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Bitcoin et le double jeu d’Elon Musk

Ce fut la tragi-comédie de la semaine. Elon Musk a montré son vrai visage en suspendant la vente des Teslas en BTC, arguant que le bitcoin fonctionne au charbon…

La controverse du dogefather

Voici la traduction du pamphlet qui a mis le feu aux poudres ce jeudi 13 mai :

« Tesla a suspendu la vente de ses voitures en bitcoin. Nous sommes inquiets de la rapide augmentation de l’utilisation d’énergie fossile dans les transactions et le mining de bitcoin. Notamment le charbon.

La cryptomonnaie est une bonne idée à de nombreux égards et nous pensons qu’elle a un bel avenir, mais cela ne peut pas se faire aux dépens de l’environnement.

Toutefois, Tesla gardera gardera ses bitcoins. Nous les utiliserons dès que le mining de bitcoin fonctionnera avec davantage d’énergie renouvelable. Nous nous intéressons aussi à d’autres cryptomonnaies qui utilisent moins de 1 % de l’énergie par transaction du bitcoin. »

TESLA & BITCOIN ELON MUSK

Qui est vraiment Elon Musk ?

Il est l’homme le plus riche au monde et fera probablement tout pour le rester. Chacun de ses Tweets est une arme de persuasion massive dans un jeu d’échec à 4 dimensions. Rien n’est laissé au hasard dans sa communication.

Sa spontanéité semble souvent feinte non pas à cause de son syndrome d’asperger, mais parce qu’il joue effectivement un rôle. Il se fait passer pour un rebelle avant-gardiste qui vend du rêve sous forme de techno-solutionnisme afin de surfer sur le mal-être de nouvelles générations pétrifiées par le pic pétrolier et le réchauffement climatique.

Mais derrière ce marchand d’espoir au grand cœur se cache en réalité un transhumaniste préparant l’avènement de la dystopie du capitalisme de surveillance. Un mégalomaniaque n’hésitant pas à renverser des gouvernements et faire travailler des enfants pour obtenir le cobalt ou le lithium dont il a besoin pour construire ses batteries.

Voyez ce tweet peu après le coup d’État orchestré par l’oncle Sam en Bolivie, en 2019 :

Elon musk tweet "we will coup whoever"

« Les multinationales et les États-Unis sont derrière le coup d’État. Il est bien connu que la ville de Potossi a industrialisé l’extraction du lithium. Nous avions accordé des permis d’extraction à la Chine ainsi qu’à l’Europe. Le lithium est très important pour l’énergie du futur. Je suis convaincu d’avoir été évincé pour le lithium. »

Evo Morales, ex-président de Bolivie, Interview par Glenn Greenwald, 2019, pour The Intercept

C’est ainsi, les guerres et les coups d’État sont toujours le résultat de calculs géopolitiques élaborés par une poignée de psychopathes cherchant à s’accaparer les matières premières.

Sur le transhumanisme, notons que l’une de ses entreprises, Neuralink, a pour lugubre objectif de connecter le cerveau humain à la machine. La puce n’est plus implantée dans la main, mais directement dans le cerveau… Selon M. M, ces dispositifs « aideront les humains à faire face à l’apocalypse de l’IA ». C’est-à-dire un scénario dans lequel l’intelligence artificielle dépasse l’intelligence humaine et prend le contrôle de la planète au détriment de l’espèce humaine. Bienvenue dans Matrix…

Sa compagnie Space X puise dans le même messianisme en suggérant que c’est foutu pour la terre et qu’il faudra coloniser Mars pour sauver l’espèce humaine. Mars, une planète où il fait -63 °C en moyenne et dont l’atmosphère est composée à 96 % de dioxyde de carbone. Plus c’est gros…

Une autre de ses firmes non moins intrigante s’appelle Starlink. Son objectif est de mettre 42 000 satellites en orbite basse pour distribuer internet aux quatre coins du monde. Starlink, c’est le capitalisme de surveillance qui prend son envol. Chaque humain, qu’il soit au fin fond de l’Amazonie ou au beau milieu de la savane, pourra être enchaîné à une dette via son téléphone. Il permettra aussi aux pays les plus puissants d’imposer leurs monnaies en dehors de leurs frontières…

Voilà pour les présentations de ce milliardaire repeint en vert à coups de mirages cornucopiens.

