Le grand comparatif des technologies blockchain publiques ! (Partie 1)

sam 24 Avr 2021 ▪ 14h00 ▪ 11 min de lecture - par Guillaume Moret Bailly

Ethereum, Binance et Cardano ont un point commun : derrière chacun de ces noms se cache une technologie blockchain publique. En effet, la technologie blockchain est la brique sous-jacente aux cryptomonnaies, mais aussi à d’autres cas d’usage qui profitent des caractéristiques intrinsèques d’une blockchain publique : un registre publique de transactions, une sécurisation des transactions au moyen de procédés cryptographiques et des échanges réalisés de paires à paires sans tiers de confiance. 

Présentation des critères de notre comparatif

Si Ethereum a construit depuis 2015 une position dominante sur le marché des technologies de type blockchain publique, la concurrence n’a jamais été aussi rude avec d’autres acteurs qui viennent proposer de nouvelles fonctionnalités et des performances accrues alors que l’écosystème blockchain cherche à déployer des cas d’usage à plus grande échelle. Alors, qui sont ces acteurs qui veulent inventer le nouveau standard de blockchain publique ?

Pour le découvrir, nous vous proposons dans cet article d’analyse de réaliser un tour d’horizon des différentes technologies blockchain publiques du marché. Pour ce faire, nous avons retenu les critères ci-dessous, ceux-ci vont nous permettre de distinguer les éléments différenciants des blockchains que nous allons passer au crible. 

  1. Gouvernance : quel est le consensus de validation des blocs utilisé ? (Preuve de travail, preuve d’enjeu, preuve d’enjeu déléguée etc… ) 
  2. Performance : combien de transactions par seconde peuvent être supportés sur le réseau ? 
  3. Communauté : combien de nœuds sont actifs ? Quelle est la communauté de développeurs derrière la technologie ? 
  4. Smart contracts : est-ce que la technologie permet de déployer des smart contracts ? 
  5. Cas d’usage : quels sont les cas d’usage qui utilisent la technologie ? 

Ethereum 

Ethereum a été fondé en 2015 par Vitalik Buterin et Joseph Lubin, deux figures maintenant incontournables de l’écosystème blockchain et cryptomonnaies. Ethereum est une technologie de blockchain publique open source décentralisée dont la cryptomonnaie associée est l’Ether (ETH). 

  1. Gouvernance : le consensus de validation des blocs actuellement utilisé sur Ethereum est celui de la preuve de travail (Proof of Work), très énergivore, ce consensus devra être remplacé par celui de la preuve d’enjeu (Proof of Stake) dans la version 2.0 d’ethereum dont nous suivons l’évolution de près sur cointribune. 
  2. Performance : la blockchain Ethereum permet de soutenir environ 15 transactions par seconde. La version 2.0 doit permettre une amélioration très importante de cette caractéristique avec des niveaux potentiels allant au-delà des 100 000 transactions par seconde. 
  3. Communauté : Il y a environ 8000 nœuds actifs sur le réseau Ethereum avec une très large communauté de développeurs qui codent, créent des applications décentralisées et des smart contracts sur le réseau. 
  4. Smart contracts : Le réseau Ethereum permet aux développeurs de créer des smart contracts, des applications décentralisées et des tokens. Il existe un langage de programmation spécifique sur Ethereum appelé “Turing complete”. 
  5. Cas d’usage : les cas d’usage de la technologie blockchain Ethereum sont nombreux, selon une étude Gartner, la majorité des cas d’usage de l’écosystème blockchain utilise le réseau Ethereum. La technologie a notamment permis de soutenir le phénomène des ICO en 2017 en permettant de créer des tokens basés sur le standard ERC-20. Ethereum supporte également le phénomène des NFT avec une première application datant de 2017 avec les Crypto Kitties et qui s’est étendue au monde de l’art, du sport et du show business depuis le début d’année 2021. Enfin le phénomène de la DeFi est largement supporté par Ethereum avec un grand nombre de smart contracts basés sur le réseau co-fondé par Vitalik Buterin. 

Niveau de maturité global de la blockchain publique Ethereum 1.0 : 3,4/5

Vous l’avez compris, Ethereum est une des pierres angulaires de l’écosystème blockchain, c’est sans nul doute le réseau le plus utilisé pour créer et développer des cas d’usage d’applications décentralisées et de smart contracts. Néanmoins, comme annoncé en introduction, la concurrence est rude, c’est ce que nous allons découvrir maintenant. 

Binance 

Au-delà d’être devenue la plateforme phare pour acheter et vendre des cryptomonnaies depuis sa création en juillet 2017 à la suite d’une ICO qui avait permis d’émettre les premiers Binance coins (BNB). Binance et son CEO star Changpeng Zhao aka CZ, ont lancé en avril 2019 la Binance Chain, la technologie de blockchain publique développée par Binance afin de s’émanciper notamment du réseau Ethereum qui leur avait permis de réaliser leur ICO. La Binance Chain a été développée pour maximiser la performance avec des transactions ultra rapides. En parallèle de la Binance Chain, c’est la Binance Smart Chain qui intervient pour permettre de créer des smart contracts. 

