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Interview Owen Simonin

Oyez ôyez, chers lecteurs, voyez venir ici le barbare corse de la Blockchain, l’évangélisateur français de celle-ci et, pour certains d’entre vous, celui qui vous a accompagné dans vos premiers pas dans notre écosystème : Hasheur ou Owen Simonin pour les intimes.

Salut Owen peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut Gaétan, oui avec plaisir ! J’ai 23 ans et tout a commencé lorsqu’une fois mon bac en poche j’ai quitté la Corse pour rejoindre l’EDHEC Business School, une école de commerce en adéquation avec mon esprit entrepreneurial. En arrivant dans celle-ci en 2015, je tombe dans l’univers de la cryptomonnaie. Personne n’en parlait à l’époque à grande échelle en France et quand je dis personne, je pense mes mots… Quand je découvre un domaine, j’ai besoin de le partager aux autres, je suis comme ça, mes camarades s’en souviennent bien (rire). Je me suis dit que je pourrai trouver mon audience auprès de la célèbre plateforme au triangle rouge : Youtube. Ce fut la meilleure décision de ma vie qui fut le déclic de tout le reste : mon envie d’entreprendre, d’innover et d’embaucher.

C’est en effet cet esprit d’entrepreneur qui t’a amené à créer plusieurs boîtes. Combien en as-tu aujourd’hui ?

Hmm, le nombre dépend de la manière de voir les choses. Là comme ça je te dirais 7 ou 8, mais si on parle uniquement de celles où je travaille directement, nous sommes à 3. Si on parle en actionnaires, nous sommes vers les 10.

Les 3 que je considère comme les principales, car j’y travaille moi-même sont Just mining, Deskoin et Vivoka, une compagnie dans le secteur de la reconnaissance vocale. Ce sont nos 3 plus grosses structures.

L'équipe de Just Mining

Evidemment je ne fais pas que ça et en parallèle de mes vidéos, j’accompagne des projets aussi bien sur Youtube que dans leur relation presse qu’il s’agisse de la presse spécialisée comme TheCointribune ou des médias classiques.

Au vu de ton ancienneté, as-tu eu la chance, d’investir dans l’ICO d’Ethereum ?

Hélas non, j’aurais bien aimé … mais j’ai eu la chance de rentrer à l’époque ou l’Ether était aux environs de 4 euros.

Tu as donc connu le hack des DAO et la naissance de l’Ethereum Classique ! Quelle est ta vision sur le choix ETH/ETC ?

Ma vision est raccord avec celle que tout le monde raconte aujourd’hui. À l’époque j’apprenais encore les fondamentaux de la blockchain via le BTC et n’étais donc pas très au fait de ce qu’il se passait sur Ethereum.

Je comprends ceux qui ont choisi de suivre ETC pour rester fidèles dans les préceptes de la blockchain. Vitalik Buterin avait déclaré « the code is law », ce qui signifie qu’on ne revient pas en arrière. Si tu fais un parallèle avec le Bitcoin, même s’il existe aujourd’hui une manière de le corriger, on ne corrige pas ce qui dans les cryptos s’apparente à un livre religieux ! Hors ici suite au hack des DAO Buterin a choisi de créer une autre chaîne où ce hack n’a pas eu lieu, c’est en contradiction complète avec ses dires !

Ceux qui ont  suivi ETC, sont ceux qui ont suivi les valeurs au sens strict du terme mais se sont enfoncés sur une chaine avec des failles comme le confirment les 3 attaques de cette année.

Après, ces attaques sont normales car il y a moins de développeurs et donc moins de suivi sur ETC que sur ETH. Alors certes, ETC suit le code de conduite d’une manière exemplaire, mais pourquoi rester sur un système qui profite aux voleurs et aux personnes malhonnêtes ? Je suis donc pour ETH.

Es tu confiant concernant ETH2.0 et surtout, as-tu déjà ton node validateur de côté ?

À titre personnel, je n’ai pas mis en place de node pour ETH2, mais les équipes de Just mining oui. Concernant ETH2 en lui-même, je suis confiant, sans vraiment l’être.

