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Chapitre 0 bis : La décentralisation & la blockchain

Blockchain. Ce mot vous est peut-être familier. Il vous l’est même très probablement si vous avez démarré la lecture de cette tribune. Pour les néophytes et autres étrangers de la notion, nous allons définir ensemble les concepts fondamentaux associés à la décentralisation de la donnée, avec un intérêt particulier pour les technologies de blockchain, mais sans s’y limiter, et nous verrons pourquoi par la suite. Ne soyez pas inquiets, je vous garantis qu’à l’issu de ce chapitre 0 bis : La décentralisation & la blockchain de la tribune Block de Santé, vous aurez amplement saisi le nécessaire pour comprendre les interactions avec le monde de la santé. 

La centralisation versus la décentralisation

Avant de pouvoir parler sereinement de blockchain ou tout autre technologie de registre, il faut impérativement saisir les définitions entendues ici par centralisé et décentralisée. La centralisation de la donnée se caractérise par le caractère unique et omnipotent d’un utilisateur d’un réseau quant à la gestion et la manipulation de la donnée stockée. Pour vulgariser le concept, nous pouvons comparer cela à une autorité au cœur du réseau, qui gère et modifie la donnée à son bon vouloir, sans avoir à demander l’avis des autres utilisateurs du réseau ni même les notifier à chaque mouvement ou modification de données. Ainsi, ce pouvoir détenu par un unique tiers du réseau définit le terme de centralisation : toute la donnée passe et est gérée par un unique  acteur. 

Cependant, la gestion centralisée, notamment lorsqu’elle est sensible s’accompagne de nombreuses considérations. La donnée a presque toujours eu depuis l’histoire de l’informatique, une gouvernance centralisée. Cependant, la centralisation laisse la porte ouverte à de nombreuses dérives, telles que de la falsification, la censure, ou bien de l’insertion frauduleuse de données. Évidemment, si le pouvoir de gestion est centralisé, beaucoup d’institutions ou d’organisations ne se sont absolument pas gênées depuis la nuit des temps numériques pour abuser de leur caractère omnipotent sur le réseau. Nous pourrions citer ici de nombreux exemples, mais nous nous égarerions sur notre propos. 

Ainsi en opposition à la centralisation vient la décentralisation. L’idée est de briser le caractère omnipotent d’un utilisateur sur le réseau en rendant chaque utilisateur des acteurs clef de ce même réseau. Ne vous en faites pas, je m’explique. En effet, dans une organisation de réseau centralisée, le gérant du réseau joue le rôle de certificateur de la donnée en quelque sorte dans la mesure où il est seul à ordonner le stockage de cette donnée et à pouvoir la modifier. C’est ici qu’il est important de considérer la notion de registre ; les données consignées dans un réseaux par le tiers administrateur centralisé de celui-ci les stocke dans ce que nous pouvons considérer être des registres, et ici, des registres centralisés. Ces registres centralisés ne sont pas forcément accessibles aux autres utilisateurs du réseau, car encore une fois, l’omnipotence du tiers administrateur centralisé permet d’en définir en long et en large les modalités d’accès. La transparence de la donnée s’en voit extrêmement atteinte pour les autres utilisateurs d’un réseau. Ainsi, la décentralisation tend à permettre à chaque utilisateur d’un réseau décentralisé d’avoir son mot à dire sur les informations consignées dans le registre en participant activement à l’écriture de données dans ces mêmes registres décentralisés. 

L’idée de décentralisation de la donnée, est de rendre garants de l’intégrité de la donnée du réseau plusieurs utilisateurs. En brisant l’omnipotence d’une autorité centralisée, la lutte contre les dérives de la centralisation est grandement facilitée. Il faut cependant nuancer le propos car briser l’omnipotence d’un tiers ne veut pas forcément dire répartir son pouvoir de manière équitable avec tous les membres du réseau. En effet, si les différents détenteurs de pouvoirs d’un réseau décentralisé appartiennent au final à la même entité, le réseau n’a de décentralisé que sa forme (et nous verrons plus tard dans cet article que ce n’est tout de même pas si incohérent que cela dans certains cas). 

