Bitcoin (BTC) : adoption exemplaire pour l’Afrique

jeu 07 Oct 2021 ▪ 13h00 ▪ 8 min de lecture - par Mikaia Andriamahazoarimanana

Ceux qui avaient l’habitude d’accuser l’Afrique d’être un retardataire en matière d’adoption du bitcoin (BTC) devront maintenant se taire. Car le récent rapport de Chainalysis démontre bel et bien le contraire. Cette société de recherche et d’analyse vient, en effet, de lui décerner le titre de marché à la croissance la plus rapide en matière d’adoption des cryptos.

Sur quels points décider du sort de l’Afrique ?

Pour l’Afrique, Chainalysis est toujours porteur de bonnes nouvelles. Ses analyses récentes ont manifestement mis en exergue une hausse des valeurs du marché africain des crypto monnaies dernièrement. Le chiffre de 1200% est avancé à l’occasion. Une autre donnée qui s’ajoute à d’autres résultats positifs comme la collecte d’environ 105,6 milliards USD de crypto monnaies entre juillet 2020 et juin 2021.

Quatre points bien distincts résument le rapport en question, à savoir :

  • adoption accrue au niveau local
  • popularité en hausse pour les plateformes peer-to-peer (P2P)
  • transferts de fonds basés sur des crypto monnaies
  • préservation de la richesse par la crypto

Crypto monnaie : une adoption accrue au niveau local

Ce n’est pas parce que l’Afrique affiche une taille plus ou moins modeste en matière d’économie des crypto monnaies qu’elle ne pourra pas briller dans la galaxie crypto. Les autres critères d’évaluation de Chainalysis lui permettent en effet d’accumuler de bonnes performances statistiques. Pour ne citer que le niveau d’adoption par la population de base.

Ainsi, l’analyste semble satisfait des efforts de certains pays comme le Nigeria, le Kenya, la Tanzanie et l’Afrique du Sud dans cette optique. Ces derniers figurent actuellement dans le Top 20 des pays où les crypto monnaies se font adopter de manière accrue dans le monde.

Pour arriver à ce genre de classement, Chainalysis manipule les données relatives au volume global de transaction au niveau d’une région et les compare avec les transferts de détails. Ses calculs aboutissent à un chiffre avoisinant les 7%, un peu plus en dessous de la moyenne mondiale (5,5%).

Concrètement, l’Afrique voit le volume des transactions crypto croître, tant en termes de paiements de gros ou de petits montants qu’en matière de paiements professionnels. Et pour l’as de l’analyse de la blockhain qu’est Chainalysis, derrière les transferts de plus petite taille se cache une très grande initiative d’adoption au quotidien par les usagers.

Les plateformes P2P gagnent en popularité

Chainalysis ne se borne pas seulement à l’appréciation des données chiffrées dans sa démarche. Jamais elle ne se contenterait d’un résultat aussi superficiel que le taux minime de 2,6% pour le bitcoin (BTC) et 1,6% pour les crypto dans l’ensemble des volumes de transactions africains. Derrière ce semblant de paysage se cache en effet une pure merveille : un taux très élevé du recours aux services peer-to-peer (P2P) par les utilisateurs africains de crypto monnaie.

À l’origine de ce boom : les mesures adoptées par certains gouvernements. Citons par exemple le cas du Nigéria qui, par le biais de sa Banque Centrale, a prohibé toute forme de collaboration entre une institution financière se considérant réglementée et une autre offrant des produits et services liés aux cryptos. Ça, c’était en janvier dernier.

Pour mieux comprendre le cas du Nigeria, il convient de rappeler l’existence d’une manifestation contre la brutalité policière menée par des jeunes dans le pays. Baptisé « End SARS », ce mouvement n’aurait connu de succès sans l’apport du bitcoin et d’autres crypto monnaies. Ces derniers contribuaient beaucoup à la bonne marche de cette mini-révolution. Mécontent des faits, le gouvernement décide de s’attaquer aux comptes associés à la manif’ et corolairement à tout ce qui touche de près ou de loin le crypto dans le Nigeria.

Du côté du Kenya, la banque centrale locale a menée sa guerre contre les crypto monnaies à partir de 2018. D’ailleurs, elle a exhorté ses consœurs de l’Afrique de l’Est à agir de même. Face à ces frictions, BitcionKE se désole et publie des articles sur la mise en garde des clients ayant déjà effectué des transactions en crypto par quelques banques kenyanes.

Tout cela a donc concouru à cette ruée vers les plateformes P2P, lesquelles représentent une meilleure alternative facilitant les transactions.