Ether va faire la mise à jour la plus critique de son histoire en changeant son protocole de consensus, ce qui représente un énorme changement d’architecture ! Cela fait 3 ans que nous entendons parler de cette grande mise à jour et aujourd’hui, lorsqu’une date est annoncée, les gens sont assez sceptiques. Ils savent que celle-ci sera probablement repoussée dans les heures qui suivent l’annonce initiale. Mais il faut se dire que c’est normal, c’est comme si tu essayais de changer le moteur d’une voiture de course.. en pleine course !

Ethereum ne peut plus se permettre de faire une erreur, les choses tardent trop, ce qui contribue à la mise en avant d’autres blockchains telles que Tezos ou Elrond. L’ampleur du phénomène DeFi accélère ce besoin d’avoir un Ethereum scalable. Pour moi si les équipes d’Ethereum ne se dépêchent pas ou commettent une erreur, l’écosystème en pâtira. C’est le juste milieu entre vitesse et précipitation qu’il faut trouver maintenant.

En parlant de la DeFi, considères-tu celle-ci comme une bulle spéculative ou une véritable innovation ?  

Avant de parler de la DeFi en elle-même, il convient de rappeler quelque chose de fondamentale.

Toute innovation technologique commence par des spéculateurs. Prenons Internet, il a fallu près de  30 ans pour le démocratiser, mais les spéculateurs, eux, n’ont pas attendu aussi longtemps pour apporter les capitaux. A peine avaient-ils compris le potentiel technologique et le gain financier réalisable que plusieurs valises pleines de billets étaient déjà sur la table.

Ici ce n’est pas différent, nous assistons ni plus ni moins, à la jeunesse à la DeFi et j’ose le dire, des cryptomonnaies en général.

Alors, oui, les gens ne rentrent majoritairement pas dans les cryptos pour des raisons idéologiques, mais par l’appel de la spéculation ! Je ne vais pas te le cacher, j’ai fait pareil et tu as sûrement fait pareil ! Mais cela reste encore la meilleure porte d’entrée vers cet écosystème aux possibilités infinies.

Et tu sais quoi ? Je vais même aller plus loin et me faire l’avocat du diable.  Cette volatilité extrême qui engendre la spéculation est une forme de bénédiction. C’est grâce à elle, que l’on peut passer à plusieurs reprises dans les médias traditionnels comme BFM, TF1 ou d’autres médias traditionnels. Cette mise en lumière, attire des industriels et des profils techniques qui de par leurs connaissances et leurs implications, développent et démocratisent celle-ci.

Notre écosystème doit prendre le temps de se construire et tout comme moi, tu sais que cette volatilité s’explique par le faible volume de notre industrie. Quand nous aurons enfin l’adoption dont tout le monde parle, je pense que nous serons aussi stables que les marchés financiers classiques.

En ce qui concerne la DeFI : c’est l’un des chemins que la blockchain empreinte pour révolutionner le monde d’avant (et non pas simplement le faire évoluer). En effet, c’est la première technologie depuis dès années qui va nous permettre de remettre en cause profondément la façon dont la finance fonctionnait jusqu’à maintenant: remettre en cause sa gouvernance et sa transparence. C’est pour moi plus qu’un effet de mode.

Pour toi, entrons nous dans une phase de Bullrun ?

BullRun

Déjà qu’est-ce q’un Bullrun ? Non mais sérieusement, qu’est-ce qu’un Bullrun ? Chacun a sa définition, donc voici la mienne : il s’agit d’une excitation qui prend la forme d’une spéculation intense, ayant lieu généralement tous les 3 ou 4 ans. Par le passé celle-ci a souvent été engendrée par la réduction des récompenses de mining du BTC suite au halving. Quand le BTC part à la hausse, le reste des cryptos qui n’ont en général pas un prix en euros mais en BTC, partent aussi à la hausse et donnent alors naissance à un Bullrun. Le BTC est le taureau qui ouvre la marche.

Personnellement, je n’ai connu que celui de 2017 et j’avais eu des échos de 2013. Depuis l’explosion de la bulle de 2017, nous attendons le prochain.

