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L’ancien Premier Ministre canadien cite le Bitcoin comme possible monnaie de réserve internationale

Il faut tendre l’oreille lorsqu’un ancien premier ministre canadien suggère furtivement que le bitcoin peut devenir une monnaie de réserve internationale aux côtés du dollar, de l’euro ou du yuan. Un scénario loin d’être improbable tant le bitcoin possède tous les attributs d’une monnaie armée pour se tailler la part du lion dans les réserves de change internationales.

Qui pour remplacer le vieux roi dollar ?

Stephan Harper, premier ministre canadien de 2006 à 2015, a tenu des propos très intéressants au micro de Jay Martin (Cambridge Investments) dimanche 17 janvier :

« Pour avoir une alternative au dollar américain, il faut une alternative crédible. Il n’y en a que deux. L’une est l’euro mais le fait est que l’on a toutes les raisons du monde de penser qu’il ne soit pas franchement plus viable à long terme que le dollar. La deuxième est la monnaie chinoise. Le problème avec le yuan est que nous n’avons aucune idée de ce qu’il vaut vraiment. Nous ne savons pas non plus comment certaines décisions arbitraires prises par le gouvernement pourraient impacter sa valeur. Donc on ne peut pas mettre son argent dans ce genre de monnaie. À court-moyen terme, à moins d’une catastrophe aux États-Unis, il est difficile d’imaginer une alternative au dollar en tant que principale monnaie de réserve internationale, mis à part l’or ou le bitcoin. Je pense que le panier global de monnaies de réserve va évoluer mais que le dollar continuera à en représenter la majeure partie. »

Stephan Harper, premier ministre canadien de 2006 à 2015, 17 janvier 2021

Ces déclarations font écho à notre dernier papier sur l’internationalisation du yuan. Nous y rapportions que le Fonds Monétaire International anticipe des changements au niveau des monnaies de réserves internationales. Le yuan ne représente que 2 % des réserves de change des banques centrales, contre 60 % pour le dollar et 20 % pour l’euro. Une situation qui ne risque pas de durer longtemps. Le FMI s’attend clairement à ce que le billet rouge monte en grade.

La conséquence serait que les flux de l’épargne mondiale affluent dorénavant un peu plus rapidement vers la dette chinoise plutôt que la dette américaine. Le fait que le yuan se soit apprécié de 7 % par rapport au dollar en 2020 n’est pas étranger au processus d’internationalisation du yuan.

La question est de savoir si les États-Unis accepteront de voir leur hégémonie monétaire s’effriter en faveur de l’empire du milieu ?

Les réserves de change des banques centrales étant majoritairement détenue sous forme de dette US (dollar) depuis les années 1970, lorsque Washington força l’Arabie Saoudite à vendre son pétrole en dollar et aucune autre monnaie. Le « pétrodollar » était né, obligeant tous les pays du monde à détenir des dollars en réserve pour pouvoir se procurer le précieux liquide sans lequel aucune industrie n’est possible. Ces réserves sont évidemment investies dans la dette pour engranger des intérêts.

Est-ce que l’oncle Sam acceptera de perdre ce privilège exorbitant lui permettant d’afficher une balance commerciale chroniquement déficitaire sans que le taux de change du dollar ne s’effondre ? Rien n’est moins sûr, surtout quand on voit que l’Iran et le Venezuela (respectivement les 3ᵉ et 2ᵉ plus grandes réserves de pétrole au monde), deux pays refusant de vendre leur pétrole en dollar, sont sous embargo…

Cet embargo, dans le cas de l’Iran, prend la forme d’une déconnexion du réseau SWIFT qui noyaute tous les transactions internationales. Impossible de vendre son pétrole si l’on ne peut pas être payé… C’est donc sans surprise que le bitcoin fait déjà partie des réserves de la banque centrale iranienne. Même constat du côté de Caracas puisque l’armée a commencé à miner le BTC.

