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Blockchain et stockage décentralisé : qu’en est-il vraiment ?

Dans un contexte agité par la crise sanitaire, l’année 2020 a affronté une multitude de challenges en réponse à l’épidémie qui a bouleversé de nombreux paradigmes de fonctionnements de nos instances et entreprises. Une hausse de la cybercriminalité ainsi que les discussions au cœur du RGPD tendent à mettre en lumière la nécessité d’être maître de nos données et de leurs utilisations. La décentralisation et la distribution de la donnée apparaissent ainsi comme une véritable considération de soutien aux enjeux de transparence de la donnée. Alliées à la blockchain, ces technologies également décentralisées offrent de nouvelles perspectives. Focus sur le sujet du stockage décentralisé avec Mickael Canu, fondateur du projet Ternoa, pour TheCoinTribune. 

La centralisation de la donnée pose aujourd’hui plusieurs limites majeures. Pourrais-tu nous en développer les principales considérations ?

C’est un véritable débat, récurrent depuis plusieurs années.

La centralisation de la donnée, ou plus simplement le fait de confier la donnée à une instance unique, est mise en lumière car elle est utilisée par les services de cloud computing. Dans l’esprit collectif, on a souvent tendance à confondre la centralisation de la donnée avec la réunion de donnée, l’un sous-entend une instance tandis que l’autre suggère une collecte.

On peut prendre l’analogie avec une maison ; un système centralisé c’est un système où il n’y a qu’une porte unique d’accès. A contrario, dans un système distribué de données, il y a plusieurs accès à la maison et donc à son contenu. Lorsque l’on centralise de la donnée, et là, je vais utiliser le cas extrême du disque dur que l’on stock chez soi, on n’est par ailleurs pas à l’abri de l’incident de quelque nature qu’il puisse être ; vol, dégradation, mauvais backup, on pense bien trop souvent que cela n’arrive qu’aux autres mais ce n’est pas le cas.

Ce que je veux dire ici, c’est que la centralisation de la donnée est intimement liée avec les enjeux de sécurité de celle-ci. Ainsi, lorsque sur Google Drive on “drag & drop” un fichier, certes c’est efficace et centralisé, mais on ne crypte absolument rien, ce qui d’un point de vue sécurité est assez moyen. Quand bien même cela serait crypté, le tiers de confiance employé, ici Google, serait dans l’absolu tout à fait apte à décrypter ta donnée, car tout est centralisé. 

Des technologies comme la blockchain ou les DAG proposent une forme de décentralisation de la donnée, mais de manière peut être lacunaire sur plusieurs aspects, pourrais-tu développer cette considération ?

Pour revenir sur l’absence d’organe central de contrôle dans le cadre de la décentralisation, je considère qu’une blockchain n’est pas une blockchain si elle est détenue par un tiers, son principe fondamental est d’être un outil donné au service de la communauté, avec tout ce que cela implique ; un projet open source et une gouvernance décentralisée notamment. En ce qui concerne la gestion d’un stockage de données, il est plus pertinent je pense de considérer l’ensemble des différents types de registres distribués (blockchain, DAG, Hyperledger, etc…). Par ailleurs, la plupart des réseaux blockchain actuellement déployés ne sont pas conçus pour stocker des fichiers, la preuve en est que le coût pour déposer des fichiers légers sur ces réseaux est très élevé. Il faut penser la décentralisation de la donnée via la blockchain comme un outil et non une finalité. 

La décentralisation de la donnée va naturellement plus loin que l’usage de registre comme la blockchain, des technologies comme l’IPFS se développent également en parallèle. Pourrais-tu introduire nos lecteurs à ce format de distribution du stockage de la donnée et ses interactions avec la blockchain ?

IPFS pour Inter Planetary File System, c’est un réseau en Peer-to-Peer de stockage de données. Quand on considère le stockage de la donnée, les solutions potentiellement exploitables sont très hybrides.

