Episode 2 — Quand les musiciens rêvent à un futur de l’industrie musicale ré-écrit grâce aux qualités de la blockchain et des crypto

ven 19 Fév 2021 ▪ 20h51 ▪ 8 min de lecture - par Claire Desombre

Dans le précédent épisode de « Quand les musiciens rencontrent et réécrivent le futur de l’industrie musicale grâce à la blockchain et les crypto », TheCoinTribune présentait ce que les producteurs pouvaient obtenir des cryptos et des blockchains en général.

Ce second épisode est dédié aux artistes et à ce qu’ils pourraient développer et gagner en utilisant les token non fongible (NFT).

L’enjeu est de taille car grâce aux caractéristiques natives des NFT, les artistes peuvent être rémunérés automatiquement et sans délai, et ils peuvent aussi se construire un nouveau type de relation avec leur communauté et leur fans club.

Petit rappel utile : les NFT sont un type particulier de crypto car chaque token est assigné à 1 actif spécifique qui ne peut pas être fractionné,  d’où son utilisation pour héberger une œuvre unique 

Mais qu’attendent donc les artistes avec les NFT ?

L’artiste RAC – DJ, musicien et producteur de disques portugais lauréat d’un Grammy Award – est un early-adopter fasciné par les possibilités des cryptos depuis des années. Par conviction, pour mieux servir son business et être plus proche de ses fans, il a lancé sa propre crypto, le $RAC dès le 1er octobre 2020.

De son côté, Peter Katz, auteur-compositeur-interprète canadien, réclame de la transparence sur ses contrats et toutes les autres informations de sa carrière : «  je veux être sûr et certain qu’aucune agence centrale ni organisation ne pourra manipuler aucune des informations qui me concerne ». 

En effet, l’opacité est un des grands problèmes qui gangrène cette industrie et qui pousse de nombreux artistes méfiants à l’égard des grandes sociétés musicales à vouloir devenir indépendants.

Or, ces revendications de non-corruption, transparence, immuabilité sur les données professionnelles sont directement prises en charge par les caractéristiques natives des blockchains. C’est une technologie qui permettra à chaque artiste de comprendre enfin comment se meut son argent à travers cet imbroglio d’intermédiaires. Abonnez-vous gratuitementRejoignez notre communauté de passionnés du Bitcoin et des crypto-monnaiesemail *Valider

Concrètement, demain, quels avantages apporteraient les NFT aux artistes ?

Imaginez un site web bien structuré qui mettrait automatiquement à jour tous les flux de revenus d’un artiste – merchandising, tournées, licences, droits d’auteur en streaming, droits de représentation, etc -. Ce site présenterait tous les flux de revenus, automatiquement mis à jour.

Peter Katz illustre ce qu’il veut voir arriver: “Vous avez 12 différents flux de revenus, vous ouvrez une seule page sur le portail et, boum, ils sont tous récapitulés là en temps réel ». Il est conscient que « pour que cela se produise, il faudra que chaque acteur de votre propre écosystème – de votre éditeur de musique, à votre maison de disques, à Spotify, etc – devra à un moment donné, ne se connecter qu’à une seule et unique plateforme où il insérera toute ses info. Voilà pourquoi c’est un réel défi. Car si deux des dix personnes avec lesquelles vous travaillez se connectent mais pas les huit autres, alors vous n’aurez qu’une information partielle ». 

Aujourd’hui rien, cette solution n’existe pas et elle serait impossible à mettre en œuvre à cause des imbroglios et autres complexités générées par la multipropriété des œuvres et des différentes législations internationales

Mais au-delà de la question épineuse des rémunérations, les artistes voient aussi dans les NFT la possibilité de créer des nouveaux liens avec leurs œuvres et leurs communautés de fans .

Les NFT une nouvelle façon d’enrichir à la fois les artistes, les œuvres et les fans !

Les NFT, cette catégorie de token non fongible, représentent non pas une crypto monnaie avec sa valeur monétaire mais des actifs  spécifiques où chaque token détient et représente un bien unique qui ne pourra jamais être copié. 

Ces NFT permettent de créer de nouvelles règles et redevances grâce aux smart contracts

Pour Peter Katz, c’est par la programmation de ces smart contracts que les artistes pourront établir leurs règles de rémunération, de vente, de revente et même leurs rapports avec leurs fans. Les créateurs pourront aspirer à leur indépendance, car les règles qu’ils ont définit en amont s‘effectueront automatiquement, sans délai ni intermédiaire. 

