Bitcoin (BTC) en Afrique : état des lieux de la percée dans le continent

dim 10 Oct 2021 ▪ 19h30 ▪ 8 min de lecture - par Mikaia Andriamahazoarimanana

Yahoo Finance a récemment fait mention d’un classement dans lequel le Nigeria occupait la place du numéro un des pays utilisant le plus les cryptos. Ce qui semble paradoxal dans un pays plongé dans une profonde récession au cours de l’année 2020.

Palmarès africains en matière d’adoption des crypto monnaies

L’année 2020 a vu un Nigéria en pleine récession économique mais enregistrant un volume d’échanges de bitcoin (BTC) estimé à 400 millions USD. Une valeur qui n’est pas loin des chiffres affichées par les pays occidentaux, notamment la Russie qui enregistre à peu près 420 millions USD.

Malheureusement, ce flirt entre les Nigérians et les crypto monnaies ne dura pas assez longtemps. Car le gouvernement local mené des opérations de répression à l’endroit des plateformes d’échanges de ce genre d’actifs numériques au point de suspendre toute opération de même nature dans le pays.

Le Kenya aussi a connu la même aventure avec les crypto monnaies. Au cours de cette même année, le pays était arrivé en 5e position des nations ayant réussi en matière d’adoption des cryptos. Ce qui lui a valu une place juste derrière la Chine et les USA, tandis que l’Afrique du Sud occupait la 7e position de ce classement.

En dehors de l’Afrique, d’autres pays connaissant des mesures répressives vis-à-vis de la monnaie digitale se sont également mis à s’intéresser aux crypto monnaies. Un phénomène inattendu chez des populations enclin au doute de l’avenir de leur économie. Des exemples similaires ont pu être appréciés du côté de l’Amérique Latine.

La crypto monnaie comme alternative aux transferts de fonds traditionnels

L’intérêt des Nigérians pour la crypto monnaie s’explique par plusieurs raisons. L’une d’entre elles est le coût élevé des transferts de fonds internationaux depuis ou vers le Nigeria. L’autre point serait lié à la politique d’arbitrage de devises menée par l’État par rapport aux transferts de fonds de la diaspora nigériane.

En réalité, tout ce qui est transfert de fonds dans cet état de l’Afrique occidentale coute très cher. D’où ces nouveaux élans pour les crypto monnaies.  

La crypto monnaies pour faire face à l’hyperinflation

Ce ne sont pas les problèmes d’instabilité des monnaies locales qui manquent en Afrique. À cela s’ajoute le phénomène d’hyperinflation croissante comme celui qu’a connu le Zimbabwe depuis 2008. Le taux d’inflation du pays était évalué à 89,7 sextillions en 2016.

De telles situations amènent les Africains à l’adoption de solutions idoines comme l’abandon de la monnaie légale au profit de certaines devises internationales comme le dollar américain (USD). Bien évidemment, cette pratique engendre d’autres problèmes : la pénurie de cette monnaie de rechange.

À défaut de dollars américains, une grande partie des Zimbabwéens préfèrent se tourner vers le bitcoin (BTC). Ce qui explique le recours massif à cette monnaie digitale.

Pour le cas du Zimbabwe, plus question de passer à côté des crypto monnaies et de la blockchain à l’issue d’un transfert de fonds. D’ailleurs, ces alternatives revêtent un caractère d’inviolabilité dans le pays. À noter également que les transferts de fonds par crypto autorisent à l’ex-Rhodésie du Sud une économie annuelle d’environ 90 millions USD.

Matières premières, une niche mal exploitée ?

L’Afrique a été et reste indétrônable en matière de production de matières premières. Avec une longue liste de produits agricoles (cacao, vanille, tomates, etc.) à son actif, ce continent semble choyé par la Providence.

Conditions géographiques aidant, l’Afrique se voit donc peuplée par un grand nombre d’agriculteurs. En Afrique subsaharienne par exemple, les statistiques parlent d’un taux de 60% de petits exploitants agricoles et une contribution de l’agriculture à hauteur de 23% au PIB.

En dépit de ces beaux chiffres, certains observateurs estiment que le potentiel agricole du pays reste inexploité.

Un autre frein handicape également le développement agricole du continent : l’absence de guichet unique pour le commerce de matières premières. Or, ce marché incluant des actions, indices, forex et crypto monnaies est pour le moment inoccupé.

