La blockchain est capable de transformer les services gouvernementaux

dim 26 Sep 2021 ▪ 14h30 ▪ 8 min de lecture - par Thomas Poirier

Les gouvernements utiliseront la blockchain non seulement pour des services fondamentaux tels que l’identification et le vote, mais comme programme-cadre de croissance économique.

Les gouvernements sont chargés d’offrir des services équitables et efficaces au public. Malheureusement, le fait d’assurer la transparence et la responsabilité entraîne souvent une réduction de l’efficience et de l’efficacité ou vice versa. Les gouvernements sont généralement obligés de choisir d’améliorer l’un au détriment de l’autre. Dans de rares occasions, la technologie arrive et permet aux gouvernements d’améliorer l’équité et l’efficacité.

Le passage des dossiers sur papier à des bases de données informatiques était l’une de ces technologies. Internet en était un autre et la blockchain est le prochain changement. Comme auparavant Internet, la blockchain améliorera non seulement la façon dont le public interagit avec les services gouvernementaux, mais elle aura de vastes implications économiques et sociales.

Comment le gouvernement peut utiliser la blockchain

La blockchain aura un impact large et varié sur les services gouvernementaux. Nous présentons quelques exemples prometteurs.

Identification 

L’identification est la pierre angulaire de l’interaction avec les services gouvernementaux, mais les systèmes actuels sont défectueux à bien des égards. 

Abordons seulement deux exemples. Premièrement, l’identification nécessite une infrastructure étendue et coûteuse. Alors que les pays développés bénéficient des avantages d’une identification nationale solide, de nombreux pays en développement ont du mal à fournir une identification solide. La Banque mondiale estime qu’environ 1 milliard de personnes n’ont pas de preuve officielle d’identité. 

Deuxièmement, les systèmes d’identité actuels ne sont pas sécurisés. Par exemple, le système d’authentification biométrique de l’Inde, connu comme Aadhaar, est vulnérable à un large éventail de fraudes, y compris celles impliquant des transferts de terres, l’acquisition de passeports, l’obtention de prêts, le vote et d’autres.

Les capacités de Blockchain s’alignent remarquablement bien pour atténuer les inconvénients susmentionnés. La conception décentralisée de la Blockchain rend son déploiement et sa coordination beaucoup moins coûteux que les conceptions centralisées. Sa nature trustless la rend plus sûre.

Approvisionnement

Les marchés publics représentaient 29% des dépenses des administrations publiques dans les pays de l’OCDE en 2013. L’injustice et le manque de transparence dans le cycle des achats ouvrent la porte à la corruption. L’OCDE estime que jusqu’à un tiers des investissements dans des projets de construction financés par des fonds publics pourraient être perdus à cause de la corruption.

Les solutions basées sur la blockchain ont le potentiel d’affecter presque tous les aspects du cycle des achats, tels que les réformes majeures en matière de transparence et de participation des parties prenantes. Ce projet pilote a conclu que, malgré les défis, «les systèmes d’approvisionnement en ligne basés sur la blockchain offrent des avantages uniques liés à la transparence des procédures, à la tenue de dossiers permanents et à la divulgation honnête.»

Vote

Malgré l’avènement de l’ère numérique, le vote par bulletin papier reste le mode de scrutin dominant. Cela est compréhensible, compte tenu de l’importance des élections pour le processus démocratique. Pourtant, les systèmes papier souffrent de problèmes liés aux coûts, au temps et à l’intégrité. Le remplacement du vote sur papier, connu sous le nom de machines à voter électroniques à enregistrement direct (DRE), a vu un succès mitigé. Le Brésil a introduit les DRE en 1996, mais des problèmes de sécurité persistent. Aux États-Unis le système DRE a été mis en œuvre en 2001. Cependant, les progrès et l’adoption ont ralenti à mesure que des incidents avec des machines DRE continuent de se produire.

En tant que technologie encore plus récente, la blockchain n’est pas encore prête à remplacer les systèmes de vote actuels, mais elle les renforce déjà. 