Les CBDC sont « inévitables »

Peu avant d’effleurer l’idée que le bitcoin devienne une monnaie de réserve internationale, le ministre déclarait à propos des CBDC :

« Je ne suis pas un expert mais je pense que c’est à certains égards inévitable. Ma réflexion sur le sujet est surtout liée aux politiques monétaires des banques centrales. Je suis plutôt inquiet de voir les banques centrales faire du Quantitative Easing. Je ne dis pas que je ne l’aurais jamais fait mais je suis très inquiet quand je vois les types d’actifs achetés par les banques centrales. Les banques centrales sont en train de changer. Initialement chargées de gérer la masse monétaire et l’inflation, ces institutions ressemblent de plus en plus à des banques ordinaires. Je pense que ce n’est pas leur rôle. C’est risqué. Si la création de CBDC a pour ambition de se livrer à de dangereuses expérimentations quant au rôle des banques centrales, alors cela m’inquiète beaucoup. »

Stephan Harper, premier ministre canadien de 2006 à 2015, 17 janvier 2021

Ces « expérimentations » auxquelles le ministre fait allusion sont, d’après Jay Martin, la possibilité « dystopique » de distribuer de l’argent gratuitement (afin de créer de l’inflation) ou encore faire en sorte que cette monnaie ait une date d’expiration.

Bitcoin IMF
“Est-ce que les CBDC sont vraiment de la monnaie ?” (NON)
“Est-ce que les cryptomonnaies sont vraiment de la monnaie ?” (OUI)
Lien vers le tweet

Dans l’ensemble, Stephan Harper s’est montré relativement sceptique quant à la possibilité de voir le bitcoin devenir une monnaie de réserve internationale car il lui est « difficile de voir cette cryptomonnaie comme une réserve de valeur, attribut essentiel de la monnaie » telle qu’Aristote l’avait définie. Pour le philosophe grec, la monnaie doit être :

– Une unité de compte (cette miche de pain vaut 3 sous)
– Une réserve de valeur (la monnaie garde son pouvoir d’achat dans le temps. Cette miche de pain vaudra toujours 3 sous dans 10 ans)
– Un intermédiaire des échanges (convention sociale, tout le monde accepte de payer et d’être payé dans cette monnaie)

La notion de réserve de valeur est effectivement de la plus haute importance, surtout quand on parle du bitcoin. Malheureusement, le ministre (qui avoue ne pas être un expert…) a répété l’argument mis en avant par les banquiers et voulant que le bitcoin ne serait justement PAS une réserve de valeur. Un comble pour une monnaie dont la valeur a augmenté de plus de 200 % par an en moyenne depuis sa création (+300 % en 2020).

Une monnaie pouvant être démultipliée à l’envi (Quantitative Easing) est une monnaie incapable de servir de réserve de valeur. Au contraire, elle peut facilement devenir une source d’inflation. Voyez par exemple les prix immobiliers allemands qui ont augmenté de 10 % en 2020… Même constat du côté des États-Unis où 25 % des dollars créés par la FED l’ont été en une seule année (2020)…

Le système de création monétaire par la dette assortie d’intérêt est un ponzi. Et comme le souligne Stephan Harper, ce ponzi « va se solder par des défauts et/ou une inflation massive ». Et si le ministre pense que les États-Unis parviendront à s’endetter auprès du reste du monde à court-moyen terme, il doute que le pays parviendra à aspirer « des milliers de milliards à 0 % (taux réel) ad vitam æternam ».

Comme nous l’avons expliqué plus haut, tout dépendra de la monnaie dans laquelle l’énergie est vendue… Mais malgré ce constat rationnel, Stephan Harper préfère conserver « une monnaie traditionnelle, ou bien un titre de dette d’État, dont la valeur est adossée à la signature d’un gouvernement, elle-même étant adossée à sa capacité à taxer le contribuable ».

La vieille garde politique a décidément du mal à comprendre que le bitcoin a nullement besoin des gouvenements. C’est d’ailleurs sa force… Mais les lignes bougent comme le montre par exemple l’ambition du maire de Miami d’investir dans le Bitcoin.

Il ne fallait pas s’attendre à beaucoup plus de la part de l’ancien ministre qui, mine de rien, à l’instar de Jean-Claude Trichet la semaine passée, a profité de l’occasion pour jeter une peau de banane au dollar. Mais le fait est que le bitcoin fait petit à petit son chemin dans l’esprit de politiques. Ces derniers restent prudents mais semblent enfin deveniner secrêtement en lui LA monnaie internationale parfaite.

Le bitcoin est une monnaie en même temps qu’un système monétaire. Deux-en-un. Apatride, anti-inflationniste et permissionless (contrairement au réseau SWIFT…). Le Bitcoin n’avantage personne et, fort de sa masse monétaire immuable de 21 millions d’unités, ne peut que s’apprécier face à des monnaies fiat que l’on imprime par milliers de milliards chaque année…

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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