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Quand le Wall Street Journal s’inquiète du Yuan Digital

Le Wall Street Journal étant la bible de l’oligarchie américaine, il faut l’ouvrir de temps en temps pour savoir dans quel sens souffle le vent. On y trouve des papiers levant un peu le voile sur quelques sombres desseins. Aujourd’hui nous décortiquons un article s’intéressant de près au yuan digital chinois.

« La Chine devient la première grande économie à créer sa monnaie digitale »

Tel est le titre de l’article qui laisse insidieusement penser au lecteur que les États-Unis accuseraient un grave retard sur leur rival. L’auteur fait néanmoins le distinguo entre le yuan digital domestique, et celui qui sera utilisé pour internationaliser la monnaie chinoise.

Les premières lignes commencent par le traditionnel et vil amalgame avec le bitcoin qui est pourtant l’antithèse d’une monnaie digitale de banque centrale :

« Les cryptomonnaies telles que le bitcoin font potentiellement entrevoir un avenir digital pour la monnaie. Elles existent toutefois en dehors du système financier mondial classique et n’ont pas cours légal contrairement à l’argent émis par les gouvernements. »

Vous noterez au passage un deuxième amalgame, à savoir que ce seraient les gouvernements qui émettent l’argent. La mode n’est donc plus de tambouriner la saine et sainte « indépendance » des banques centrales. La monnaie redevient soudainement un attribut régalien à mesure que nous nous approchons du défaut généralisé…

Nous lisons ensuite que le yuan digital, « contrôlé par la banque centrale, supprime l’un des principaux attraits du bitcoin : l’anonymat de l’utilisateur ». C’est tout de même embêtant… Mais qui s’en étonnera de la part d’une dictature qui note ses citoyens et les espionne à l’aide de centaines de millions de caméras à reconnaissance faciale…

Le WSJ cite ensuite Mu Changchun, l’homme qui chapeaute le projet pour la Banque centrale chinoise. « L’anonymat contrôlable permettra de limiter la façon dont le yuan digital peut permettre de traquer les individus », peut-on lire.

On a de l’humour du côté de la banque populaire de Chine… Chacun sait que l’analyse des historiques d’achat et leur croisement avec d’autres données personnelles est au cœur de la surveillance de masse totalitaire chinoise.

Yuan digital
Un yuan digital répliquant l’apparence des billets… #FInduCash

Ce n’est pas tout. M.Mu dévoile aussi que le yuan digital sera « programmable ». Dit autrement, les banquiers pourront mettre en place des dates d’expiration pour forcer les gens à la dépense. L’idée serait de booster l’activité économique où et lorsque cela est nécessaire. Pousser à la consommation, voilà qui n’est pas très écolo

Et si l’objectif était encore plus vicieux ? Ne serait-ce pas une façon d’empêcher l’épargne afin de rendre les gens serviles à souhait grâce à cette insécurité financière ? Gageons que les gens visés seront en priorité les mal notés. Apartheid 2.0 pour les dissidents.

Ce n’est certainement pas un hasard si la majorité des mineurs de bitcoin sont en Chine. Tout comme l’augmentation de 10 % de la quantité de cash restant de manière permanente en circulation pour la seule année 2020. C’est un message de contestation clair envoyé au parti et son ambition affichée de faire disparaître le cash.

Bref, le WSJ ne semble pas être fan de la fin du cash mais n’a pas pu s’empêcher de tenter une grossière pique au bitcoin :

« Qu’en est-il de la volatilité ? Les cryptomonnaies telles que le bitcoin sont réputées pour cela. Mais la Banque populaire de Chine contrôlera strictement le yuan numérique pour s’assurer qu’il n’y a pas de différence de valorisation entre lui et les billets et pièces en papier. »

Ce paragraphe est vide de sens et ne sert qu’à laisser entendre que le bitcoin ne serait qu’un instrument de casino. Oui, le bitcoin est volatil. Et encore heureux. Sa volatilité haussière est la conséquence de la volatilité tout aussi tonitruante de l’inflation des monnaies fiat… Qui se plaindra de la « volatilité » d’une monnaie s’appréciant en moyenne de 230 % par an depuis sa création ?

Dollar Digital vs Yuan Digital vs Bitcoin et sa Blockchain

L’auteur ne semble pas vouloir importer cette dystopie monétaire puisqu’il écrit que le yuan digital « offrira de vastes pouvoirs supplémentaires au régime autoritaire de Xi Jinping ». Néanmoins, grand cas est fait de l’autre version du yuan digital qui vise lui à remplacer le dollar dans le système monétaire international :

« Pékin positionne également le yuan pour une utilisation internationale et le conçoit pour qu’il ne soit pas lié au système financier mondial, où le dollar américain est roi depuis la Seconde Guerre mondiale. »

L’anxiété du journaliste américain est palpable. Il sait bien que son niveau de vie repose quasiment entièrement sur le petrodollar… Alors pour se rassurer, il fait parler Josh Lipsky, un ancien ponte du FMI officiant désormais du côté du think tank Atlantic Council, pour qui « tout ce qui menace le dollar est une question de sécurité nationale. A long terme, le yuan digital menace le dollar ».

Et pour se donner un peu plus de baume au cœur, il rappelle que le dollar devance largement toutes les autres monnaies utilisées dans les opérations de change internationales (Forex), étant impliqué dans 88 % des transactions contre 4 % pour le yuan.

Certes, mais il s’agit là surtout de spéculation. Lorsque l’on regarde la composition des réserves de change des banques centrales, la part du dollar recule à 61 %. Et d’après SWIFT, la part du billet vert dans les paiements internationaux n’est que de 38 % contre 37 % pour l’euro et 2.2 % pour le yuan.

SWIFT world payments shares by currency
Source : SWIFT

Par ailleurs, une rapide comparaison des balances commerciales chinoise et américaine montre qui est aux commandes. La Chine contrôle bien son taux de change avec les États-Unis, et non l’inverse.

En parlant du réseau SWIFT qui noyaute toutes les transactions internationales, le WSJ n’ignore pas que le yuan rendra cette arme géopolitique inutile :

« Avec le yuan digital […], les échanges n’auraient plus besoin de passer par SWIFT, le réseau de messagerie utilisé pour les transferts d’argent entre banques commerciales et qui peut être surveillé par le gouvernement américain. »

En effet, depuis que les Américains ont décrété l’extraterritorialité du droit US, la justice de l’oncle Sam peut pilonner toute banque utilisant le dollar (donc toutes les banques du monde) et qui ne respecterait pas les embargos américains. Le SWIFT va un cran plus loin car il permet de déconnecter entièrement un pays du reste du système bancaire international, même s’il n’utilise pas le dollar. C’est le cas de l’Iran. Dans la même veine, 250 entreprises chinoises sont également sous le coup de sanctions américaines.

Créer une nouvelle architecture monétaire internationale faisant fi du vieux réseau SWIFT pourrait fortement isoler Washington. Actuellement, plus de 60 pays travaillent sur un CBDC. La Chine, sous l’égide de la fameuse banque des règlements internationaux, est déjà en train de se connecter aux banques centrales de Hong Kong, Thaïlande et des Émirats Arabes Unis. Or ce dernier pays détient autant de pétrole que la Russie… Qui a dit petroyuan ?

Nous en revenons à la théorie des jeux. Est-ce que l’Amérique (+ OTAN…) et son budget militaire de 700 milliards $ par an laissera la Chine remettre en question son hégémonie monétaire ? Probablement pas, ce qui renforce le scénario dans lequel le monde embrasse la monnaie apatride qu’est le Bitcoin…

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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