A quoi joue le CEO de Tesla ?

Le bitcoin est un outil de pression géopolitique dont il se sert pour tenir les banquiers en respect. Ce serait en effet un euphémisme de dire que les banquiers centraux n’ont pas apprécié que Tesla accepte le BTC en paiement pour ses voitures…

À l’époque, Vitor Constancio, l’ancien vice-président de la BCE, s’était fendu d’une tempête de tweets dans laquelle il tapait dur en comparant l’action d’Apple à celle de Tesla (870 $) : Il avait déclaré dans l’un d’eux :

« L’action Tesla affiche un P/E ratio de 1747 si l’on se base sur ses profits de l’année passée. Celui d’Apple est de 37 et la moyenne du S&P 500 est de 23. Les futurs profits de Tesla vont devoir sérieusement augmenter pour normaliser ce ratio. »

[Pour rappel, le P/E ratio divise le prix d’une action par son dividende annuel. Un P/E très élevé n’est donc pas bon signe du tout.]

Malheureusement pour le CEO de Tesla, nous sommes encore loin du compte. Les ventes globales ont certes doublé au premier trimestre (184 000 voitures), mais elles ont plongé de 27 % en Chine au mois d’avril. Sans compter que l’essentiel des profits sur les trois premiers mois de l’année est lié à la revente de crédits carbone pour 518 millions $. #subvention.

Le pilonnage de Tesla par la presse locale (sur fond de tensions géopolitiques entre l’empire du milieu et l’oncle Sam) est tel que le projet d’usine Tesla à Shanghai a été annulé. Un coup dur alors que le marché chinois est de loin le plus prometteur.

Par conséquent, il est fort probable que l’allusion au charbon dans son tweet soit un message subliminal envoyé aux chinois. En effet, personne n’est sans savoir qu’entre 30 % et 40 % du hashrate du bitcoin provient de Chine, où les mineurs utilisent beaucoup de charbon.

Elon Musk, grâce à ses armées de Robinhooders et autres GameStop golden boys qu’il a pris sous son aile, essaie de prendre le bitcoin en otage pour faire pression sur la Chine qui compte sur le bitcoin pour affaiblir le dollar en tant que monnaie de réserve internationale.

Nous y reviendrons en fin d’article. Venons-en maintenant au cœur de l’hypocrisie : la carte écolo. Ainsi, les voitures Tesla sont bien parce qu’elles utilisent de l’électricité, mais les mineurs de bitcoin sont mauvais parce qu’ils… utilisent de l’électricité… Admettons, et faisons des comparaisons.

Aux États-Unis, au premier semestre 2020, la part du combustible fossile dans la production d’électricité était de 56 % (17 % de charbon et 39 % de gaz). Dit autrement, les Teslas roulent à 56 % avec des énergies fossiles, sans oublier que la construction de voitures électriques est beaucoup plus intensive en extraction de ressources, en destruction d’écosystèmes ainsi qu’en esclavage moderne…

Soit dit en passant, les autorités allemandes ont infligé à Tesla une amende de 12 millions d’euros pas plus tard que le mois dernier pour avoir manqué à ses obligations en matière de reprise des anciennes batteries qui ne sont pas recyclables.

En ce qui concerne la consommation d’électricité du bitcoin, commençons par rappeler que l’énergie sous forme d’électricité ne peut pas se transporter sur de grandes distances. En cause, le fameux effet joule qui veut que de l’énergie se perde durant l’acheminement. Elle se dissipe sous forme de chaleur (que les oiseaux récupèrent l’hiver en s’agglutinant sur les lignes haute tension).

Tant et si bien que l’électricité générée par des barrages – obligés d’ouvrir grand les vannes durant la mousson – est forcément perdue faute de pouvoir l’acheminer bien loin. Or c’est cette énergie que les mineurs chinois utilisent la moitié de l’année au Sichuan. Dans cette région, les capacités hydroélectriques sont deux fois supérieures à ce que le réseau peut absorber pendant la saison des pluies…

Il est vrai que les mineurs migrent vers le Xinjiang lors de la saison sèche et que l’électricité utilisée pour miner le bitcoin provient alors de la combustion du charbon. Mais là encore, il ne faut pas croire au mythe du 100 % charbon. 43 % de la production d’électricité de cette région provient d’énergies renouvelables.

