Bitcoin : Le rallye de fin d’année est-il lancé ?

mer 22 Déc 2021 ▪ 11h30 ▪ 10 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le rallye de fin d’année BTC/USD a-t-il enfin démarré ? C’est ce que l’analyse On-Chain suggère, tout comme la crise énergétique qui va fortement aggraver l’inflation. Le resserrement monétaire (Fed/BCE) devrait également permettre au BTC de tailler des croupières aux indices boursiers.

Analyse On-Chain avec Glassnode

Dorénavant, cette analyse BTC/USD hebdomadaire commencera par un condensé de l’analyse On-Chain de Glassnode. Loin d’être une science exacte, plonger dans les entrailles de la blockchain du bitcoin permet toutefois de déceler des dynamiques potentiellement annonciatrices de baisses ou de hausses. L’analyse On-Chain est un outil incontournable pour les traders actifs.

Cette semaine, Glassnode a notamment passé en revue :

  • – L’âge des BTC étant majoritairement vendus ces dernières semaines (l’âge d’un BTC correspond au temps écoulé depuis son dernier mouvement sur la blockchain)
  • – La proportion des BTC affichant une perte latente (les BTC achetés à un prix supérieur au cours actuel)
  • – La part des BTC vendus à perte au cours des dernières semaines

La conclusion majeure est que la majorité des vendeurs avaient acheté leurs BTC durant les 3 à 6 derniers mois. Dit autrement, la baisse depuis l’ATH est le fait des « short term holders ».

D’après Glassnode, ce lundi, 24,6 % des BTC achetés l’ont été au-dessus de 47 000 dollars. Ce qui signifie que 3 BTC achetés sur 4 sont en profit. Un quart des BTC affiche une perte latente ou effective. Ces proportions étaient exactement les mêmes fin juillet, lorsqu’un BTC valait 32 300 dollars, et que le second bull run de l’année s’est enclenché.

Ces données suggèrent qu’un bottom est en place. Cette intuition est corroborée par le fait que la part des BTC vendus à perte s’est stabilisée au cours des deux dernières semaines, signifiant que les mains faibles ont toutes déjà vendu.

(Les BTC à droite de la ligne violette [We are here] sont en perte latente. Ceux à gauche sont toujours en positif) Source : Glassnode the-week-onchain-week-51-2021

Quoique décide de faire la promo BTC 2021, il apparaît que les entités ayant pour habitude d’accumuler des BTC sont très actives dernièrement :

« Les entités illiquides (dont l’historique montre au moins 75 % de transactions entrantes) ont vendu en mai en même temps qu’une grande partie du marché. Depuis, elles accumulent des BTC à un rythme plus de trois fois supérieur aux 900 BTC minés chaque jour. »

Enfin, Glassnode souligne que les BTC quittent les exchanges depuis le début du mois de novembre. « La moyenne mobile à 14 jours des entrées/sorties nettes de BTC des exchanges montre une sortie nette journalière d’environ 3000 BTC (150 millions de dollars). »

Tout ceci vient confirmer que les holders restent convaincus que le bitcoin va continuer sa marche en avant.

Énergie, planche à billets et inflation

Ce rapport de Glassnode fait suite aux réunions de politique monétaire de la Fed et de la BCE ayant eu lieu respectivement mercredi et jeudi dernier. Les deux banques centrales ont enfin décidé d’imprimer moins d’argent.

La Fed, qui imprimait/achetait toujours de la dette à hauteur de 120 milliards de dollars par mois en octobre, a décidé d’arrêter les frais. Après 105 milliards dépensés en novembre, les montants achetés vont progressivement baisser jusqu’à atteindre 0 en mars.

La BCE a quant à elle décidé de passer de 100 milliards d’euros par mois à 40 milliards au second trimestre 2022, puis 30 milliards au troisième trimestre et 20 milliards à partir du quatrième trimestre pour « aussi longtemps que nécessaire ».

Dans l’ensemble, la BCE et la Fed vont donc imprimer moins, ce qui ne veut pas dire qu’elles vont drainer le trop plein d’argent dont les banques vont se servir pour gonfler le Ponzi de la dette. Dit autrement, les prix ne sont pas près de baisser.