D’un point de vue technique et fondamentale il n’y a pas grande monde dans les cryptos donc il peut arriver à tout moment. Néanmoins, j’ai compris depuis longtemps, que peu importe l’AT ou l’AF que l’on réalise, le peu de liquidités font que quelques acteurs peuvent changer ce paradigme. Si Bill Gates rentre avec sa fortune demain, le Bullrun partira en avance vu son patrimoine. A l’inverse si une adresse de Satoshi se réveille et décide de dump tous ses Bitcoins, nous partirons sur une phase très bearish.

Si la logique passée du marché se poursuit, nous aurons une accélération cette année 2021. Les whales ont un énorme impact sur le marché et peuvent décider si oui ou non nous continuerons cette logique. J’ai déjà cru à des redémarrages par le passé et je me suis trompé et entre nous, plus rien ne m’étonne aujourd’hui alors je reste sur mes gardes.

À la suite du Bullrun des ICO de 2017 de nombreuses entreprises ont fait faillite, tu n’as pas cette appréhension ?

Non, car la plupart des boîtes qui se sont fait flinguer étaient venues dans le domaine pour de mauvaises raisons. Tu parlais de la DeFi et de son côté hautement spéculatif, nous avons eu la même avec les ICO. En soi, les ICO sont une super méthode pour lever des fonds de manière décentralisée, mais ce qui me gênait c’était l’effet de mode. Même un projet, médiocre arrivait à lever des fonds. Ensuite nous avons eu l’émergence de bons projets qui ne récoltent plus rien car “la mode des ICO était finie”. Et ça, ça m’a profondément dégouté et je n’ai pas envie que la DeFi subisse le même sort ! Elle propose tellement de choses qui vont changer la finance traditionnelle  que ma plus grande peur est que pendant 4/5 mois, celle-ci cartonne et qu’ensuite les bons projets ne soient pas financés.

À titre perso, notre société a fait un chiffre hallucinant en 2017. En 2018 et 2019 ce n’était pas la même chose. Nous avions de moins en moins de ventes et c’est là que j’ai compris qu’il fallait absolument que nous nous adaptions. Cette période fut l’occasion pour moi de gagner en maturité et de renforcer ma boite ainsi que sa scalabilité. J’ai alors appris quelque chose qui a fait défaut aux boîtes qui ont fait faillite : il y a des temps forts dans la crypto qu’il faut exploiter au maximum pour optimiser sa trésorerie et ses processus de manière à ensuite faire de la gestion de trésorerie et de stock, ce que l’on nomme dans le monde du sport ‘concrétiser ses temps forts’. Il faut pouvoir survivre, 2/3 ans en apnée car c’est un marché cyclique. Nous sommes aujourd’hui 10X plus scalable qu’en 2017 car nous nous sommes adaptés à ce cycle.

“Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”, Nietzsche

Beaucoup d’entreprises appréhendent cette adaptation rapide en cas de crise.

Oui et c’est normal, mais si on rentre dans le monde de la blockchain c’est pour les nombreuses opportunités que celle-ci propose. Il est assez simple de devenir le numéro 1 au vu du faible nombre d’acteurs dans le secteur. Néanmoins s’il n’y a pas grande monde c’est pour une raison. Il faut s’adapter en permanence à la hype, avec récemment le Proof of Stake, le Lending et la DeFi.

Il ne faut pas hésiter à se tromper, les erreurs sont les plus belles lignes sur le CV d’un projet et ceux qui ne sont pas prêts à pivoter régulièrement pour adapter leur business aux solutions du moment ne sont pas fait pour cet écosystème.

Quel sera le prochain gros secteur ?

Honnêtement, j’en vois plusieurs et ça change très vite. Il y a 4 mois je t’aurais dit sans hésitation le Lending et le Staking mais maintenant sans hésitation la DeFi (qui au passage comprend les deux). Le Lending, le Staking et la DeFi vont vite se confronter à la régulation. L’anonymat en soi est un principe louable mais ceux qui veulent vraiment se cacher sont rarement innocents. La prochaine révolution blockchain arrivera dans quelques mois mais hélas je ne le saurai que quelques jours ou quelques semaines avant.

