La Géorgie a annoncé son intention de lancer le programme pilote de sa CBDC en 2022

mar 12 Oct 2021 ▪ 22h30 ▪ 4 min de lecture - par Luc Jose Adjinacou

Début octobre, la directrice du Fonds Monétaire International (FMI) Kristalina Georgieva affirmait que 110 pays étaient à un stade avancé de leurs CBDC. Bien qu’aucune liste exhaustive n’ait été rendue publique à la suite de cette déclaration, il semblerait que la Géorgie en fasse partie. Le vice-président de la Banque Nationale du pays vient en effet d’en dévoiler un peu plus concernant la feuille de route nationale sur le sujet. Celle-ci prévoit notamment le lancement d’une phase pilote pour l’année prochaine. Plus de détail dans la suite.

Améliorer l’efficacité du système de paiement et l’inclusion financière dans le pays

Profitant d’un point de presse avec les médias locaux, Papuna Lezhava le vice-président de la Banque Nationale de Géorgie s’est livré sur la future CBDC locale. Il justifia le lancement de la phase pilote pour 2022 en rappelant que 85% des banques centrales du monde sont déjà embarqués dans cette course. En plus du désir d’être à l’avant-garde de cette tendance, M. Lezhava a dévoilé l’autre objectif derrière la prochaine sortie du Lari numérique. Il s’agit notamment d’améliorer l’efficacité du système de paiement et l’inclusion financière dans le pays. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les premiers tests seront orientés vers un usage de détail avant d’être élargis à d’autres utilisations.

Pour autant, il n’est pas question d’assimiler la CBDC aux cryptomonnaies pour M. Lezhava qui précisa qu’il s’agit plutôt de l’évolution de l’argent liquide. En d’autres termes, les Géorgiens pourront s’en servir pour effectuer des transactions, mais pas dans le cadre d’une accumulation spéculative. Ainsi, la Banque Nationale de Géorgie sera le seul organisme autorisé à émettre la monnaie pour laquelle il n’existera aucun minage. « Le lari numérique deviendra un moyen de paiement plus rapide et moins cher que les moyens traditionnels. Il fonctionnera 24 heures sur 24. Toutes les transactions ne nécessitent pas de connexion Internet » a déclaré M. Lezhava.

Les fintech locales appelées à massivement participer au projet

Bien avant la dernière sortie de son vice-président, la Banque Nationale de Géorgie avait déjà exprimé son désir de prendre part à l’aventure des CBDC. En avril dernier, l’institution faisait savoir que le potentiel de ces monnaies était si grand qu’il pourrait libérer l’énorme valeur des modèles commerciaux innovants au profit de la société.

 Pour mettre toutes les chances de son côté, la banque a alors lancé un appel aux entreprises Fintech locales afin qu’elles participent massivement au projet. L’expertise de celles-ci est notamment sollicitée dans les domaines de la conception de l’interface, des choix technologiques et de la gestion des données.

Cette démarche de la Banque Nationale de Géorgie prouve une fois de plus que les états ne comptent pas rester en marge de la révolution numérique qui s’opère dans le secteur économique. En Afrique, c’est le Nigéria qui semble le plus près d’y arriver depuis qu’une cour fédérale donna son feu vert à l’avènement de l’eNaira.

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