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Annonces de la BCE : quel impact sur Bitcoin (BTC) et les cryptomonnaies ?

Après avoir annoncé de maintenir un objectif « symétrique » à 2% d’inflation, la BCE a confirmé ces derniers jours son intention de maintenir des politiques accommodantes pour les prochaines années. Alors que son objectif était de maintenir un objectif d’inflation sous les 2%, la BCE augmente très légèrement sa marge de manouvre. Néanmoins, les perspectives économiques sont moins encourageantes pour les prochains mois et années. Ces nouvelles perspectives modifient la structure d’évolution des marchés financiers dans leur ensemble. Nous reviendrons ici sur le rôle déterminant de la BCE dans les possibles évolutions des cryptomonnaies à venir.

BCE et cryptomonnaies.

C’est assez paradoxal, mais l’étude statistique et comparative montre sans détour que les banques centrales ont une responsabilité non négligeable dans la hausse du cours des actifs numériques. Le discours récent de la BCE va donc dans le sens de tendances déjà existantes, qui favorisent à long terme l’expansion globale des marchés, malgré des risques naturels de moyen terme du fait de la reprise.

Discours de la BCE…Agir pour éviter de périr…

Bien au-delà des questions de régulation, ou des questions d’euro numérique, la BCE joue un rôle déterminant dans la détermination des phases haussières ou baissières sur cryptomonnaies. Ainsi, le récent discours de la BCE du 22 juillet 2021 précise des objectifs monétaires clés :

« Nous avons convenu d’un objectif d’inflation symétrique de 2 % à moyen terme. Nos taux directeurs sont proches de leur borne inférieure depuis un certain temps et les perspectives d’inflation à moyen terme restent bien en deçà de notre objectif. Dans ces conditions, le Conseil des gouverneurs a révisé aujourd’hui sa forward guidance sur les taux d’intérêt. Nous l’avons fait pour souligner notre engagement à maintenir une politique monétaire toujours accommodante pour atteindre notre objectif d’inflation. »

– Discours BCE, 22/07/2021, source.

Sans surprise donc, la BCE conserve ses objectifs et sa politique de création monétaire. Ces politiques monétaires devraient rester soutenues jusqu’au printemps 2022, avant une diminution progressive des interventions par la suite. La BCE envisage ainsi, dans le cadre de ses plans de Pandemic Emergency Purchase Program (PEPP) et de l’Asset Purchase Program (APP), une hausse de son bilan continue afin de maintenir autant que possible la faiblesse des taux. Les rachats de la BCE sont relativement inégalitaires auprès des pays. Près de 25% des rachats sont à direction de l’Allemagne, tandis que la France bénéficie d’environ 16% des rachats. La BCE précise également dans son discours que « le Conseil des gouverneurs s’attend à ce que les taux d’intérêt directeurs de la BCE restent à leurs niveaux actuels ou inférieurs jusqu’à ce que l’inflation atteigne 2 % ».

Le risque inflationniste en Europe est-il réel ?

Aux États-Unis, qui conservent une flexibilité économique plus forte qu’en Europe, l’inflation atteint des sommets majeurs, à plus de 5% sur un an. En Europe, la dynamique est plus lente. Bien que l’inflation soit élevée par rapport aux dernières années, la hausse des prix semble encore limitée. Néanmoins, cette hausse rapide et prononcée de l’inflation pourrait rapidement encourager une hausse de l’inflation structurelle à long terme, ce qui modifierait les perspectives d’évolution du prix des actifs, dont les cryptomonnaies.

Inflation : Zone Euro. Source : tradingeconomics.

Inflation structurelle et conjoncturelle, deux problèmes différents.

L’inflation sur un an en zone euro était de 1,9% en juin 2021 (contre 2% en mai), ce qui n’est pas négligeable. Inflation d’autant plus forte aux États-Unis, entre 5% et 5,5% sur un an. La principale source ciblée par la BCE est la hausse des matières premières et les différentes pénuries que subissent les entreprises. La dégradation de la santé des entreprises (endettement, problèmes de trésorerie, restrictions, etc…) accentue ainsi dans l’immédiat le phénomène d’inflation. Ce phénomène est d’autant plus encouragé par le fait que les prix des actifs comme l’immobilier continuent à progresser en raison de la faiblesse des taux.

