Bitcoin et la cyberattaque contre le système financier international

ven 21 Jan 2022 ▪ 17h30 ▪ 9 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le bitcoin est une citadelle imprenable du cyberespace. La nature indéfectible de son protocole décentralisé lui promet la suprématie monétaire si la grande « cyberpandémie » prédite par le World Economic Forum devait éclater.

Guerre froide cybernétique

Les exercices de guerre cybernétique se multiplient depuis que le grand timonier du World Economic Forum (WEF), Herr Klaus Schwab, a prévenu que « la crise Covid passerait pour une petite turbulence, comparée à une cyberattaque majeure ».

Ces préparatifs doivent nous mettre la puce à l’oreille étant donné le climat géopolitique délétère et cette fameuse simulation de pandémie de coronavirus Event 201 (organisée par le WEF, la Fondation Bill & Melinda Gates et l’école de santé publique Johns Hopkins Bloomberg). Cette grande répétition fut suspicieusement prémonitoire puisque l’OMS déclarait l’état de pandémie à peine quatre mois plus tard.

Le dernier simulacre d’Armageddon cybernétique a eu lieu à Jérusalem, du 09 au 19 décembre 2021, dans les locaux du ministère des Finances israélien. L’événement a réuni les États-Unis, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suisse, la Thaïlande, l’Angleterre et les Émirats arabes unis. Nom de code : « Collective Strenght« . Soit dit en passant, ces pays ont été parmi les plus prompts à se vautrer dans l’autoritarisme sous prétexte sanitaire.

De manière plus intéressante, le FMI, la banque mondiale et la fameuse banque des règlements internationaux étaient également de la partie lors de ces « jeux militaires » visant à répondre à d’hypothétiques attaques cybernétiques contre le système financier international. Au programme : vol et fuite de données sensibles sur le dark net, mise hors service du marché des changes (Forex) ou encore proliférations de fakes news provoquant des bank runs.

Reuters rapporte que la simulation a mis en scène une paralysie totale du système financier mondial, forçant « les banques à faire appel à des swaps de devises d’urgence pour éviter des faillites bancaires provoquées par des sorties de capitaux ». Les participants ont aussi discuté de « politiques multilatérales telles qu’une fermeture coordonnée des banques, des périodes de grâce pour le remboursement des dettes ainsi que la déconnexion de certaines devises« .

L’idée de « déconnecter certaines devises » en a surpris plus d’un, vu que l’administration Biden était dans le même temps en train de menacer la Russie d’une déconnexion du réseau SWIFT (Worldwide Interbank Financial Telecommunication).

Un autre entrainement de cybersécurité s’est déroulé plus tôt dans l’année : Cyber Polygon. Les participants avaient simulé une « déstabilisation de la chaîne d’approvisionnement mondiale », sous le haut patronage de la banque russe Sberbank ainsi que du World Economic Forum. Klaus Schwab avait déclaré en introduction que « le manque manifeste de cybersécurité est devenu un danger immédiat pour le monde entier ».

Un peu plus tard, ce fut au tour de l’OTAN d’organiser son propre exercice de « perturbation à grande échelle des services financiers ». Nom de code : « Locked Shield ». Nous rapportions à ce propos dans un précédent article :

« L’exercice de l’OTAN fut chapeauté par FS-ISAC, la seule corporation mondiale d’échange de renseignements focalisée uniquement sur la protection des services financiers face aux menaces cybernétiques. […] Ces manœuvres virtuelles ont réuni un groupe d’experts provenant de la Banque des règlements internationaux et du géant des paiements Mastercard. »

Tout récemment, c’est l’Union européenne qui a simulé une cyberattaque mettant hors service une compagnie énergétique finlandaise. Bloomberg rapporte que d’autres cyberattaques fantômes seront mises en œuvre au cours des six prochaines semaines avant d’être débriefés par le conseil européen des ministres des Affaires étrangères fin février.

Deux choses transparaissent à la vue de ce grand manège du hack. La première est que les puissants se préparent à un blackout financier. La seconde est que WEF et la banque des règlements internationaux sont souvent dans les coulisses…

Qui veut la guerre prépare la guerre

Il faut maintenant remettre cette excitation numérique dans le contexte géopolitique d’Europe de l’Est. L’armée rouge s’est amassée à la frontière ukrainienne et se déploie même en biélorusse, laissant Kiev vulnérable sur un front de 2500 km.