  1. Gouvernance : le consensus de validation des blocs sur la Binance Smart Chain est de type preuve d’enjeu (Proof of Stake). Les participants peuvent ainsi staker des BNB pour participer à la validation des blocs et ainsi recevoir une partie des frais de transaction lorsqu’ils soumettent des blocs valides. 
  2. Performance : La Binance Smart Chain permet de soutenir une moyenne de 60 transactions par seconde, un niveau plus élevé qu’Ethereum grâce notamment à son consensus de validation des blocs. 
  3. Communauté : On dénombre environ 40 applications décentralisées développées sur la Binance Smart Chain, c’est encore loin des plus de 650 Dapps actives sur Ethereum mais c’est un démarrage en fanfare pour Binance, qui regroupe autour de son réseau des développeurs attirés par des transactions rapides et des frais de transactions faibles. 
  4. Smart contracts : La Binance Smart Chain, comme son nom l’indique, permet au développeur de créer des smart contracts. De plus, un point important à noter est que les smart contracts Ethereum sont également supportés par la Binance Smart Chain. 
  5. Cas d’usage : Les applications développées sur la BSC visent principalement le secteur de la DeFi. On peut notamment citer Pancake Swap, la plateforme d’AMM de la BSC mais aussi Venus, similaire aux protocoles DeFi de type Compound ou Aave. Si sur Ethereum le standard de création de tokens sur la blockchain est le ERC-20, sur BSC, il s’agit cette fois-ci du standard BEP-20. 

Niveau de maturité global de la blockchain publique Binance Smart Chain : 3,6/5

Binance avec sa Smart Chain apparaît ainsi comme une alternative pour l’écosystème DeFi, notamment afin de pallier aux limites de scalabilité et aux frais de transactions trop importants. 

Cardano 

Débuté en 2015, le projet Cardano a notamment été porté par Charles Hoskinson qui faisait partie de l’équipe fondatrice d’Ethereum. Cardano est un projet open source qui souhaite s’améliorer constamment en demandant de manière constante à des chercheurs spécialisés dans les technologies blockchain, en cryptographie etc… de donner leur avis sur la roadmap de Cardano afin de l’améliorer. Début 2017, l’ICO réalisé a permis de lever plus de 62 millions de dollars pour financer le projet au travers des tokens associés au réseau, nommés ADA. Le projet Cardano vise ainsi à proposer un réseau blockchain  décentralisé permettant de créer et de maintenir des smart contracts à grande échelle grâce à un système de gouvernance adapté. Poursuivant la philosophie de transparence inhérente aux technologies de blockchain publique, la roadmap des avancées des équipes de développeurs travaillant sur le projet est constamment mise à jour. 

  1. Gouvernance : les chercheurs et développeurs ayant travaillé sur le projet ont opté pour la preuve d’enjeu -Proof of stake- comme mode de consensus de validation des blocs. Ils ont développé un protocole spécifique nommé “Ouroboros” basé notamment sur des mécanismes mathématiques qui permettent d’assurer que le réseau se développe correctement tant que 51% des détenteurs des ADA stakés sont détenus par des validateurs honnêtes. 
  2. Performance : au moment de son lancement en 2017, la blockchain Cardano était en capacité de traiter 257 transactions par seconde, en 2020, Charles Hoskinson a publié un document expliquant qu’avec le déploiement d’une solution de type Layer 2, Cardano pourrait être en capacité de scaler à hauteur d’1 million de transactions par seconde. 
  3. Communauté : Cardano a su développer une communauté de chercheurs et de scientifiques très engagée dans le projet. La société IOHK de Charles Hoskinson est le véritable moteur du développement du réseau avec environ 250 personnes travaillant à plein temps sur le projet. 
  4. Smart Contracts : La phase de développement actuelle de Cardano intitulée “Goguen” est dédiée à développer les fonctionnalités de smart contracts sur le réseau. L’objectif est de rendre accessible la création de smart contracts dans le secteur de la finance notamment grâce à des outils de création accessibles ne nécessitant pas d’un background important en développement informatique. 
  5. Cas d’usage : Encore en développement, le réseau Cardano ne présente pas un très grand nombre de cas d’usages actifs. Néanmoins, la phase actuelle devra permettre de développer une utilisation de smart contract de le secteur de la finance mais également de créer des cryptomonnaies ainsi que des tokens non fongibles. 

Niveau de maturité global de la blockchain publique Cardano : 3,2/5

Cardano est donc un projet de blockchain publique déjà bien avancé et en constante amélioration grâce aux nombreuses têtes pensantes qui y contribuent. La transparence quant aux différentes phases du projet et la communauté autour de Cardano en font un réseau à suivre de prêt même si celui-ci ne présente pas encore de cas d’usage actif hormis la cryptomonnaie ADA. 

Conclusion : les blockchains de “3ème génération” à l’attaque d’Ethereum

On peut en effet distinguer le Bitcoin qui définit le réseau blockchain de première génération permettant de créer une cryptomonnaie unique échangeable sur un réseau décentralisé sans organe de contrôle, la deuxième génération est elle représentée par l’arrivée des smart contracts et des Dapps avec Ethereum. Les troisièmes générations de réseau de blockchain publique comme Binance smart chain et Cardano que nous avons observé dans notre comparatif visent à augmenter la scalabilité des réseaux blockchain pour permettre de déployer des usages à plus grande échelle. Pour faire face à ces attaques, Ethereum développe actuellement une version 2.0 de son réseau, la question est maintenant de savoir si celui-ci arrivera à temps ou si une autre technologie de blockchain publique prendra le relais. Rendez-vous au prochain article pour ajouter les technologies Ripple, Iota, Polkadot et Cosmo ! 

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Guillaume Moret Bailly

Passionné des technologies Blockchain et des cryptomonnaies depuis plusieurs années, je crois fermement à l’adoption massive qui arrive. Toujours à l'affût des dernières tendances sur le marché des cryptomonnaies, je prends plaisir à partager avec vous tous ses secrets !

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