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Chute du cours du pétrole à 0$ : Qui osera encore reprocher sa volatilité à Bitcoin ?

mar 21 Avr 2020 ▪ 18h02 ▪ 5 min de lecture - par Hellmouth Banner

Un titre qui se veut bien sûr moqueur et décalé, histoire de marquer d’une pierre blanche un jour historique : celui où le cours du baril de pétrole a subi une chute si vertigineuse qu’il aurait pu faire la jalousie du dernier des shitcoins subissant un bon vieux Pump & Dump des familles. Retenez cette date, c’est celle où le capitalisme traditionnel a démontré son absolue irrationalité, et c’est également la date à partir de laquelle il deviendra un peu plus compliqué de critiquer Bitcoin sur sa supposée « volatilité ».

petrole bitcoin

Le cuir épais des traders de Bitcoin

Le secteur du trading et de l’investissement crypto est rempli de vieux guerriers, à la peau couturée de cicatrices nombreuses, héritées de chutes des cours aussi brutales qu’inattendues. Il se trouvera toujours un trader revenu de tout pour vous confier en fixant son verre de mauvais whisky : « j’y étais mon gars. J’étais là, le jour de la grande chute du 12 mars 2020… ».

Vous vous souvenez ? C’était à peine il y a quelques semaines, ces funestes 24h durant lesquelles Bitcoin (et l’ensemble du marché crypto) dévissait de 50%, chancelant face à la crise du COVID-19, rendu exsangue pas un retrait massif de liquidités par des investisseurs ayant perdu tout sens commun.

La chute vertigineuse de Bitcoin le 12 mars 2020

Le Bitcoin chutait alors aux alentours de 3000 dollars en l’espace de quelques heures, lui qui fanfaronnait quelques jours auparavant autour des sommet ensoleillés des 10 000 !

Et là, ça avait été l’hallali ! Le triomphalisme des haters classiques à la Peter Schiff faisait sourire jaune, cependant que Bitcoin était – encore – déclaré mort par la scène médiatique, victime de sa trop grande volatilité, de son absence de sous-jacent ou du fait qu’il ne constituait qu’une gigantesque bulle spéculative...

Mais depuis lors, la reine des devises reprenait doucement des couleurs. Là où le Dow Jones et le S&P500 ne continuaient à claudiquer que tenu sous perfusion de trillions de dollars imprimés pour l’occasion, Bitcoin relevait la tête, sans l’aide de personne, effaçant doucement et surement ses pertes. Hard Work pay off.

Et là, le 19 avril 2020, il s’est passé ça :

La mère de toutes les chutes

Le Figaro résume la situation : c’est du « jamais vu », le cours du baril de brut texan, le fameux WTI (pour West Texas Intermediate), plus qu’une cotation, carrément un symbole économique américain depuis près de 2 siècles a perdu en une journée….plus de 100% de sa valeur !

Il ne s’agit pas d’un bug, et vous avez bien lu : à une époque où la régulation boursière règne, ou les choses semblent sous contrôle, une valeur aussi tangible qu’un baril de 159 litres de pétrole est en mesure de perdre l’intégralité de sa valeur, et même de passer en territoire négatif !

C’est la réunion de circonstances très particulières sur fonds de crise du COVID-19 qui ont abouti à la situation la plus contre-intuitive qui soit : le baril de WTI nécessitait pour être vendu que les vendeurs versent de l’argent aux acheteurs…

S’agissant de la toile de fonds, on rappellera que la surproduction est actuellement historique, la demande étant inexistante. Imaginez qu’il est actuellement demandé aux supertanker transportant l’or noir de continuer à faire des ronds dans l’océan, pour ne pas rajouter des millions de barils de bruts à des espaces de stockages déjà saturés.

« La direction vient d’appeler : faut tout remettre sous terre…»

Dans ce contexte hors-norme, arrivait mardi le terme des contrats pour les livraisons de mai. Problème : plus le moindre acheteur à l’horizon. Rapidement les vendeurs de WTI se mettaient donc à brader leurs prix, allant jusqu’à proposer de l’argent aux acheteur pour littéralement avoir la gentillesse de les débarrasser de leurs stocks.

On connait donc la suite, une chute à pic, sans aucun palier, jusqu’à atteindre, puis passer sous la barre infamante des 0,00$.

On conviendra que ce qui vient de se passer relève de l’absolu épiphénomène, seulement autorisé par la conjonction improbable de multiples facteurs. Pour autant, vous saurez désormais quoi rétorquer désormais à ceux qui moqueront le comportement parfois turbulent de Bitcoin sur les marchés : « Heureusement que Bitcoin est plus stable que le cours du pétrole, hein… »

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Crypto-enthousiaste de la deuxième heure, rien n’a plus d’importance à mes yeux que d’accompagner l’adoption globale et la démocratisation des trésors que nous propose la blockchain.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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