Conscient de cette opportunité, TE Markets Limited ne pense pas rester les bras croisés éternellement. Ainsi, l’entreprise a décidé de faire appel à des partenaires commerciaux en vue du lancement de la première bourse consolidée d’Afrique (ACEX). Laquelle représente une aubaine pour les Africains avides d’investissements en matière de crypto monnaies, d’actions africaines cotées en bourse ou de devises africaines exotiques.

Cherté du transfert de fonds en Afrique

Plusieurs analystes, dont la Banque Mondiale, déplorent ce problème vécu au quotidien par un grand nombre d’Africains. En effet, l’Afrique est victime de la cherté des frais d’envoi d’argent vers un destinataire occupant son territoire. Généralement, à peu près 17 USD seront demandés dans le cadre de l’envoi de la somme de 200 USD.

Or, le volume des transferts de fonds perpétrés par la diaspora africaine est énorme : environ 40 milliards de dollars, rien qu’en 2020. Des entreprises blockchain comme Yellow Card et Bundle n’y voient que des opportunités.

À cette liste s’ajoute Bitstika, fournisseur de service de transfert d’argent dans plusieurs pays africains : Ghana, Cameroun, Nigeria, Gabon, Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali, île Maurice…

L’Afrique, en passe de réglementer son espace crypto

Des faits récents poussent à dire qu’un grand nombre de personnalités s’intéresse de plus en plus au Berceau de l’humanité. C’est le cas de Jack Dorsey, PDG de Twitter, dont l’intérêt pour l’espace cryptographique africain a presque décuplé ces derniers temps.

Les services fintech aussi commencent à percer dans ce continent où les questions de réglementations relatives à l’adoption des crypto monnaies et la blockchain se discutent au niveau des décideurs.

Ce qui est sûr c’est que les paramètres démographiques (croissance rapide de la population jusqu’à 1,2 milliard), l’utilisation accrue de smartphones et la baisse du coût d’internet  y sont pour quelque chose.

Après la prolifération d’adeptes de crypto monnaies dans des états insulaires comme Gibraltar, Malte ou les îles Caïmans, plusieurs pays africains commencent à faire des yeux doux à cette monnaie digitale. Les Seychelles, par exemple, ont emboité le pas à d’autres gouvernements de la région en mettant en places des cadres réglementaires perspicaces.

L’Afrique du Sud aussi n’a pas attendu très longtemps pour réagir : des régulateurs financiers locaux viennent de publier un document d’orientation visant la réglementation des crypto monnaies et autres services blockchain. Le but étant de garantir le respect des normes imposées par le Groupe d’action financière (GAFI).

Il est impossible de passer à côté des récentes pratiques des entreprises kényanes, elles aussi favorables aux transactions basées sur le bitcoin (BTC). Même les avertissements de la Banque centrale du Kenya n’ont pas pu freiner l’adoption massive des crypto monnaies dans le pays. En 2020, le nombre de transactions en BTC dépassait largement les 1,5 million de dollars. Le double de cette estimation sera atteint cette année si les conditions restent inchangées dans cette contrée.

Autant de données amènent l’observateur à déduire que le panorama cryptographique africain recèle des bouts de merveille fort appréciables. L’Afrique n’est plus ce qu’elle a été auparavant. Elle est devenue un terrain où des acteurs locaux et internationaux s’activent au point de lui attribuer un nouveau statut : celle d’un grand roc qui n’attend plus qu’à être sculpté. 

A
A
Mikaia Andriamahazoarimanana

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

Cours & Indices

BITCOIN (BTCUSD) 61 142,17 $ 0.72%
ETHEREUM (ETHUSD) Ξ 4 039,01 $ 1.73%
DEFI (DEFIPERP) 13 053,10 $ 0.96%
MARKETS (ACWI) 104,91 $ 0.01%
GOLD (XAUUSD) 1 791,52 $ 0.5%
TECH (NDX) 15 355,07 $ -0.87%
CURRENCIES (EURUSD) 1,16 $ 0.19%
CURRENCIES (EURGBP) 0,845790 £ 0.4%
CRUDEOIL (USOIL) 84,15 $ 1.9%
IMM. US (REIT) 2 731,82 $ 0.43%
Le pourcentage exprime l’évolution depuis 24h Acheter des cryptos sans risques
Newsletter

Recevez le meilleur de l’actualité Crypto dans votre boite email

Coaching Gratuit

Obtenez gratuitement un coaching d’une heure avec un expert. Remplissez le formulaire et notre expert vous contactera sous 24 heures.