L’inflation dépasse 6 % en Allemagne et la crise énergétique ambiante n’augure de rien de bon. Le prix de l’électricité n’a jamais été aussi élevé en Europe où le prix du mWh dépasse les 400 euros contre moins de 50 euros en temps normal :

« CRISE ÉNERGÉTIQUE EUROPÉENNE : Les prix de l’électricité ont atteint de nouveaux et effrayants records dans une grande partie de l’Europe. L’Allemagne atteint le chiffre incroyable de 431 € par MWh. Aux prix actuels, les industries à forte consommation d’énergie préfèrent fermer leurs portes et revendre leur électricité sur le marché spot. »

Plusieurs raisons expliquent cette envolée du prix de l’électricité. Premièrement, les Pays-Bas et la Norvège ont atteint leur pic d’extraction de gaz (35 % de la consommation de gaz de l’UE). À cela s’ajoute le fait que la Russie, le plus gros exportateur de gaz vers l’Europe, a coupé ce lundi le gaz transitant via le pipeline Yamal qui passe par la Pologne et l’Allemagne.

Par ailleurs, l’Allemagne a entamé une transition énergétique très risquée en démantelant ses centrales nucléaires pour s’alimenter en énergie intermittente (éolien, solaire). Pas de chance, EDF a mis plusieurs de ses réacteurs nucléaires les plus puissants à l’arrêt.

Électricité de France (EDF) a détecté des défauts de soudure sur les tronçons de tuyauteries de refroidissement des deux réacteurs de la centrale de Civaux. Ces derniers ne reprendront du service qu’à partir du 30 avril et du 31 mars respectivement. EDF a également décidé d’arrêter les deux réacteurs de la centrale de Chooz pour les mêmes raisons. Redémarrage prévu le 23 janvier. Soit en tout quatre fois 1 500 MW en moins pour le réseau électrique européen.

Cet arrêt fortuit des réacteurs d’EDF permet au président Poutine de faire pression sur l’OTAN, l’Allemagne et les États-Unis qui se servent actuellement de l’Ukraine comme d’un appât pour de sombres desseins dont nous avons effleuré la surface ICI.

Tout cela pour dire que l’inflation n’est pas près de ralentir. L’énergie est le premier poste de dépense de l’industrie et de la plupart des entreprises. Cette inflation va pousser de nombreuses personnes encore réticentes à s’intéresser au Bitcoin pour protéger leur épargne.

Invesco lance un ETF spot sur la Deutsche Boerse

Débouté par la SEC, Invesco a perdu patience et s’est tourné vers l’Europe pour lancer son ETF qui cotera sous le nom de BTIC. Il sera adossé à 100 % à de vrais Bitcoins et le prix de référence du bitcoin sera celui de CoinShares. Fait assez surprenant pour être souligné, la garde des bitcoins sera effectuée par une banque : Standard Chartered. Cette banque est enregistrée au Royaume-Uni.

Quelques jours à peine après que la BCE ait décidé d’arrêter d’imprimer, les investisseurs institutionnels allemands se retrouvent avec la possibilité d’investir dans le bitcoin. Quelle aubaine maintenant que les bulles boursières pourraient se dégonfler à mesure que la BCE ferme le robinet à liquidités (qui restera ouvert quoi qu’il arrive)…

Où ira tout l’argent accumulé dans la bourse (le PE ratio du S&P est de 22…) faute d’alternative pour placer toutes les liquidités déversées par la BCE et la Fed ?

  • – Dans les titres de dette déjà émis alors que les taux pourraient remonter d’ici un an ? Non.
  • – Dans de nouvelles dettes rapportant -0,30 % avec une inflation à 6 %. Non.
  • – En cash avec une inflation « officielle » de 6 % et une inflation monétaire encore pire ? Non.
  • – Dans les bourses des pays émergents avec un dollar qui s’apprécie ? Non.
  • – Dans l’or avec un dollar qui s’apprécie ? Non.
  • – Dans des produits titrisés adossés à l’immobilier (les prix immobiliers ont déjà augmenté de 25 % cette année aux États-Unis) ? Non.

Il ne reste plus beaucoup d’options pour la bonne et simple raison que la croissance économique mondiale arrive dans ses derniers retranchements. Les pics de gaz, de charbon et de pétrole ici et là vont faire exploser le Ponzi et l’on voit mal pourquoi les investisseurs institutionnels ne se réfugieraient pas dans le bitcoin.

Cela étant dit, vu que la BCE est loin d’avoir complètement fermer le robinet, les positions short sur les bourses européennes sont plutôt sur le recul ces derniers jours. C’est ce que montre The Daily shot sur ce graphique:

« De moins en moins de vendeurs sur les bourses européennes. »

A noter qu’au moment même où un ETF BTC est approuvé en Europe, aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC), reste impassible. Grayscale attend toujours que la SEC l’autorise à convertir son GBTC en ETF. The Block rapporte que la bourse Arca de New York est prête à coter le nouveau produit s’il est approuvé. Wait and see…

Il est désormais urgent qu’Euronext lance à son tour un ETF BTC afin que les investisseurs institutionnels opérant sur les places boursières d’Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne, Milan, Oslo et Paris ne soient pas les dindons de la farce.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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