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Binance suspend les dépôts en fiat au Nigeria

dim 07 Fév 2021 ▪ 18h00 ▪ 3 min de lecture - par Zoé De La Roche

La légalisation des cryptomonnaies dans certains pays est-elle tout simplement inenvisageable ? La banque centrale du Nigéria donne du fil à retordre à Binance. Ce dernier suspend temporairement ses dépôts en naira nigerian ; rien n’indique que la situation se débloquera dans le futur.

Les cryptos non grata au Nigéria

Suite à la lettre de la banque centrale du Nigéria du 5 février 2021, Binance a suspendu temporairement les dépôts en naira nigerian. 

Binance a annoncé que ses partenaires de paiement en naira nigerian ont suspendu les services de dépôt jusqu’à nouvel ordre, le 5 février 2021, à 19h heure locale (GMT+1).

La banque centrale du Nigéria avait ordonné aux banques locales d’identifier et de fermer tous les comptes liés à des plateformes ou à des opérations cryptos.

Elle a indiqué aux banques locales que le trading de cryptomonnaies ou la facilitation des paiements pour les échanges de cryptomonnaies, sont interdits en vertu d’une circulaire de 2017, disposant que Bitcoin et les autres cryptos n’ont pas cours légal dans le pays.

Cette mesure n’aurait pas impacté les plateformes P2P sur lesquelles se font la plupart des échanges cryptos du pays.

Les champions de la gestion du risque

Les cryptomonnaies peuvent-elles vraiment contribuer au développement de l’Afrique, en promouvant l’inclusion financière ? L’exemple du Nigéria n’est pas un cas isolé.

Bien qu’il existe pour le moment un vide juridique sur les cryptomonnaies dans des pays d’Afrique, ce vide pourrait être remplacé par des interdictions plutôt que par un cadre règlementaire autorisant mais, protégeant les cryptophiles.

Des banques centrales africaines font l’apologie des mesures prudentielles, censées protéger l’économie du pays  de la faillite – ce qui est totalement ridicule vu que le problème structurel de leur développement est un problème de gouvernance avec une corruption généralisée, avec des fonds publics dédiés à des secteurs clés comme l’éducation, qui sont détournés à des fins de politique politicienne et pour défendre les intérêts d’une minorité.

Une « excellente » gestion des risques ne va pas forcément dans le sens du développement d’un pays – revenir à la base même du couple risque-rentabilité.

Même PayPal ne peut encore proposer ses services de réception des fonds en fiat sur sa plateforme à des pays d’Afrique, à cause de leur environnement juridique. Quelle est alors la probabilité pour que des services aussi innovants que ceux des crypto-exchanges soient acceptés par les autorités de régulation de ces pays ? L’Afrique est déjà en retard en matière de développement par rapport au reste du monde ; le gap risque encore de s’agrandir car, plusieurs pays du continent pourraient rater le virage des cryptomonnaies, à cause de la « sagesse de leur gouvernement et de leur banque centrale ».

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Zoé De La Roche

La mode c'est bien, mais la blockchain c'est l'avenir, on est d'accord non ?! C'est une super opportunité et un secteur en pleine évolution ! Au quotidien, mon travail c'est d'essayer de vulgariser au mieux les cryptos/blockchain qui paraissent pour beaucoup trop techniques.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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