Une hausse de l’envoi de fonds par crypto monnaies

L’étude de Chainalysis démontre aussi que la valeur transrégionale d’envoi de fonds en crypto monnaie reçue par l’Afrique était la plus élevée entre juillet 2019 et juin 2020. Et ce par rapport aux autres régions sur lesquelles la spécialiste de la blockchain s’est penchée.

Pour ce qui est des paiements mensuels par crypto inférieurs à 1 000 $, une croissance a été repérée par les analystes, en termes de volume et de nombre de transactions. Chainalysis y voit un signe potentiel de hausse des envois de fonds en crypto monnaie dans le continent. Sachant que les 1000 USD évoqués ci-haut représentent le plafond des envois vers l’Afrique.

48 milliards de dollars, c’est la valeur des envois de fonds enregistrée par l’Afrique subsaharienne en 2019, d’après Brookings Insitute. Presque la moitié de ces fonds étaient destinée à des Nigériens. La Banque Mondiale estime que cette région africaine occasionne des couts un peu élevés pour ces genres de transactions. Raison pour laquelle plusieurs acteurs locaux misent beaucoup sur le bitcoin et les crypto monnaies pour amoindrir ces frais.

La crypto monnaie comme moyen de préservation de la richesse

Face aux risques élevés liés au change dans plusieurs pays africains, la gestion de la richesse devient problématique. La banque centrale nigérienne, n’a-t-elle pas dévalué le naira (monnaie locale) d’environ 35% en seulement cinq ans ? Dans un pays où l’importation transcende l’exportation, l’accumulation de la richesse semble délicate.

Le deuxième homme fort de Paxful, Artur Schaback, était même allé jusqu’à expliquer aux chercheurs de Chainalysis l’existence de liens entre la situation locale et la croissance de la bourse au Nigéria. La dévaluation du naire serait à l’origine de cette volte-face. En tout cas, on constate une ruée très importante de Nigérians et Kenyans vers les plateformes P2P présentement.

Les limites des investigations de Chainalysis

Attention, les mises en garde suivantes sont à prendre en compte quant à ce rapport. D’abord, il y a lieu de citer que les analystes de Chainalysis n’ont fait qu’avacner des estimations. Une chose que Kimberly Grauer, directrice de la recherche de l’entreprise, ne niera pas puisqu’elle a avoué avoir eu recours au trafic web pour le repérage des sources et destinations des transactions de crypto monnaies.

Il y a aussi cette histoire de VPN, un paramètre que les chercheurs de Chainalysis ne prenaient pas en compte en cours d’investigation. Or, pour un pays ayant prohibé Twitter comme le Nigeria, l’accès à ce réseau social nécessite tout simplement l’usage d’un VPN.

À retenir également : ce rapport ne contient que des données relatives à 31 pays africains. Nous savons tous que le continent abrite 54 pays.

De plus, Chainalysis a délibérément écarté l’Égypte de son étude. La société d’analyse l’a effectivement, associé au groupe de pays issus de la région Moyen-Orient.

Et enfin, l’énonciation fréquente du Nigeria et du Kenya dans ses résultats d’analyse ne signifie guère que ce sont les leaders de la crypto africaine. Grauer stipule qu’aucun pays ne pourra devancer l’Afrique du Sud pour le moment.

Toutes ces données que Chainalysis venait d’avancer démontrent que l’Afrique n’est pas en reste en matière d’adoption de la crypto monnaie. Le jour où Chainalysis se tournera vers des pays comme le Maroc ou le Togo, les donnes changeront complètement.

A
A
Mikaia Andriamahazoarimanana

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

Cours & Indices

BITCOIN (BTCUSD) 60 426,34 $ 5.32%
ETHEREUM (ETHUSD) Ξ 3 806,17 $ 0.41%
DEFI (DEFIPERP) 11 811,80 $ 0.18%
MARKETS (ACWI) 103,46 $ 0.65%
GOLD (XAUUSD) 1 768,22 $ -1.51%
TECH (NDX) 15 095,36 $ 0.29%
CURRENCIES (EURUSD) 1,16 $ -0.02%
CURRENCIES (EURGBP) 0,842370 £ -0.63%
CRUDEOIL (USOIL) 81,68 $ 0.32%
IMM. US (REIT) 2 685,38 $ 0.71%
Le pourcentage exprime l’évolution depuis 24h Acheter des cryptos sans risques
Newsletter

Recevez le meilleur de l’actualité Crypto dans votre boite email

Coaching Gratuit

Obtenez gratuitement un coaching d’une heure avec un expert. Remplissez le formulaire et notre expert vous contactera sous 24 heures.