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Où en est la crypto en France ? L’étude avec l’Adan & KPMG

mar 15 Fév 2022 ▪ 13h00 ▪ 9 min de lecture - par Emile Stantina

Cette présentation avait lieu à Bercy au ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance et avait pour but de présenter les résultats d’une étude sur la situation des cryptomonnaies en France. Fer de lance de cette présentation, l’association en charge du développement de l’industrie française des actifs numériques (Adan) était représentée par sa présidente Faustine Fleuret. Elle était accompagnée par Alexandre Stachtchenko, le directeur blockchain et crypto pour KPMG. La question était simple, où en est la cryptomonnaie en France ?

Des invités étaient présents afin d’essayer de répondre aux grandes questions qui existent dans le secteur technologique. D’abord, comment se prémunir de la cybercriminalité ? Puis, quels rôles pourraient jouer les cryptomonnaies dans la transition écologique de la France ? Ensuite, comment la France doit-elle se positionner vis-à-vis de l’Europe afin d’apporter un cadre de développement équilibré pour ces nouvelles technologies ?

Dans un premier temps, les résultats de l’étude ont été présentés pour mettre en avant la situation des cryptoactifs en France. Puis dans un second temps, Cédric O, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, a présenté les grands enjeux pour la France afin d’accompagner cette rupture technologique.

Les résultats de l’étude

L’étude s’est déroulée au mois de novembre et décembre 2021 sur un échantillon de 2 000 personnes et 29 entreprises. Le but de cette enquête était dans un premier temps de se rendre compte de l’adoption des cryptomonnaies par la population française. Et dans un second temps, de dimensionner et de déterminer le potentiel de ce secteur.

Un chiffre qui n’avait jamais été mis en avant, c’est 8 % de la population française qui a déjà investi dans les cryptomonnaies. Un tiers des Français envisagent d’investir dans les actifs numériques dans un futur proche. Preuve que la médiatisation au sujet des cryptoactifs augmente, c’est aujourd’hui plus de 77 % des Français qui ont entendu parler de cette nouvelle technologie.

Les investisseurs sont majoritairement représentés par des hommes (60 %) et de jeunes adultes de moins de 35 ans qui allouent moins de 10 % de leur capital.

Aujourd’hui, l’industrie cryptographique représente plus de 600 projets, dont plus de 950 salariés en France. C’est aussi 29 entreprises structurées ayant levé plus de 1,2 milliard d’euros.

Le secteur des cryptomonnaies en France

Dans les entreprises interrogées, 97 % ont des postes ouverts et rencontrent des difficultés à recruter. Sur les 29 entreprises analysées, la croissance de leur demande entre 2019 et 2023 laisse suggérer environ 100 000 emplois à l’horizon 2030.

Les points critiques mis en avant par les professionnels du secteur sont les suivants :

  • Difficulté d’obtenir un compte bancaire ;
  • La réglementation française peut représenter un frein à la compétitivité internationale ;
  • De nombreux obstacles perturbent l’accès aux financements ;
  • L’image négative attribuée aux cryptomonnaies rend difficile le développement des activités.

Pour représenter ces sociétés, 4 « Keynotes » étaient présents

  • Nicolas Louvet CEO de la société Coinhouse. Il a mis en avant les efforts de régulation que la France à mise en place.

« Le régime PSAN est utile et innovant, mais doit évoluer pour embrasser l’avenir des cryptos et faire face au contexte de compétitivité internationale. »

  • Jean-Michel Pailhon représentant de la société Ledger. Il a présenté les enjeux de la cybersécurité et la protection des utilisateurs du secteur.

« Nous disposons de toutes les cartes en main pour créer les géants du Web 3.0. Il ne tient qu’à la France d’œuvrer dans ce sens. Il en va de notre compétitivité, de l’autonomie des États, de la souveraineté des individus et des entreprises. »

  • Nadia Filali, directrice des Programmes Blockchain à la Caisse des dépôts. Elle assure que la France est en capacité d’être un acteur majeur dans la proposition d’une régulation européenne pour les cryptomonnaies.
  • Youssef El Manssouri représentant de la société Sesterce. Il a affirmé et présenté le fait que les cryptomonnaies seraient un atout pour la transition écologique de la France.

