NOUVEAU JEU CONCOURS : UNE PS5 À GAGNER CLIQUEZ ICI
Se connecter S'abonner

États : vers quels scénarios d’adoption ?

Il y a chez les États et les gouvernements cette incroyable capacité à traiter l’aspect spéculatif des cryptomonnaies et à accaparer les aspects innovateurs. Pendant que certains États continuent à se montrer réfractaire aux cryptomonnaies, la grande majorité, s’y montre globalement favorable. L’enjeu sera de savoir quels choix seront globalement faits par les États face aux cryptomonnaies dans les prochaines années. Cette publication fait notamment suite à l’article de 21 Millions : États – Bitcoin : le choc des titans – Yorick de Mombynes (capital.fr).

Interdiction, régulation, monopole ou libre marché…

Volontés de régulation et d’interdiction…

L’interdiction des cryptomonnaies est essentiellement le fait des pays les plus pauvres ou assimilés (Afghanistan, Algérie, Pakistan, Vietnam, etc.).  À un degré moins coercitif, les cryptomonnaies sont restreintes dans des pays d’Asie (Inde et Chine principalement). Cependant, la plupart des pays du monde ont rendu légal l’utilisation de monnaies numériques.  

De nombreux pays penchent ainsi vers l’idée de régulation, en particulier pour limiter (officiellement) les risques de fraudes ou d’activités illicites. Cette régulation passe essentiellement par l’harmonisation des règles qui encadrent la création et le fonctionnement des cryptomonnaies. C’est par exemple le cas avec le projet MiCA de régulation de la Commission Européenne.

Néanmoins, il parait clair qu’au niveau politique l’opposition aux cryptomonnaies dans le débat électoral devient difficile. Ainsi, en 2015, 56% des utilisateurs de Bitcoin avaient entre 18 et 24 ans. Proportions gardées, cela représente aujourd’hui 50 à 60 millions de jeunes dans le monde. L’enjeu électoral est considérable et rare sont les hommes politiques qui accepteront de s’opposer ouvertement aux cryptomonnaies. Joe Biden aux États-Unis par exemple ne s’est pas montré opposé aux cryptomonnaies. En conséquence, les pays qui limitent fortement l’accès aux cryptomonnaies sont plutôt des États au penchant naturellement autoritaire (Iran, Kenya, etc.).

Monopole d’État ou libre marché monétaire ?

La problématique posée par les cryptomonnaies face aux États n’est pas la même dans tous les pays. Tous les pays ne disposent pas du même degré de digitalisation. Par exemple, les niveaux de digitalisation entre la Corée du Sud et la Russie sont très différents, et les cryptomonnaies sont beaucoup plus répandues en Corée du Sud qu’en Russie.

Les États les plus aptes à laisser faire cette dynamique monétaire sont donc globalement les États les plus digitalisés. À l’inverse, les États moins digitalisés et moins compétitifs subissent des externalités négatives des cryptomonnaies, puisque le succès des cryptomonnaies s’établit plus par réticence au système monétaire traditionnel que par confiance dans les innovations.  

Certains États comme la Chine sont donc plus à même de tenter d’instaurer un monopole d’État sur les cryptomonnaies, avec une monnaie numérique d’État, qui aurait le soutien de la loi. Le marché des cryptomonnaies est en effet par nature encore très centralisé. Le Bitcoin représente à lui seul 60% du marché total tandis que le nombre d’utilisateurs tend à augmenter très fortement et devrait dépasser les 200 millions dans les prochaines années. Une régulation centrée sur quelques cryptomonnaies suffirait à réduire fortement l’expansion du marché au profit d’autres cryptomonnaies.

Les enjeux derrière les cryptomonnaies

États et cryptomonnaies : la participation n’est plus une option !

JP Morgan, UBS, Deutsch Bank, Facebook, et bien d’autres sont autant de noms qui ont lancé leur(s) propre(s) cryptomonnaies. Ces grandes entreprises peuvent avoir pour objectif d’augmenter la productivité (rapidité, sécurité, etc.) et leur indépendance (éviter l’euro, le dollar, etc.) ou encore développer un potentiel de marché dans certaines régions du monde. Deux dynamiques sont ainsi à différencier ici :

  1. D’une part, il y a les entreprises comme Facebook qui cherchent à accentuer la mondialisation financière, ce qui est une menace indirecte pour les États. Le projet Libra annoncé en 2019 a suscité tellement de peurs gouvernementales qu’il a été remplacé par un projet moins ambitieux, Diem. L’objectif sera d’offrir une cryptomonnaie capable de s’adresser aux pays émergents principalement (plus de 30% de la population mondiale n’a pas de compte en banque, mais peut accéder aux cryptomonnaies via les smartphones).
  2. D’autre part, il y a la diffusion des cryptomonnaies au sommet des institutions et de l’économie. De plus en plus de grandes banques, de fonds et d’entreprises utilisent les cryptomonnaies pour des transactions interbancaires, ou encore pour la gestion de leurs paiements et factures, etc… La diffusion des cryptomonnaies au niveau interbancaire signifie une perte de souveraineté naturelle des États et surtout des banques centrales.