La raison de cette menaçante démonstration de force est l’entêtement du sombre Biden à vouloir intégrer l’Ukraine dans l’OTAN, avec probablement dans l’idée d’y recruter de la chair à canon et mettre Moscou à sept minutes d’une frappe nucléaire.

Des délégations russe et américaine sont actuellement en pourparlers à Vienne. Konstantin Gavrilov a déclaré que « nous arrivons au moment de vérité où soit l’Occident accepte nos propositions, soit d’autres moyens seront trouvés pour sauvegarder la sécurité de la Russie ». « Le compte à rebours a commencé »…

Pour rappel, ces « propositions » sont peu différentes des accords de Minsk qui demandent à ce que l’OTAN ne s’élargisse pas en Ukraine. Le risque étant que les troupes russes prennent en cas d’intégration à l’alliance, ce qui semble être exactement ce que cherche l’oncle Sam. Il y a fort à parier que Washington essaie de pousser Vladimir Poutine à la faute et d’utiliser ce prétexte pour déconnecter la Russie du réseau SWIFT.

Cela dit, le Handelsblatt rapporte que cette dangereuse option a été abandonnée. L’UE a probablement fait marche arrière sans que les Américains n’aient leur mot à dire puisque le réseau SWIFT est une société belge située à Bruxelles. Résultat des courses, J. Biden n’a pu que menacer d’interdire aux Russes l’accès au dollar, ce qui est très différent d’une déconnexion du réseau SWIFT.

Cette intimidation ne devrait pas meurtrir le Kremlin dont la stratégie est justement d’arrêter complètement de commercer en dollar. La part des exportations russes libellées en dollar est passée de 80 % en 2016 à moins de 50 % en juin 2021. Cette tendance devrait s’accentuer à mesure que la Russie réduit ses exportations de gaz vers l’Europe et augmente celles en direction de son allié chinois.

Part du dollar, de l'Euro et du Rouble pour le paiement des exportations russes
Part du dollar, de l’Euro et du Rouble pour le paiement des exportations russes

La Russie n’est pas l’Iran… Une déconnexion du système financier international risquerait de mettre fin à 77 ans de paix sur le vieux continent. Une guerre totale est peu probable en l’état actuel des choses, mais il est quasiment certain que la Russie lancera des frappes cybernétiques contre le réseau SWIFT.

Il est donc permis de se demander si ce scénario n’est pas désiré en haut lieu. Comme disait Franklin Roosevelt :

« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il était prévu qu’il se déroule ainsi ».

Dans quel but ? Probablement pour forcer toutes les banques centrales à créer des CBDC et les connecter à la nouvelle architecture financière que la banque des règlements internationaux (BRI) se trouve être en train de construire.

Agustín Carstens, le chairman de la BRI, a récemment déclaré travailler sur une plateforme DLT via laquelle les banques centrales pourront réaliser des « règlements transfrontaliers plus rapides, moins chers et plus sûrs ».

Fat finger a notamment parlé du projet Jura où « chaque banque centrale conserve le contrôle individuel de sa propre CBDC sur une plateforme unique avec des sous-réseaux séparés ». Il a également mis en avant le projet mBridge où « chaque banque centrale participante émet ses propres CBDC et exploite un node de validation dans un système partagé ».

Dit autrement, la banque des règlements internationaux serait assurément enchantée que le réseau SWIFT soit gelé par des cyberattaques puisqu’elle a justement un système de rechange à vendre. Nous nous rapprocherions alors d’un système monétaire orwellien où la monnaie devient un outil totalitaire.

Ce système existe déjà dans certaines villes chinoises où l’on peut utiliser un e-CNY constitué d’une identité numérique biométrique reliée à un crédit social. Le but étant de pouvoir interdire à quiconque d’acheter telle ou telle chose en fonction de son crédit carbone ou son crédit social. Ce dernier étant une note attribuée en passant quantités de « datas » (historique internet, historique d’achat, fréquentations, casier judiciaire, etc.) à la moulinette de l’IA.

Tout cela pour dire que le bitcoin est le seul système monétaire pouvant résister à n’importe quelle cyberattaque. Une longue halte du système financier international serait une aubaine pour le bitcoin qui sera alors l’unique moyen de réaliser des paiements internationaux.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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