Le gouvernement français

Représenté par Olivier O, le gouvernement répond, justifie, et propose les grandes thématiques d’une régulation des cryptomonnaies :

Le secrétaire d’État commence en mettant en avant le fait qu’il s’agit d’une rupture technologique avec une importante évolutivité, le secteur se développe très rapidement. L’adaptation incertaine ainsi que les exigences de l’administration ne facilitent pas le travail du gouvernement. Cependant, la France soutient l’innovation et a la volonté d’être parmi les meilleurs au monde dans les domaines technologiques (5G, intelligence artificielle, cryptomonnaie, métaverse).

Du côté du gouvernement c’est plutôt simple, la présentation s’axe sur trois fondamentaux :

  • Financement

Tout comme la French-Tech, le secteur des cryptomonnaies n’est pas déconnecté. Il faut plus d’argent afin d’apporter du soutien pour le développement de ce type d’écosystème ainsi que des nouvelles technologies.

  • Taille du marché, comment la France est-elle en mesure de réguler ce secteur ?

Ici, c’est plus compliqué, le secrétaire d’État nous avoue que « l’État exerce son “prima” depuis très longtemps » vis-à-vis de la finance traditionnelle. Le domaine de la finance est très réglementé. L’État a besoin d’une régulation pour accompagner au mieux les technologies innovantes.

  • La formation

Une statistique alarmante, aujourd’hui en France seulement 3,5 % de la population qui dispose d’une formation au métier du numérique. Comme le secrétaire d’État le souligne, il va falloir de la main-d’œuvre, d’ici ou d’ailleurs. Il va falloir avoir des talents.

Pour aller plus loin :

  • Le gouvernement pense que la finance décentralisée répond à un manquement de la finance traditionnelle ;
  • Les États-Unis et la Chine sont les exemples du gouvernement en matière de réussite technologique ;
  • La France a besoin de plus de licornes : Sorare ainsi que Ledger doivent accompagner le gouvernement dans le développement d’une régulation équilibrée ;
  • Le projet Libra / Diem semble être l’échec d’une régulation internationale entre l’écosystème technologique ainsi que les autorités réglementaires ;
  • Les néobanques seraient susceptibles d’être le vecteur numéro un pour que les banques traditionnelles viennent à accepter les cryptomonnaies ;

Conclusion

Une présentation très intéressante sur la position de la France au sein de l’écosystème des cryptomonnaies. On découvre un intérêt grandissant de la population française et un secteur d’activité voué à se développer dans le bon sens du terme. Un dynamisme pour les entreprises françaises avec la création de nombreux emplois. Et la possibilité d’être un acteur majeur au sein de l’industrie des cryptomonnaies.

Des invités qui cherchent à aider le gouvernement dans la mise en place d’une régulation. Que ce soit interne à la France, sur la scène européenne, ainsi que de la cybercriminalité ou du sujet de la transition écologique.

Un gouvernement peut-être dépassé, qui manque de temps ainsi que de ressources qualifiées dans le domaine. Des questions sans réponses, une comparaison souvent inévitable avec la Chine et les États-Unis. Les cryptomonnaies sont noyées dans les nouvelles technologies au même titre que le quantique, l’intelligence artificielle, la 5G, le métaverse. Les choses vont dans le bon sens pour la régulation des cryptomonnaies. Des travaux sont en cours afin de satisfaire aux besoins grandissant dans ce domaine.

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Emile Stantina

Passionné par la technologie blockchain et les cryptomonnaies, nous contribuons à vulgariser et à démocratiser ce nouveau monde. « Chancellor on brink of second bailout for banks »

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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