Binance interdit à Malte, quelles conséquences ?

dim 23 Fév 2020 ▪ 15h00 ▪ 4 min de lecture - par Rédaction TCT

Fondée à Hong Kong, Binance avait quitté la Chine compte tenu de l’interdiction qui frappait les cryptomonnaies. Après avoir tenté de déménager au Japon, la société a annoncé qu’elle s’installerait à Malte. Mais apparemment, cette relocalisation n’a jamais été entièrement validée par l’autorité responsable de la régulation du marché financier à Malte. Dans un avis net et précis, cette dernière remet les pendules à l’heure. Binance n’est pas autorisé à opérer à Malte, du moins pas dans le secteur de la cryptographie.

Le coup dur porté à Binance par le régulateur maltais

Selon une publication de février 2019, Binance possédait un « siège stratégique » à Malte. Elle aurait choisi cette île après qu’il lui fut interdit d’opérer en Chine. Mais le choix de Malte serait principalement dû au fait que le gouvernement maltais ait adopté des lois offrant un cadre réglementaire favorable aux entreprises opérant dans le secteur de la cryptomonnaie et de la blockchain.

Ce cadre réglementaire était constitué de lois relatives aux offres de pièces de monnaie initiales (ICO), aux exchanges et aux protocoles généraux pour les entreprises travaillant dans l’industrie. Cependant, les récents développements remettent en question la portée réelle de ce cadre réglementaire.  

En effet, la Malta Financial Services Authority (MFSA) a publié sur son site, un communiqué officiel interdisant à Binance d’opérer à Malte. Le communiqué disait ceci :

« La Malta Financial Services Authority (MFSA) [communique] que Binance n’est pas autorisée par la MFSA à opérer dans le secteur des cryptomonnaies et n’est donc pas soumise à la surveillance réglementaire de la MFSA. L’Autorité évalue toutefois si Binance a des activités à Malte qui ne relèvent pas du domaine de la surveillance réglementaire ».

La MFSA conclut en rappelant que le commerce d’actifs virtuels pour le public à destination et en provenance de Malte nécessite l’obtention d’une licence délivrée par la MFSA conformément à la loi CAP 590 de 2018 sur les actifs financiers numériques.

La réplique du PDG de Binance, Changpeng Zhao

Au communiqué de la MFSA, le PDG de Binance, Changpeng Zhao, n’est pas resté le bec cloué. Il s’est surtout désolé que « certaines personnes pensent à tort que le monde doit fonctionner d’une certaine manière, qu’il faut avoir des bureaux, un siège social, etc. ».

Il a précisé que « Binance.com n’a ni son siège social, ni ses infrastructures à Malte » et que la société « a toujours fonctionné de manière décentralisée alors que nous contactons nos utilisateurs dans plus de 180 pays à travers le monde ».

Plus loin, Changpeng Zhao rappelle que « Binance possède un certain nombre d’entités réglementées dans le monde, qui sont soit exploitées par nos partenaires, soit par Binance.com directement. Nous travaillons en étroite collaboration avec les régulateurs et nous respectons les règles des lieux où nous opérons ».

On espère que cette interdiction n’aura pas un impact sur Binance Cloud, la plateforme récemment créée par Binance pour permettre à ses utilisateurs de créer leur propre exchange en moins de 5 jours.

Rédaction TCT

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