Les acteurs qui se sont déjà lancés dans l’aventure de la tokenisation de leurs œuvres montrent l’exemple !

– Depuis quelque temps, c’est la communauté des EDM (Electronic Dance Music, omniprésente dans les boîtes de nuit et les festivals en plein air) qui évangélise les musiciens sur les opportunités des NFT.

Ils vont à la rencontre des artistes et leur expliquent que s’ils transfèrent les droits d’auteur de leur discographie sur des NFT, ils pourront percevoir automatiquement des redevances de leurs œuvres  sous format NFT.

Ils vont plus loin et affirment que les NFT « pourraient rationaliser le transfert et le commerce avec les catalogues entre éditeurs ou même permettre aux artistes de financer leur production en émettant des NFT que des personnes pourraient acheter en amont » . Concrètement « l’artiste recevra l’argent pour le nouvel album et les détenteurs de tokens  peuvent  alors récupérer leur investissement et tirer profit des redevances » 

– En décembre 2020, le DJ et producteur canadien Deadmau5 s’est associé à Worldwide Asset eXchange (WAX) pour lancer sa propre série limitée de NFT.

– En janvier 2021, le lauréat du Grammy Award Portugal, The Man a lancé son token $PTM pour donner à certains fans l’accès à des archives de séquences et à des prises de vue en direct

– RAC a lancé ses premières collections numériques de “dioramas audiovisuels » disponibles sur NFT. Pour sortir son nouvel album, il s’est associé à la marketplace Zora et a créé un token $TAPE lié à une cassette en édition limitée.

Ils ont créé 100 tokens représentant les 100 cassettes en édition limitée, vendues  au prix unitaire de 20 $. A chaque achat d’un token -donc d’une œuvre-, la cassette était envoyée par la poste. 

Comme c’est la loi de l’offre de la demande qui régit les prix, dès le premier jour, le prix du token est passé de 20 à 950 dollars et quelques mois plus tard, le token $TAPE était passé à 4 800 dollars !

4 800 dollars … la cassette la plus chère de l’histoire.

Au-delà de cette vente très médiatique, RAC espère que les gens comprendront mieux l’impact potentiel  des NFT. Il fait surtout référence au règlement automatique de ses droits car son oeuvre peut se vendre et être échangée sur n’importe quelle plateforme  NFT sans qu’il ne le sache -et ce pour le reste de sa vie (et même après sa mort)-, tout en continuant à percevoir  10% de droits d’auteur sur son portefeuille [wallet] grâce aux règles de paiements préenregistrés dans les smart contrats. 

Il tente aussi d’entraîner  d’autres musiciens dans son aventure, en visant ceux  qui cherchent à s’extraire et s’affranchir des labels officiels, pour gagner leur vie indépendamment  des grands labels.

Puisqu’une quantité limitée de pièces de collection numérotées est créée, la rareté influence la valeur du token, qui est régi par la loi de l’offre et de la demande. C’est pourquoi, cette boucle musicale de 30 secondes vendue à 20$ a atteint le prix record de 26 000 dollars sur la plateforme Super Rare !

Laconique, RAC déclare  « lorsque vous laissez les marchés déterminer la valeur des choses, vous vous rapprochez de leur valeur réelle ».

Pour l’instant, quelques grandes figures comme RAC, The Man, Peter Katz, Deadmau5 font sortir de l’ombre les NFT et montrent des opportunités concrètes déjà plus ou moins efficaces et innovantes. Mais si ces technologies sont techniquement réalisables, l’écosystème général de l’industrie musicale et le grand public des fans sont à des années lumières de ces réalités.

Quoique pas si sûr ! 

En effet, la complexité de cet écosystème, de ses droits et autres ses modes de rémunérations pourraient être vraiment très surpris en voyant toutes les facilités de calculs et répartitions qu’apporte cette technologie. Un détail qui pourrait déclencher chez les artistes une adoption en mode tsunami !

Le prochain épisode de « Quand les musiciens rencontrent et réécrivent le futur de l’industrie musicale grâce à la blockchain et les crypto » présentera comment les œuvres et les artistes peuvent s’inclure dans un NFT.

Car techniquement comment ça marche !

Claire Desombre

Passionnée d’innovations et blockchains, j’espère arriver à vous partager ma fascination pour ces changements qui se dérouler devant nos yeux !

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