Bitcoin (BTC) 100% eco-friendly : où en sommes-nous ?

ven 20 Août 2021 ▪ 11h35 ▪ 9 min de lecture - par Clément Cauffet

Qu’on le veuille ou non, les cryptos polluent ! En effet, des puissances de calcul démentielles sont nécessaires pour valider la majeure partie des transactions blockchain de la planète. Les coupables ? Les consensus Proof of Work (PoW) ! Quelles sont les solutions pour rendre l’écosystème crypto plus éco-responsable ? Peut-on même caresser ce rêve ? Voyons ça ensemble !

L’importance des enjeux climatiques

Ce n’est un secret pour personne, la planète va mal ! Le réchauffement climatique tient une place importante dans les débats géopolitiques et de nombreuses actions, jugées insuffisantes, sont menées par les Etats pour freiner ce phénomène. Les accords de Paris signés en 2016 visaient en effet à réduire l’impact négatif de l’Homme sur la planète et à fixer des objectifs clairs d’ici à 2100. Un récent rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a rappelé la situation d’urgence concernant le climat et, fatalement, les cryptomonnaies en ont pris pour leur grade !

Vous n’êtes pas sans savoir que les cryptomonnaies, et les technologies blockchain en général, ont besoin d’électricité pour fonctionner. Nous verrons dans la suite de ce document que l’impact sur l’environnement dépend fortement du consensus de la blockchain en question, mais il me paraissait pertinent de présenter quelques chiffres sur la consommation énergétique du Bitcoin.

Bitcoin, l’usine à charbon ?

Nous l’avons vu en introduction, les consensus Proof of Work sont les plus énergivores. Pas de bol pour le Bitcoin, c’est exactement grâce à celà que ses transactions sont validées actuellement. Pour expliquer brièvement pourquoi ces algorithmes consomment énormément, dîtes-vous juste que des milliers de machines vont répéter la même opération des dizaines de millions de fois, sans arrêt, pour valider des transactions.

Le Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index (CBECI) estime actuellement la consommation totale du réseau Bitcoin à 87,30 TWh, soit environ 0.5% de la consommation électrique mondiale. Ces chiffres sont en constante augmentation, à mesure que le Bitcoin se popularise. Le graphe ci-dessous vous montre cette évolution :

La forte baisse de cette consommation du Bitcoin, survenue fin juin / début juillet 2021, correspond aux mesures chinoises ayant bannies le minage de cryptomonnaies. Même si ces nouvelles ont temporairement fait du bien à la planète, les mineurs ont su se relocaliser notamment aux Etats-Unis, d’où la reprise très bien représentée sur le graphe. Cependant, je doute que la Chine ait interdit le mining pour des raisons écologiques, mais laissons les débats géopolitiques de côté voulez vous ?

Bon, on a validé que le Bitcoin consommait pas mal d’énergie ! De plus, la crypto mère souffre d’une mauvaise pub des grands de ce monde.
Un des événements marquants du bull run de début d’année a été l’acceptation des paiements en Bitcoin par Tesla annoncé par le prodige controversé Elon Musk. Moins de deux mois après cette milestone, le milliardaire déclarait arrêter les paiements en Bitcoin car le mining et les transactions Bitcoin polluaient trop : mauvais pour l’image de l’entreprise. Il avait toutefois ajouté que Tesla envisagerait de reprendre les cryptomonnaies si plusieurs études validaient que le Bitcoin était supporté à 50% par de l’énergie renouvelable. 

Quelles alternatives ?

Vous l’aurez compris, le Proof of Work n’a pas le vent en poupe, d’autant plus que de  nouveaux consensus, moins demandeurs en énergie, émergent de plus en plus. Le plus connu, le Proof of Stake (PoS, preuve d’enjeu) fait du tort au Bitcoin. Détaillons cela ensemble.

De nombreux projets blockchain ont recours à ces consensus plus respectueux de l’environnement : Cardano (ADA), Polkadot (DOT), Solana (SOL), etc. (On se garde Ethereum (ETH) sous le coude pour la fin !). En bref, des détenteurs de tokens, validateurs, sont choisis pour valider les transactions. Fini les hash successifs et les étagères remplies de machines sur des kilomètres.