Tout repose sur la façon dont on conçoit le stockage et le transfert de l’information. Par exemple, lorsque l’on utilise des services de stockage qui exploite la blockchain, ce n’est pas directement le fichier que l’on stocke sur le réseau, mais dans la grande majorité des cas c’est un hash. On pourrait considérer le hash comme un lien vers notre fichier. Associés ensemble, blockchain et IPFS peuvent être très efficaces pour stocker de la donnée : on allie efficacement registre du stockage et stockage effectif.

Dans ces modèles, ce sont les utilisateurs du réseau qui participent au stockage de la donnée, en recevant un morceau de fichier. Ce morceau de fichier est partagé en plusieurs copies sur plusieurs utilisateurs afin de garantir la décentralisation de son stockage.

Par la suite, lorsque l’on souhaite récupérer le fichier, il faut le réassembler, et donc passer efficacement par le réseau qui collecte les différents morceaux afin de nous le restituer. Il existe plusieurs projets à l’heure actuelle qui se placent dans ce monde-là, on peut citer notamment Filecoin, Storj, et Airwave. En réalité, pour moi, le vrai enjeu de développement de ces solutions repose bien souvent plus dans l’UX (expérience utilisateur) que dans les défis techniques de réalisation. Pour résumer, blockchain et technologies de stockage décentralisé comme IPFS doivent être croisées selon moi.

C’est même aujourd’hui une véritable opportunité de compétitivité économique, car aussi étonnant que cela puisse paraître, la solution décentralisée de stockage, bien qu’elle implique de nombreuses copies d’un même fichier, coûte significativement moins cher qu’un stockage classique centralisé.

Ternoa, le projet que tu portes est un cas d’usage de cette association. Pourrais-tu nous introduire à l’use-case ? 

Ternoa est une blockchain destinée au chiffrement de stockage et à la transmission de données. Nous développons une blockchain qui s’adonne à répondre à du stockage intemporel de données. 

Ternoa permet ainsi de chiffrer et de crypter les données : quand on souhaite utiliser le service pour stocker un fichier, on met en place une capsule temporelle dans laquelle on stocke toutes les données que l’utilisateur souhaite et que nous compressons. Le système remet alors une clef à l’utilisateur dont il est l’unique détenteur et qui permet le décryptage du contenu de la capsule temporelle.

Quant à l’information chiffrée, elle est découpée en de très nombreuses parties et distribuée chez les différents utilisateurs du réseau qui ne peuvent rien faire d’autre si ce n’est la stocker. On passe par plusieurs opérateurs de décentralisation, car l’on souhaite pouvoir garantir la viabilité de notre système même dans les pires scénarios. La recomposition des fichiers est gérée off-chain, c’est-à-dire en dehors du réseau blockchain, également grâce à un système de clefs.

Plusieurs protocoles encadrent la délivrance de la capsule temporelle, qui est en réalité un NFT. Les utilisateurs du réseau sont par ailleurs rémunérés à l’aide de notre token pour accepter de stocker de la donnée. Je pense que Ternoa est un très bon exemple de couplage entre registre distribué et stockage distribué, qui permet même d’y mêler une dimension de tokenomie : c’est également un avantage du stockage décentralisé.

Le stockage décentralisé semble particulièrement modulable. Au cœur des thématiques contemporaines concernant les enjeux de la donnée, de nouvelles technologies et de nouveaux couplages émergent afin de bousculer les différents paradigmes de stockage centralisé de la donnée. De nombreux projets voient le jour avec pour ambition de changer ces paradigmes en faveur d’un écosystème décentralisé et distribué. Cependant, ces services ne sont encore qu’aux balbutiements de leurs existences et de leurs développements, ce qui implique de considérer leur potentiel avec prudence notamment d’un point de vue sécurité et efficacité. Mais qui sait, peut-être que dans quelques millénaires, l’ouverture de capsules temporelles de Ternoa datant de notre époque viendra bousculer la conclusion de mon article et prouvera le caractère inéluctable du stockage décentralisé. 

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( Rédacteur )

Issu du monde médical, je nourris un vrai intérêt pour les blockchains. Je suis convaincu que ces technologies seront un véritable axe de pivotement dans les années à venir. Je suis également un grand enthousiaste de la DeFi.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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