Bitcoin : Un début d’année en dents de scie

mar 04 Jan 2022 ▪ 20h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

Bonne année à tous nos lecteurs. Toute l’équipe de Cointribune espère que vous avez passé des fêtes reposantes. Voici la première analyse BTC/USD de l’année qui commencera désormais un résumé de l’analyse hebdomadaire on-chain de Glassnode.

Résumé du rapport hebdomadaire de Glassnode

Voici quelques métriques on-chain auxquelles Glassnode s’est intéressé cette semaine :

  • Blockspace (l’espace libre dans les blocs de 1 Mo de la blockchain)
  • – L’activité journalière (le nombre d’entités réalisant des transactions chaque jour)
  • – La part des adresses dormantes depuis plus d’un an
  • – La liquidité des BTC (part des BTC se déplaçant vers des wallets de holders)
  • – La part des BTC achetés au-dessus du prix actuel (profitabilité dans le rouge)

Dans l’ensemble, ces métriques on-chain mi-figue mi-raisin témoignent d’un « manque d’activité général en dépit d’un signal légèrement haussier du côté des dynamiques de l’offre ». « Les BTC continuent certes de migrer vers des adresses illiquides, mais les métriques cycliques et la profitabilité plaident plutôt pour la baisse ».

En somme, Glassnode anticipe que ce début d’année se fera sous le signe de la consolidation. Voici les détails de cette analyse :

7,462 millions d’adresses bitcoin ayant un solde non nul ont été créées au cours de l’année dernière. Soit + 23,2 % sur un an. « L’ATH actuel de 39.6M d’adresses ayant un solde non nul est 40 % plus élevé que le pic établi à la fin du marché haussier de 2017 ». Ce qui dénote d’une demande à long terme soutenu pour le BTC.

À plus court terme, GN signale que l’activité journalière surpasse « enfin » le seuil des 275 000 entités actives. C’est-à-dire un niveau au-dessus duquel il faut absolument être pour commencer à anticiper un bull market. Il faudra toutefois rapidement se diriger vers la barre des 350 000 et que le mempool (transactions en attente faute de place dans les blocs) se remplisse pour pouvoir espérer un rallye haussier digne du début d’année 2021.

Nous sommes pour l’instant au milieu du gué :

« Nombre d’entités actives (moyenne mobile à sept jours) » / Source : Glassnode

Le graphique ci-dessus pointe vers une faible demande au niveau retail mais les dynamiques de plus long terme sont constructives. Notamment la part des adresses dormantes qui « reste impressionnante et signale que l’accumulation des investisseurs intelligents et patients demeure intacte ». « Plus de 57 % des BTC ont bougé pour la dernière fois il y a plus d’un an, ce qui est équivalent au niveau de 51,5 % observé au début du rallye haussier d’avril 2019 ».

Par ailleurs, il est clair que les BTC s’accumulent sur des adresses illiquides (des holders). « Les BTC illiquides représentent désormais 76 % de l’offre totale », ce qui est de bon augure étant donné qu’il existe une corrélation assez nette avec le prix :

Enfin, GN note que le prix moyen auquel l’ensemble des BTC ont été achetés pour la dernière fois est 24 400 $. Nous sommes même à 17 700 $ pour les holders de long terme. Néanmoins, nous sommes à 51 400 $ pour les détenteurs de court terme.

Dit autrement, les nouveaux arrivants sont dans le rouge puisque 1 BTC vaut actuellement 46 000 $. Surveillez donc de près le seuil de 51 400 $. Si ces bleusailles sont échaudées, elles vendront sur ce seuil pour clôturer leurs positions sans perte. Une cassure nette des 51 400 $ pourrait en revanche signifier que la promotion 2021 a les reins solides et veut son ATH.

Rappelons que toutes ces données sont issues de l’analyse on-chain et que l’activité de trading se fait avant tout à l’intérieur des exchanges.

