L'Estonie vise-t-elle à étrangler le bitcoin (BTC) et d’autres cryptomonnaies?

mar 19 Oct 2021 ▪ 9h30 ▪ 5 min de lecture - par Jean-Louis Lefevre

L’Estonie a révoqué plus de 70% de toutes les licences de crypto l’année dernière. Son chef de la lutte contre le blanchiment d’argent récemment nommé veut annuler le reste.

La crypto en Estonie

Imaginez construire un bâtiment uniquement pour le démolir parce que vous n’êtes pas satisfait de sa base. C’est exactement ce que Matis Mäeker, chef de l’Unité de renseignement financier estonienne, veut faire avec les réglementations crypto du pays, selon un rapport des médias locaux. 

Située dans le nord de l’Europe, la petite nation balte de l’Estonie se compose de 1 500 îles, de forêts luxuriantes et de nombreux lacs. Autrefois partie de l’Union soviétique, l’Estonie a des siècles d’histoire comme champ de bataille où le Danemark, l’Allemagne, la Pologne, la Russie et la Suède se sont livrés des guerres pour contrôler ce point d’accès entre l’Est et l’Ouest.

L’Estonie a également été un pionnier dans le monde crypto. Il a été l’un des premiers pays à délivrer des licences aux entreprises crypto en 2017. Ces licences concernaient deux types d’entreprises, celles qui cherchaient à échanger les cryptos et  celles qui cherchaient à entreprendre une offre initiale des coins.

En outre, le gouvernement estonien a offert une «résidence numérique» qui permettait aux entrepreneurs ou à leurs entreprises de s’établir légalement en Estonie, même si les entreprises opéraient ailleurs. Cela a facilité l’obtention de licences dans le pays, ce qui a attiré les entreprises crypto dans la région. 

En mars 2020, l’Estonie a redéfini les entreprises crypto comme les «institutions financières», fusionnant ainsi les deux catégories de licences en une seule licence de fournisseur de services de monnaie virtuelle. Cette licence obligeait les entreprises crypto à se conformer aux mêmes règles, réglementations et exigences de déclaration de toute institution financière estonienne. 

Le nombre d’entreprises crypto a radicalement changé en conséquence. Entre 2017 et 2020, l’Estonie a émis plus de 2000 licences. 

«Environ 40% des paiements transfrontaliers du secteur bancaire estonien, ce qui représente plus de 20 milliards d’euros, sont gérés par ces entreprises crypto», a déclaré Mäeker. 

En outre, selon une étude réalisée l’année dernière, seulement 10% des entreprises crypto autorisées en Estonie avaient des comptes auprès de banques locales, tandis que 40% utilisaient des banques lituaniennes et 20% utilisaient des institutions britanniques. 

Quel est le projet de la réglementation?

Le gouvernement a commencé une répression contre ces entreprises en juin de l’année dernière, au cours de laquelle plus de 70%, soit plus de 1800 licences, ont été révoquées en décembre 2020. Environ 400 licences sont actuellement actives. Cependant, selon Mäeker, un projet de loi qui est déjà en jeu «mettrait la réglementation à zéro et permettrait de recommencer à octroyer des licences» avec des réglementations et des exigences de déclaration plus strictes. 

Mäeker, qui a récemment été nommé chef du bureau des données sur le blanchiment d’argent en Estonie, affirme que les gens ignorent les risques associés aux cryptos et c’est pourquoi il faut agir sans délai.

Dans sa tentative d’imposer des règles plus strictes, Mäeker souhaite augmenter les exigences pour les fonds propres des entreprises crypto de 12 à 350 mille euros. Cela signifie que les entreprises crypto seront tenues de conserver au moins ce montant requis en espèces ou en titres. 

Il a également suggéré d’interdire aux sociétés crypto d’accepter des investissements sous forme de refinancement immobilier. Il estime que les entreprises ne devraient accepter que des espèces afin d’assurer la protection des investisseurs. 

Réagissant à la nouvelle, un utilisateur de Twitter a écrit:

«L’Estonie veut être oubliée pour l’éternité. Alors que les voisins acceptent la présence de Binance, Tallinn continue de tuer l’économie après la crise du Covid.»

Les juridictions du monde entier explorent maintenant la réglementation de la crypto, soit pour la réprimer, soit pour l’adopter. Alors que l’Estonie a été la première à réglementer la crypto, sa récente répression de l’industrie est un avertissement pour d’autres pays annonçant des réglementations clémentes dans le but de devenir une plaque tournante de l’industrie. 

Jean-Louis Lefevre

Je suis convaincu que les cryptomonnaies nous ouvrent des perspectives inédites extraordinaires que je ne veux rater sous aucun prétexte ! J’essaie d’enrichir en permanence mes compétences en la matière et de partager avec vous tout ce que j’apprend avec mes followers et mes heures passées à explorer cet univers.

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