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Développeur Ethereum interpellé en Corée du Nord : Virgil GRIFFITH, espion ou nigaud ?

On l’apprenait il y a quelques heures à peine : l’interpellation par le FBI d’un jeune et brillantissime développeur de la Fondation Ethereum répondant au nom de Virgil Griffith. Jusque là rien qui vaille qu’on lève plus qu’un sourcil intrigué à cette annonce. Mais c’était sans compter l’accumulation d’ingrédients plaçant rapidement ce dossier à mi-chemin entre le tragique et le comique, mixant blockchain, espionnage sur fonds de dictature paranoïaque.

Virgil GRIFFITH ethereum corée du nord

Restait donc à tenter d’en savoir plus sur le principal mis en cause de cet événement : le bon Virgil Griffith.  Alors, excentrique, recrue des services de Kim Jong Un ou juste né sous le signe du Poisson ascendant moisi ?

Du « Buzz » (card) à WikiScanner

C’est donc à Birmingham sur la douce terre d’Alabama (oui « sweet home Alabama » en anglais, elle est facile je sais mais à mon age que voulez vous…), que  naquit le 6 mars 1983 (sous le signe du poisson donc) le nommé Virgil Griffith.

Après des études en Alabama et un diplôme de l’Alabama School of Mathematics and Sciences en 2002 il poursuit un parcours universitaire qui, sera parsemé de quelques « anecdotes » qui dessinent déjà une personnalité peu commune.  

Ainsi, alors qu’il s’essaie dans un premier temps à un cursus universitaire dans les sciences cognitives, il rencontre, en 2002 à Interz0ne à Atlanta, convention de hacking, le nommé Billy Hoffman, étudiant de Georgia Tech, ayant découvert une faille de sécurité dans le système de carte d’identité magnétique du campus appelé « BuzzCard » et commercialisée par la société Blackboard (l’article de l’époque est ici). Ils tenteront en  avril 2003,  lors de la convention suivante, de faire une présentation des failles dont ils avaient approfondi l’étude mais se verront poliement adresser une injonction à n’en rien faire de la part des avocats de Blackboard

Deux jours plus tard, elle sera même suivie d’une assignation en référé alléguant que les deux fringuant étudiants avaient volé des secrets commerciaux et violé la Digital Millennium Copyright Act et la Economic Espionage Act.  Cette affaire trouvera finalement un règlement amiable (qui est ici) entre les parties en juillet 2003.

Le 14 aout 2007, l’ami Griffith alias « Romanpoet » sur la toile, lance un logiciel utilitaire, WikiScanner (qui disparaîtra en 2011). Cet outil permettait de retracer les modifications d’articles Wikipédia à partir de comptes non enregistrés jusqu’à leur adresse IP d’origine et d’identifier les sociétés ou organisations auxquelles ils appartenaient.

Selon la BBC, WikiScanner a permis de révéler que certaines des modifications apportées à Wikipédia proviennent d’ordinateurs appartenant au Democratic Congressional Campaign Committee, à la CIA, au Vatican entres autres.  Le très britannique et sérieux The Times a également informé qu’une même adresse internet de la BBC avait effectué plus de 7 000 changements, dont l’une d’entre elles a consisté à changer le deuxième prénom de Georges W Bush pour dire que le W signifiait wanker, c’est à dire « branleur » en anglais (quelques autres joyeusetés du genre ici et sur le site de Griffith ).

Tor2web, engagement et crypto

En 2008, Griffith a conçu avec Aaron Swartz (informaticien, écrivain, militant politique et hacktiviste américain qui mettra fin à ses jours le 11 janvier 2013 à l’âge de 26 ans) le proxy Tor2web.

Prenant de plus en plus à coeur son engagement pour le libre il rédige en 2016 un article critique au titre pour le moins accrocheur : « Tor’s Branding Pivot is Going to Get Someone Killed »  (« l’image de marque charnière de Tor va faire tuer quelqu’un ») et dans lequel il pose la question suivante : Avant 2023, un utilisateur ou un opérateur Tor sera-t-il condamné pour un crime lié aux droits de l’homme ou emprisonné à cause du pivot Tor ? Probablement. (l’intégralité de l’article).

A partir de 2014, il s’engage plus activement  dans la cryptomonnaies et déclare sur son site :

« En 2014, j’étais chef de projet (Technical Product Manager) au sein du projet Toroken[1] qui visait à mettre en place une récompense basée sur la cryptomonnaie pour faire fonctionner un noeud Tor. Il s’agissait d’un prolongement d’une longue série de recherches menées par Rob Jansen. En motivant l’incitation Toroken, j’ai également rédigé un rapport Tor Tech Report qui présente les taux de croissance de Tor et comment les améliorer ».

Par delà l’image un peu outrancière d’ado geek attardé, Virgil s’est tout de même engagé sur le chemin de l’hacktivisme et sans doute sa collaboration avec Aaron Swartz y est elle pour quelque chose. Il le dit lui même : « mon but est de dévoiler la corruption, les abus de pouvoir et sans mettre de gants de m’assurer que l’ère numérique ne devienne pas un dystopie numérique ». Quant à savoir comment il s’est retrouvé dans la galère nord coréenne, seul l’avenir et les enquêteurs le diront.


[1]     Toroken :  Projet de type mining avec des récompenses de type bitcoin destiné à améliorer la rapidité et l’anonymat sur Tor. Le lien du projet est ici.

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Derrière la signature générique « Rédaction TCT » se trouvent de jeunes journalistes et des auteurs aux profils particuliers qui souhaitent garder l’anonymat car impliqués dans l’écosystème avec certaines obligations.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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