La technologie blockchain peut-elle rendre le vote en ligne fiable ?

ven 01 Jan 2021 ▪ 14h00 ▪ 4 min de lecture - par Rédaction TCT

La contestation des résultats des dernières élections présidentielles par Donald Trump aux USA a ravivé les débats sur l’utilisation de la technologie dans le processus de vote. Alors que plusieurs voix s’élèvent pour recommander l’utilisation de la blockchain, plusieurs zones d’ombres existent encore. Architecte en chef et responsable de la sécurité de l’information chez Evernym, solution d’identité auto-souveraine, Daniel Hardman expliqua les avantages à utiliser blockchain dans le processus électoral.

La blockchain peut garantir la fiabilité des listes électorales et celle des votes effectués

D’entrée de jeu, le spécialiste de la sécurité de l’information a fait connaitre les deux points majeurs sur lesquels la blockchain apporterait plus de transparence. Il s’agit de la fiabilité des listes électorales et celle des votes exprimés par les noms figurants sur cette liste. « Fondamentalement, la blockchain peut fournir un moyen pour les électeurs d’être inscrits de manière fiable et sûre pour voter, et ensuite lorsque les votes sont exprimés, elle peut être un mécanisme pour prouver que quelqu’un a le droit de vote, sur la base de son inscription préalable. Elle peut fournir certaines caractéristiques qui aideraient à vérifier un vote lors d’une élection » a-t-il déclaré.

Il est ensuite revenu sur les points relevés par le camp Trump pour remettre en cause les résultats proclamés. Il s’agit notamment des allégations portant sur des machines de vote défectueuses ou manipulées et aussi de falsification de bulletins de vote. Pour ces cas spécifiques, M. Hardman rappela que la blockchain était dotée de caractéristiques permettant des audits plus solides en mesure de dissiper tout doute. Pour s’assurer que les votes enregistrés sur la blockchain proviennent de citoyens qui n’ont voté qu’une seule fois, l’intéressé évoqua la possibilité d’effectuer une vérification bout à bout. « En fin de compte, vous prouvez que pour toute inscription donnée, vous pouvez exprimer exactement une voix », assura-t-il.

Qu’en est-il de la confidentialité des données personnelles ?

La mise en œuvre de la vérification bout à bout implique l’identification biométrique des électeurs et donc l’utilisation de certaines de leurs données personnelles. Il existe donc un risque que les gouvernements et les entreprises puissent se servir de ces informations pour des usages purement intéressés. À cette inquiétude, M. Hardman propose l’utilisation d’une solution de blockchain dénommée Zero-knowledge proofs. Celle-ci permet de vérifier l’identité d’un électeur sans révéler ses données privées.

« Vous demandez à une personne au moment de l’inscription de s’identifier fortement, vous savez, qui elle est, où elle vit et ainsi de suite, mais au moment où elle vote, ce que vous lui demandez est de prouver qu’elle a le privilège de voter sans révéler qui elle est. Vous leur demandez également de prouver que leur vote n’a pas déjà été enregistré dans le système […] ce qui garantit que vous ne pouvez pas voter deux fois » expliqua M. Hardman.

Malgré une présentation aussi claire des avantages liés à l’utilisation de la blockchain lors d’une élection, il manque toujours des cas concrets de son efficacité. L’année 2021 apportera peut-être une réponse à cette inconnue à condition qu’un pays en fasse l’expérience.

Rédaction TCT

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