Ripple est annoncé comme un concurrent au réseau SWIFT, le fameux système de messagerie permettant notamment aux États-Unis de mettre des pays sous embargo en isolant leurs banques du reste du système bancaire international.

Se pose ensuite la question de savoir si ce CBDC sera accessible seulement aux individus, seulement aux banques privées, ou bien aux deux. En sachant qu’il existe un risque énorme que le FMI a soigneusement évité d’aborder : le fait que tout le monde échange d’un clic ses euros BNP contre des euros de la banque centrale en cas de crise financière. La motivation étant que la BCE ne peut pas pas faire faillite, contrairement à la BNP…

Concernant la centralisation, le papier signale que l’utilisation d’un « distributed ledger » (un registre du genre XRP) permettrait de « décentraliser » la monnaie. Certes, mais il est tout de suite ajouté qu’il est “très probable » que les CBDC ne seront pas « permissionless ». Dit autrement, la banque centrale aura la possibilité de bloquer n’importe quelle transaction.

Nous en revenons au système à la chinoise où les citoyens ayant un crédit social trop bas ne peuvent plus utiliser leur argent comme bon leur semble… Ainsi, et encore une fois, tout cela n’a rien à voir avec l’esprit du Bitcoin dont l’une des grandes forces est justement qu’absolument personne ne puisse empêcher les transactions de se faire.

Droit monétaire

Le fond du papier est lié à ce qu’impliquerait la création de CBDC, selon les formes choisies, au niveau du droit. Il en ressort que la plupart des banques centrales ont des définitions floues de ce qu’est la monnaie si bien qu’il existe de nombreux cas dans lesquels l’émission d’un CBDC serait impossible.

Parmi les 171 banques centrales membres du FMI, 76 % ne pourraient pas émettre de CBDC sous forme d’un token qui aurait les mêmes attributs que les billets et les pièces de monnaie.

Pire, 94 % des banques centrales ne sont pas autorisées à ouvrir des comptes directement aux citoyens.

Le fait est que les systèmes opérés par les banques centrales sont de simples systèmes interbancaires auxquels participent uniquement les banques privées. Nous en revenons à ce que nous expliquions plus haut : les banques centrales ne gèrent que les transferts de monnaie centrale d’une banque privée à l’autre.

Le FMI prévient donc qu’il faudra mettre en œuvre des réformes monétaires qui devront donc nécessairement avoir l’autorisation du politique… En définitive, ces 40 pages venant faire la lumière légale sur toutes les formes que pourraient prendre le CBDC, laissent fortement présager qu’ils auront quoi qu’il arrive absolument rien à voir avec le Bitcoin. Dit autrement, une blockchain décentralisée et sécurisée par un système Proof of Work.

Nous aurons au mieux un genre de Distributed Ledger similaire au XRP qui, s’il court-circuite les banques privées, doterait les banquiers centraux d’un pouvoir gigantesque, prélude d’un système orwellien à la chinoise. Ne soyons pas dupes. Le CBDC est une mascarade jouant de l’amalgame avec le Bitcoin pour essayer d’accélérer la fin du cash…

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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