Blockchain 

Si nous prenons la définition donnée par notre Ministère de l’Économie et des Finances, la blockchain peut se définir comme : 

« Une blockchain est un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie ».

D’accord, très bien me direz-vous. Mais concrètement, quelle est la différence entre un réseau décentralisé et blockchain ? Eh bien, la blockchain n’est pas une technologie décentralisée mais une technologie distribuée ! La différence réside dans le simple fait que des utilisateurs particuliers participent activement au maintien et à l’intégrité du réseau, ceux-ci sont qualifiés de « nodes ».

En effet, vous pouvez naturellement imaginer que si vous souhaitez ajouter de la donnée sur un réseau décentralisé, vous ne nourrissez pas spécialement l’ambition de devenir un membre actif de celui-ci assurant son intégrité, vous souhaitez seulement consulter ou émettre des données. Eh bien, contrairement à vous, certaines personnes trouvent un intérêt fort à garantir l’intégrité des réseaux, le plus souvent contre une incitation économique, et ce groupe d’individus sont appelés « nodes » du réseau. Ainsi, dans un réseau distribué, les nodes sont connectés entre eux en temps réel afin d’assurer un niveau de cohérence globale. Soufflez un instant, je vous pose une illustration ci-dessous afin que vous puissiez considérer mes propos plus facilement. 

Blockchain Solutions: The Way to Transform Your Business ...

La blockchain (ici sous-entendu blockchain public) est donc une technologie de registre distribuée. Ses principales caractéristiques sont : 

  • La transparence, chaque utilisateur du réseau pouvant accéder au contenu du registre peu importe son niveau d’implication dans le réseau (à nuancer, nous le verrons dans le paragraphe suivant). Par ailleurs, la transparence permet d’améliorer la traçabilité de la donnée, l’affaire de The Lancet et de l’hydroxychloroquine l’année dernière est un cas typique et révélateur de la nécessité de tracer la donnée en santé. 
  • L’immuabilité, les processus de cryptographie de la blockchain permet qu’une fois validée, une donnée ne peut plus être modifiée. Ce caractère immuable permet grandement de lutter contre la falsification. 
  • L’horodatage, une donnée inscrite dans le réseau se voit inscrite conjointement avec un horodatage ainsi qu’une identité de référence afin de la localiser dans le réseau.
  • La sécurité du réseau, il est extrêmement délicat de corrompre un réseau blockchain, car cela implique de corrompre plus de la moitié des nodes. 
  • La suppression des intermédiaires, car l’ensemble des nodes se mettent d’accord pour inscrire dans le réseau une donnée grâce à des consensus (terme technique signifiant qu’ils ont une manière systématique et inaltérable pour se mettre d’accord à chaque fois sur le caractère viable et légitime d’une donnée).

Petit focus sur les consensus. Il en existe de très nombreux, le plus célèbre étant la Proof-Of-Work, ou preuve de travail, mode de consensus de la blockchain Bitcoin qui est souvent décrié pour son caractère énergétivore d’électricité. Un node résout ainsi un calcul informatique complexe, et le premier node qui arrive à résoudre ce calcul, devient le node légitime à ajouter le prochain bloc de données au réseau, d’où l’appellation blockchain, a.k.a. chaîne de blocs ! L’ensemble des autres nodes enregistrent le nouveau bloc dicté par celui ayant résolu le calcul. Si un node dispose d’une autre version de la chaîne de bloc, avec par exemple un dernier bloc différent de celui des autres nodes, le réseau force alors ce node déviant à supprimer sa version incorrecte du dernier bloc et le remplacer par le bloc majoritaire. La vitesse d’ajout d’un bloc définit ainsi en quelque sorte la vitesse du réseau. Si l’aspect énergétivore de la blockchain vous effraie, sachez qu’il existe de nombreux autres modes de consensus que nous aurons l’occasion d’aborder qui consomment très peu d’énergie. Et puis je vous redirige vers cet article, si vous souhaitez également comprendre globalement la réalité écologique associée à la Proof-Of-Work, qui est souvent diabolisée par les médias classiques. 