La différence est de taille : un consensus PoS consomme environ 99% de moins qu’un consensus PoW ! De plus, la scalabilité du réseau n’est pas dépendante du nombre de machines qui y sont connectées, ce qui augmente sa stabilité pour des frais de transaction moindres.

Une question légitime serait de se demander : pourquoi le Bitcoin n’est pas en Pos ? Tout simplement car il était là en premier, et que ce type de consensus n’existait pas encore.

Parlons maintenant du réseau Ethereum. Ce dernier attire tous les regards depuis que Vitalik Buterin a annoncé une transition du PoW vers le PoS : Ethereum 2.0. Actuellement deuxième plus grosse cryptomonnaie en market cap, Ethereum tend à dépasser Bitcoin, jugé trop archaïque. Plusieurs solutions s’offrent à Bitcoin, comme évoluer vers un consensus PoS, mais la plus probante pour continuer à faire la course en tête reste de se mettre les défenseurs du climat dans la poche.

Un regard vers l’avenir

En résumé, le Bitcoin se doit d’être plus éco-responsable pour durer, sans quoi il se fera happer par les blockchains moins énergivores ! Cela tombe bien, la communauté a bien compris ces enjeux et de nombreuses initiatives sont en cours pour le rendre plus vert.

Un rapport du Bitcoin Mining Council (BMC) fondé par Michael Saylor, rapportait que 56% de l’énergie utilisée par le réseau Bitcoin provenait d’énergies renouvelables. Je vous laisse lire ce rapport pour les détails et sources des estimations. Elon Musk avait réagi à cette nouvelle, lui qui devait ré-étudier la possibilité d’accepter le Bitcoin au-dessus de 50% d’énergies renouvelables, en précisant que Tesla se pencherait sur la question si d’autres études validaient ce postulat.

Le président du Salvador, Nayib Bukele, souhaite lui aussi apporter sa pierre à l’édifice. Après avoir fait du Bitcoin une monnaie nationale dans son pays, il a indiqué mettre à profit les volcans présents en nombre au Salvador pour alimenter des fermes de mining de cryptomonnaies. En utilisant la géothermie et les volcans comme source de chaleur, il aspire à faire du Bitcoin une monnaie complètement plus respectueuse de l’environnement.

Un autre exemple des utilisations vertes des fermes de mining nous vient de chez nous, en la personne d’Owen Simonin, aka Hasheur sur internet. Dans une vidéo sur sa chaîne youtube, il expliquait avoir vendu, via sa société JustMining, du matériel de mining à EDF pour équiper ses barrages hydrauliques. En effet, l’eau s’écoule constamment à travers un barrage, même quand il y a moins besoin de fournir du courant à la population (en été par exemple). Par conséquent, les installations de mining ne fonctionnent que lors d’un surplus de production, évitant le gaspillage.

Prendre de la hauteur

Il est facile de taper sur les doigts de papa Bitcoin, cette technologie étant disruptive pour beaucoup de monde. Certaines personnes peuvent juger ces technologies comme inutilement polluantes en ce sens que le système financier traditionnel est déjà en place, inutile de le moderniser. 

Un argument pour répondre à cela est de regarder les dégâts de l’homme sur l’environnement pour aller chercher de l’or, réserve de valeur mondiale. On parle de milliers d’hectares de forêts partis en fumée, de quantités astronomiques de carburant pour extraire ce minerai et le traiter. Voyez vous même :

En positionnant le Bitcoin comme alternative à ces réserves de valeur, nous avons désormais une option durable qui satisfait tous les points de vue.

En conclusion, nous pouvons être optimistes sur l’impact des cryptomonnaies sur l’environnement dans le futur. De nombreuses initiatives visent à supporter les cryptomonnaies sur de l’énergie verte et proposer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Bitcoin devra continuer à renouveler un maximum d’électricité et s’imposer comme réserve de valeur plus éco-responsable que l’or afin de ravir le cœur des défenseurs de mère nature.

Clément Cauffet

Passionné d’innovation et de projets disruptifs, les technologies Blockchain ont rapidement attiré mon attention ! Je prends plaisir à évoluer dans cet écosystème bouillonnant et à en découvrir toutes ses facettes ! Pourquoi ne pas partager cela avec vous ?

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