Pour moi la prochaine révolution sera l’apparition des grosses boîtes traditionnelles qui vont utiliser des outils blockchain ou des DLT. On commence à avoir fait le tour des outils mais les meilleures idées ne sont pas encore inventées.

Donc pour toi, le Bitcoin enclenchera l’adoption de la blockchain par les industriels ?

Oui, néanmoins le marché est très changeant, si une news comme un hack de Binance sortait, mon discours n’aurait alors plus de raisons d’être. Contrairement au hack de MtGox qui avait coulé le domaine pour un moment, un tel hack serait bien pire car au lieu de juste porter préjudice aux investisseurs, il porterait préjudice aux entreprises quasiment exclusivement listées chez eux.

Encore une fois, les hautes rentabilités comportent des risques, il en est de même pour nos clients, ceux-ci savent qu’il n’y a pas d’assurance en soit. Nous essayons de corriger ce problème.

Par assurance tu parles d’un collateral comme du DAI ou d’une assurance classique ?

Non non, je parle d’une vrai assurance. Si quelqu’un arrive à rentrer dans nos systèmes et à tout vider nous ne sommes hélas pas encore couverts. Malgré de bonnes pistes aujourd’hui, 99% des entreprises blockchain ne sont pas couverte.

Il existe quelques assurances pour les gros exchanges mais ça ne couvre qu’une petite partie du secteur. Nous avons de notre côté consulté une centaine d’assurances et le verdict est sans appel … 99 refus. Une seule est prête à nous suivre et nous demande 10% du montant sous gestion par AN, ce n’est même pas ce que nous gagnons en marge !

Un petit florilège des refus pour nos lecteurs ?

« Nous ne faisons pas ça chez nous monsieur ; nous ne voulons pas financer le terrorisme ; nous ne comprenons pas ; comment pouvons nous savoir que vous n’êtes pas à l’origine de votre hack ; vous allez tuer notre métier ». Je crois que ma préférée reste une assurance qui m’a simplement répondu  « LOL ».

L’un de nos structures n’arrive  même pas à avoir le terminal de paiement pour accepter la carte bleue (sans mentir). Ici encore plus de 100 établissements et que des refus. La solution est d’ouvrir un compte à l’international, chose que beaucoup du secteur font mais nous voulons rester franco-français.

Pourquoi ce désir de vouloir rester franco-français ?

Cela fait partie de notre marketing il est vrai, mais c’est également rassurant pour nos clients. Après j’avoue aussi avoir été naïf, si j’avais su il y a plus d’ un an que nous en serions là, je pense que nous serions partis directement. Mais ici nous avons beaucoup de partenaires, comme la Caisse d’Epargne qui s’est dressée devant sa compliance pour nous permettre d’exercer et d’innover. Nous ne voulons pas les perdre car rares sont les établissements de cette taille capable d’évoluer avec leurs clients.

Tu as donc le choix, fuir dans un pays où il n’y a pas de régulation ou rester dans le tien et te battre pour qu’une fois fait cela soit fait et que cela profite également à d’autres au passage.

Tu as été nommé Binance Advisor of the Year pour l’Europe. Des projets à prévoir avec Binance ?

Hasheur, Binance Advisor of the Year pour l'Europe

C’est en cours de négociation, mais je n’aime pas tracer des plans sur la comète donc … à suivre. Surtout que Binance est une étoile filante alors, tout bouge très vite.

C’est ainsi que s’achève cette première partie, tournée vers l’entrepreneuriat. Nous nous retrouverons sous peu pour aborder avec Owen le monde de Youtube appliqué à la Blockchain. Car qui de mieux placé pour en parler, que le plus gros youtuber de France du secteur ?

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( Responsable Éditorial )

Président et Cofondateur de MinedHack et fervent défenseur de la Blockchain depuis 2017, je suis conscient que sans explications et vision de l’industrie son adoption n’aura jamais lieu. J’ose espérer en tant que Reporter et Rédacteur de CoinTribune aider à cette mission.

DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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