100 % renouvelables durant la mousson et 43 % durant la saison sèche. On en déduit à la louche que le mining se fait à 73 % avec de l’énergie renouvelable. C’est beaucoup, beaucoup mieux que les Teslas (44 %).

Les mineurs de BTC ont besoin d’une électricité peu chère pour être rentable. Il sont donc naturellement poussés à trouver de l’électricité dont personne n’a besoin. Le bitcoin est par ailleurs un formidable outil pour rentabiliser certains projets dans les énergies intermittentes.

Proof of Work

meme bitcoin
“Sais-tu seulement combien d’énergie il faut pour miner un bitcoin ?”

Le bitcoin émet du CO2. Moins que l’on pense, mais quand même. Dès lors, il est légitime de se poser la question de son utilité puisque nous devons ramener nos émissions nettes de CO2 à zéro d’ici 2050 pour tenter de maintenir le réchauffement climatique sous 2 °C.

Il faut donc se demander deux choses :

  • Est-ce que le Proof of Work est absolument nécessaire pour une cryptomonnaie indestructible ? La réponse est oui. Le pourquoi du comment dans cet article.
  • Combien d’énergie sommes-nous prêts à dédier à une architecture monétaire globale remplaçant le pétrodollar et offrant à chaque humain une chance de s’extirper de la tyrannie de régimes bancaires nécessitant une croissance en perpétuelle augmentation ?

Le monde génère 160 000 TW/h d’énergie par an. Sur ce grand total, 50 000 TW/h sont gaspillés. Et sur cette énergie gaspillée, 120 TW/h sont utilisés pour faire fonctionner le bitcoin. Pour le dire autrement, le BTC consomme 0.075 % de l’énergie produite dans le monde et 0.24 % de l’énergie gaspillée…

Pour 0.24 % de l’énergie gâchée, le bitcoin offre à 8 milliards de personnes une protection contre l’inflation démente orchestrée par une caste globalisée de banquiers parasites. Mais pas que…

Le bitcoin est la meilleure assurance de l’humanité contre un hiver nucléaire dont l’origine la plus probable reste une guerre pour l’hégémonie monétaire. L’empire Américain et son niveau de vie repose entièrement sur le fait que tout le pétrole du monde soit vendu uniquement en dollar. Toutes les guerres sont déclenchées au nom du pétrodollar.

Que ce soit la guerre d’Irak, la guerre de Libye ou la guerre de Syrie, la protection du pétrodollar est toujours en toile de fond. La guerre en Syrie, par exemple, fut une manière détournée de contrer l’Iran, un pays qui refuse de vendre son pétrole et son gaz en dollar…

Les Américains ont détruit le pays de Damas plutôt que l’Iran car il était plus facile de briser le maillon syrien pour empêcher la construction du fameux gazoduc qui devait acheminer le gaz perse via l’arc chiite jusqu’en Europe. Un gaz qui aurait été évidemment vendu en euros.

La géopolitique est indissociable de la carte des ressources énergétiques et les guerres sont toujours fomentées autour des tables où l’on décide dans quelle monnaie les contrats énergétiques seront libellés.

Téhéran s’est depuis logiquement tourné vers l’Est. Pékin serait en effet très heureux de payer une partie de son gaz en yuan et bénéficier du même privilège exorbitant que Washington. La jonction entre les deux pays devant nécessairement se faire via le Pakistan, il n’est pas surprenant de voir les États-Unis apporter leur soutien aux séparatistes indiens de la province pakistanaise du Baloutchistan.

Il s’agit d’un énième conflit en gestation que Washington va couver afin d’enfoncer un coin entre la Chine et les formidables réserves énergétiques iraniennes, véritable épine dorsale des « nouvelles routes de la soie ».

Alors, qui est le vilain canard? Le bitcoin ou le pétrodollar ?…

Concluons cette tartufferie verdâtre en rappelant que le véhicule individuel électrique n’est pas un horizon indépassable. Remplacer 1.2 milliards de véhicules à combustion par des véhicules électriques est loin d’être le changement de paradigme nécessaire pour tacler le réchauffement climatique. Il était temps que les masques tombent. Terminé l’ambiguïté. Le pape du greenwashing exploite son pouvoir pour contrôler le bitcoin et doit être désormais traîté comme un traître.

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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