En bref, développer les cryptomonnaies pour les États n’est plus une option pour une large majorité d’entre eux ! L’ampleur des cryptomonnaies n’est pas négligeable. Le marché des cryptomonnaies représente à lui seul en termes de valorisation près de 13% de la valorisation de tout l’or disponible sur terre. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous renvoie à mon livre.

Guerre économique et monétaire ?

Les cryptomonnaies soulèvent des enjeux mondiaux graduels. Les unes après les autres, les banques centrales de la plupart des grands pays ont annoncé leur intérêt pour les cryptomonnaies. Beaucoup de banques centrales sont pour l’instant dans une phase de tests et de préparations. Certaines annonces devraient être réalisées entre l’été et l’hiver 2021, concluant sur la position des banques centrales.

Sur le projet de l’euro numérique, Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE déclare : « Nous devons nous assurer que notre monnaie est prête pour l’avenir. L’inaction n’est pas une option. ». Les Banques centrales sont entrées dans une véritable course aux cryptomonnaies, et la participation d’une banque centrale à ces projets oblige la plupart des autres banques centrales à suivre.

Certaines banques centrales voient dans les monnaies numériques une véritable guerre économique, dans la mesure où l’économie du futur réside probablement dans l’économie numérique. Seuls les États les plus avancés, ceux qui aujourd’hui prennent les risques, pourront être dotés d’une compétitivité plus forte dans les domaines économiques et financiers.

À cela, s’ajoute une guerre monétaire. Initialement, les cryptomonnaies n’ont pas de nationalité. Les cryptomonnaies présentent cet avantage absolument considérable de pouvoir effectuer des transactions partout dans le monde de manière rapide et sécurisée, ce qui n’est pas le cas des monnaies traditionnelles. En plus de cela, l’ancien ordre monétaire flottant faiblit. Les politiques monétaires centrales menacent (très partiellement encore) la prédominance du dollar et des systèmes actuels de devises. Certains pays voient dans les cryptomonnaies la possibilité de s’imposer dans un nouveau système monétaire plus décentralisé.

L’exemple de la Chine !

« La Chine doit devenir la première nation à émettre une monnaie digitale dans son effort d’internationalisation du yuan afin de réduire sa dépendance au système mondial de paiement en dollars. ».

Dong Ximiao, Chief analyst at Merchants Union Consumer Finance

Les ambitions de la Chine en matière de cryptomonnaies sont extrêmement fortes et la Chine semble prendre une avance non négligeable dans cette course aux monnaies numériques. La Banque populaire de Chine a développé un Yuan numérique, officiellement nommé Digital Currency Electronic Payment (DCEP). L’émergence de cette monnaie numérique est le résultat de projets d’études lancés dès 2014 et 2017 (création de l’institut de recherche en monnaie numérique).

La Banque Populaire de Chine voit divers avantages à l’utilisation d’une telle monnaie. Il s’agit principalement de :

  1. instituer une “anonymité contrôlable”, pour théoriquement retracer les activités illégales à un certain degré
  2. mettre un terme au monopole des systèmes de paiements de grandes entreprises comme Ant Group ou WeChat Pay (Tencent).

La Chine est un immense marché de consommation avec presque 1,4 milliard d’habitants, soit plus de 17% de la population mondiale. L’utilisation des cryptomonnaies en Chine, qui pourrait progressivement devenir une réalité avant la fin de cette décennie au rythme actuel des recherches, changerait indéniablement la position des États asiatiques, d’Eurasie et d’Afrique sur la question. La position de la Chine sur les cryptomonnaies est plus impérialiste et peut-être moins décentralisée qu’en Occident.   

En définitive, une grande majorité d’États semblent prendre un chemin favorable aux cryptomonnaies. L’interdiction des cryptomonnaies concerne pour l’heure une minorité de pays tandis que les pays les plus intégrés au marché sont beaucoup plus souples sur la diffusion des cryptomonnaies. La hausse continue du nombre d’utilisateurs dans les prochaines années devrait conduire à une considération plus sérieuse encore des États sur la question. Du fait de la structure mondialisée de nos économies, aucun État intégré ne peut s’opposer directement aux cryptomonnaies (risque de perte en compétitivité, etc.). La diffusion des cryptomonnaies au niveau financier et économique ainsi que les enjeux internationaux et électoraux, ne devraient pas globalement nuire à la continuité des tendances actuelles. La seule limite serait de voir l’apparition de monnaies virtuelles de banques centrales qui pourraient créer une sorte d’éviction des cryptomonnaies originelles.

Plus d’actions
Partagez

( Rédacteur )

Auteur de plusieurs livres, rédacteur économique et financier sur plusieurs sites, je noue depuis de nombreuses années une véritable passion pour l’analyse et l’étude des marchés et de l’économie.

DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
Back To Top

Newsletter

Recevez le meilleur de l’actualité Crypto dans votre boite email

Inscription Newsletter

Archives

Lire les dernières Newsletters
Cliquez ici

Coaching Gratuit

Obtenez gratuitement un coaching
d'une heure avec un expert
Remplissez le formulaire
et notre expert vous contactera 
sous 24 heures

© Copyright Cointribune - tous droits réservés

Agence Tempo