Blockchain public vs Blockchain privé

Par ailleurs, nous distinguons également majoritairement deux grands types de réseaux distribués, à savoir les réseaux publics (les blockchains que nous avons évoquées précédemment) en opposition avec les réseaux privés. Dans un réseau privé, les utilisateurs doivent être approuvés pour rejoindre le réseau et y prendre un droit d’activité. Ces solutions de réseaux décentralisés & distribués privés sont majoritairement développés par IBM et leurs solutions HyperLedger. Cette blockchain privée est celle qui s’apparente comme la plus pertinente en ce qui concerne les applications dans le monde de la santé par les industriels pharmaceutiques. Nous aurons tout le loisir de revenir dessus dans la suite des tribunes. Ces blockchains privées présentent souvent des caractéristiques différentes des blockchains publiques que nous avons développées dans le paragraphe précédent. 

Ainsi, il est souvent considéré que les blockchains privées s’apparentent à des solutions pour les entreprises, car il est facilement concevable que les tiers privés ne souhaitent pas avoir un registre public des mouvements de leurs données. Nous relevons au sein des blockchains privées, deux grandes catégories qui se distinguent par la gouvernance effectuée sur le réseau. Ainsi, des blockchains privées partiellement décentralisées sont qualifiées de blockchain de consortium tandis que celles avec une gouvernance centralisée sont qualifiées de permisioned blockchain.

Dans des blockchains de consortium, chaque membre est un node du réseau. Il y a dans ce format, une logique de majorité pour valider l’ajout d’un nouveau bloc. Tandis que pour les permissioned blockchain, il existe un node central tout puissant dont la permission d’ajout d’un bloc est nécessaire pour que celui-ci s’inscrive dans le réseau. Naturellement, cette catégorie de blockchain privée fait très souvent débat dans son appellation, car nombreux sont ceux qui considèrent qu’elle ne mérite pas sa qualification de blockchain de par son aspect privé et sa gouvernance centralisée.

J’ai bien conscience que les nuances que je vous présente ici sont fines et parfois très difficile à figurer, mais garder seulement en tête qu’il n’existe pas de blockchain type, et nous reverrons au cas par cas plus tard ces différents types de réseaux privés, illustrés par des images et des use-cases du monde de la santé. 

Par opposition, les réseaux blockchains tels que Bitcoin ou Ethereum sont des blockchains publiques. Par exemple, l’ensemble des mouvements et transactions du réseau Ethereum sont disponibles publiquement via le site etherscan.io

Nous aborderons par la suite, plusieurs applications des différentes formes de blockchain dans l’industrie de la santé. Des initiatives sur des réseaux publiques tels qu’Ethereum existent, au même titre que des projets, impliquant notamment des industriels pharmaceutiques, se développent sur des modèles privés. Il est aussi important de relever que les technologies précédemment évoquées trouvent des applications dans bien d’autres domaines que la santé, notamment en finance, en service public, en gestion de l’énergie, supply-chain… Les bases étant posées, nous pouvons désormais nous intéresser au vif du sujet, et commencer à explorer les nombreuses applications de la blockchain dans le monde de la santé ! Par ici pour lire la suite !

Tribune Block de Santé : 

  • CHAPITRE 0 : INTRODUCTION ET FONDAMENTAUX DES ENJEUX DE LA DONNÉE EN MÉDECINE ET DU SOIN À L’AUBE DE 2021
  • CHAPITRE 0 BIS : LA DÉCENTRALISATION & LA BLOCKCHAIN
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( Rédacteur )

Issu du monde médical, je nourris un vrai intérêt pour les blockchains. Je suis convaincu que ces technologies seront un véritable axe de pivotement dans les années à venir. Je suis également un grand enthousiaste de la DeFi.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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