Par exemple, Cointelegraph en collaboration avec l’Université d’Indonésie, a mis en place un système de vérification indépendant basé sur la blockchain pour sécuriser les résultats des élections indonésiennes d’avril 2019 sur papier. Le projet a pu faire considérer 25 millions de votes juste après la fermeture des bureaux de vote. En revanche, les résultats officiels ne sont rendus publics qu’après des semaines.

Hors des services gouvernementaux

Les gouvernements expérimentant la blockchain commencent à la considérer comme une infrastructure essentielle. Ils commencent à comprendre qu’avoir une infrastructure blockchain est important pour libérer l’activité économique. Les gouvernements sont impatients d’avoir leur mot à dire dans l’élaboration de normes qui seront finalement adoptées à l’échelle mondiale. La Chine et l’Union européenne sont deux de ces leaders et développent toutes deux des initiatives de blockchain.

La Chine 

Les dirigeants chinois ont été extrêmement actifs dans leur soutien aux initiatives de blockchain. En décembre de 2016, la blockchain a été mentionnée dans le 13e plan quinquennal du pays comme une technologie d’importance stratégique au même titre que l’intelligence artificielle. Cela a été suivi par des dizaines d’administrations locales menant des projets pilotes se servant de la technologie pour des applications, des initiatives de ville intelligente à la protection de l’environnement. 

En octobre 2019, la Chine a testé son réseau Blockchain Service Network (BSN), décrit comme «Internet de blockchain», qu’elle a officiellement lancé en avril 2020.

Le BSN, en raison de l’ampleur et de la puissance de ses commanditaires, est sur le point de devenir le plus grand écosystème blockchain au monde. En Chine, le BSN constituera probablement la base d’une meilleure coordination entre les entreprises et le secteur public. Même au niveau international, l’attrait pour le BSN risque d’être important. On craint que le BSN soit potentiellement contrôlé et surveillé par le gouvernement chinois, mais ces préoccupations peuvent être négligées par les organisations qui cherchent un accès plus étroit aux entreprises chinoises et une intégration plus étroite avec elles. D’un autre côté, le motif du profit peut être dépassé par les craintes d’influence chinoise, en particulier si une viable infrastructure mondiale alternative de blockchain est disponible.

L’Union Européenne

Les efforts déployés au sein de l’Union européenne pour soutenir les initiatives de blockchain ont été proactifs de manière similaire à ceux déployés en Chine, bien qu’à une échelle inférieure et à un rythme plus lent. 

L’Observatoire et le Forum de la Blockchain de l’UE ont été créés en février 2018, conduisant à la formation du Partenariat européen de la Blockchain (EBP). En 2019, l’EPB a créé l’Infrastructure européenne de services Blockchain (EBSI), un réseau de nodes distribués à travers l’Europe. EBSI a sept cas d’utilisation spécifiques pour le développement de services gouvernementaux. 

Pour promouvoir la coopération public-privé, l’International Association for Trusted Blockchain Applications (INATBA) a été créée. Elle rassemble des fournisseurs et des utilisateurs de solutions blockchain avec des représentants d’organisations gouvernementales et d’organismes de réglementation du monde entier.

Alors que l’approche de l’Europe pour soutenir et encourager l’adoption de la blockchain se situe à une échelle inférieure et à un stade de progrès plus précoce que le BSN chinois, son engagement en faveur de l’ouverture, de la transparence et de l’inclusion signifie que les organisations internationales peuvent se sentir plus disposées à adopter les cadres développés.

Conclusion

La technologie Blockchain prend maintenant sa place en tant qu’infrastructure fondamentale pour les gouvernements avant-gardistes. La technologie a atteint les plus hauts niveaux d’importance stratégique nationale, comme en témoignent les efforts de la Chine et de l’Europe pour construire une infrastructure blockchain. Bien qu’il soit impossible de prédire exactement la forme que prendra l’infrastructure mondiale de la blockchain, ce qui est certain, c’est que la technologie est en pleine expansion.

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Thomas Poirier

Je suis sûr que la blockchain et les cryptomonnaies représentent le futur, et je veux faire passer cette idée à tout le monde car plus il y aura de monde à croire aux cryptomonnaies, plus vite le futur arrivera.

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