La Chine cesse de vendre, la Turquie achète

Les exchanges opérant en Chine tels que Huobi, Binance ou Okex, avaient jusqu’à la fin de l’année 2021 pour clôturer tous les comptes de leurs clients. Il est ainsi probable que la forte pression vendeuse qui s’exerçait depuis quelques mois durant les heures asiatiques a disparu.

En parlant de la Chine, notons également que le redéploiement des machines de mining (surtout aux États-Unis, au Kazakhstan, en Russie et en Malaisie) semble achevé. Le hashrate a fêté la nouvelle année avec un nouvel ATH autour de 220 EH/s d’après coinwarz.

Les mineurs vous diront que ce n’est pas le hashrate qui affecte le prix du bitcoin, mais plutôt l’inverse. Cela étant dit, une hausse soutenue du hashrate parallèle à une baisse du prix du bitcoin suggère un degré de confiance élevé. Si le mineur Marathon dépense 500 millions de dollars dans des antminers dernier cri, ce n’est pas pour rien…

La Turquie est un autre pays qui risque fort de faire les choux gras de la presse bitcoin en ce début d’année. Le BTC enchaîne les plus hauts historiques face à la lire qui a encore perdu 40 % depuis le mois de septembre.

Les conversions depuis la lire vers d’autres monnaies ont explosé au cours de la dernière semaine de l’année 2021. Les Turcs cherchent à placer leur argent pour éviter d’être ruinés par l’inflation annuelle qui dépasse 34 %, au plus haut depuis 19 ans.

Les sorties de capitaux pèsent sur la lire et peut-être que le président Erdogan devrait se demander s’il ne vaut pas mieux que ses citoyens échangent leur lire contre des bitcoins minés en Turquie plutôt que des dollars. Cela permettrait d’éviter un effondrement de la lire face au dollar…

Une « loi bitcoin » est à l’étude depuis un peu plus d’une semaine. Affaire à suivre… En attendant, le nombre de transactions TRY/BTC journalières dépasse de nouveau le million :

« Nombre de transactions BTC/TRY » / Source : Reuters / (convertir la lire en dollar américain ou en or est courant pour les Turcs, qui ont vu la monnaie perdre 90 % de sa valeur depuis 2008. Le prix du Bitcoin ayant fortement augmenté cette année, ce dernier a gagné en popularité)

Terminons avec les nouvelles d’un autre pays du Moyen-Orient : Israël. La banque centrale du pays a fait passer une circulaire aux banques afin qu’elles cessent de refuser les profits provenant du bitcoin tant que cet argent n’a aucun lien avec des affaires criminelles ou de blanchiment d’argent. C’est-à-dire de l’argent gagné de manière non déclarée.

Mais concrètement, une banque ne peut pas deviner si vous avez acheté des BTC pour cent euros il y a 12 ans, ou si vous travaillez au black via le bon vieux système D (à ne pas confondre avec l’argent sale lié au banditisme). Même les exchanges qui surveillent la blockchain ne peuvent pas être certains de la date à laquelle vous avez obtenu vos bitcoins puisqu’il est possible de les passer dans un « mixer » pour brouiller les pistes.

En définitive, le but du jeu est de toute façon de ne jamais vendre vos bitcoins. Il faut préférer les apporter en gage pour obtenir un prêt si jamais le temps est venu pour vous d’acheter une maison, un terrain, etc. De tels services existent déjà et deviendront de plus en plus populaires.

Ne manquez pas notre article debunk des calomnies de Nicolas Dufrène : Non, le bitcoin n’est pas hyper concentré. Et n’oubliez pas pourquoi nous refusons de garder notre argent en monnaie fiat :

2021 a vu 500 personnes gagner 1 000 milliards de dollars et 7,8 milliards de personnes se faire laminer par l’inflation. Le reste, c’est de la mandoline, comme dirait l’autre.

Recevez un condensé de l’actualité dans le monde des cryptomonnaies en vous abonnant à notre nouveau service de newsletter quotidienne et hebdomadaire pour ne rien manquer de l’essentiel Cointribune !

Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.