Par ailleurs, plusieurs problèmes structurels limitent l’inflation depuis plusieurs décennies : la hausse du taux d’épargne (en réaction à la baisse des taux et de la vitesse de circulation de la monnaie), ou encore la hausse du chômage et la diminution de la hausse des salaires, et paradoxalement la récurrence de déficits publics. L’inflation que nous traversons actuellement est plutôt d’un type conjoncturel, c’est-à-dire temporaire, mais engendre très probablement des changements structurels qui se retrouveront dans l’inflation de long terme (plus élevée).

Un problème de vélocité… et de déficits !

L’inflation mesure, dans un certain sens, une mauvaise coordination entre l’offre et la demande. L’inflation peut donc être le fait de causes économiques (pas assez de travailleurs, pénuries, etc…) ou de causes monétaires (trop de demande du fait d’une abondance de monnaie, etc…). Aujourd’hui, les deux risques d’inflations se cumulent : à la fois un risque d’inflation économique à court terme (pénuries, retour sur un faible chômage, etc…), et d’inflations monétaires à long terme.

En bref, l’inflation dépend d’une part des quantités de monnaie en circulation, et d’autre part de la rapidité de circulation de ces quantités de monnaie (vélocité dans le langage économique). On notera en effet que l’évolution des déficits publics depuis ces dernières années réduit continuellement le potentiel d’inflation, du fait de la forte corrélation entre vélocité et équilibre budgétaire. De plus, dans une étude récente pour Natixis, l’économiste Patrick Artus précise :

« Quand on compare la France aux autres pays de l’OCDE sur ce point, on voit que la France se situe dans la moyenne : tous les pays de l’OCDE, en particulier les États-Unis, ont en 2021 un poids élevé du déficit public structurel dans le déficit total […] le taux d’endettement public de la France va augmenter de 3 points de PIB par an, ce qui inévitablement va conduire à une crise de la dette publique. »

La France maintiendrait ainsi un fort déficit public pendant de nombreuses années. En effet, près de 70% du déficit public français serait structurel, c’est-à-dire durable, selon la même étude. Cela conforte l’idée d’un retour de l’inflation plus progressif que brutal dans le temps, avec des tensions monétaires plus fortes.

Impact direct des politiques monétaires sur les cryptomonnaies.

Évolutions pour les prochains mois.

De très nombreux arguments et démonstrations nous montrent effectivement que les cryptomonnaies sont très fortement corrélées au contexte monétaire global. D’une part, comme traité dans notre précédent article [voir], les cryptomonnaies sont corrélées à près de 85% aux actions américaines à moyen et long terme. D’autre part, les performances des actions sont extrêmement corrélées au taux de croissance de la masse monétaire (de manière décalée de quelques mois). Ainsi, une hausse de la masse monétaire implique statistiquement, in fine, une hausse du cours des cryptomonnaies.

Avant la révision de ses prévisions économiques en septembre et la publication de ses nouvelles décisions, la BCE va donc maintenir les politiques observées ces derniers mois. Néanmoins, le ralentissement des injections monétaires en comparaison à la crise de 2020 provoque des tensions à moyen terme sur cryptomonnaies, ce qui explique en grande partie leur forte correction [voir notre précédente publication]. Il n’est pas impossible de revoir un Bitcoin sous 30 000$ dans les conditions actuelles, avant un rebond par la suite du fait de la continuité des politiques monétaires centrales, et des liquidités disponibles.

Évolution à long terme.

À long terme, on assiste donc à de potentielles inflations plus récurrentes, avec des politiques toujours accommodantes, suivies de politiques plus restrictives par la suite. Le retour à la normale monétaire et budgétaire sera bien plus lent. Les perspectives monétaires de la FED visent par exemple à réaliser une hausse progressive des taux directeurs jusqu’en 2025/2026. De son côté, la BCE dispose d’une marge de manouvre moindre de hausse des taux, du fait du fort niveau d’endettement et de la faiblesse perpétuelle des taux. Les actifs financiers devraient globalement bénéficier du contexte à long terme, avec la hausse projetée de l’endettement. Il est donc fortement possible que les cryptomonnaies s’engagent dans une stabilisation haussière des cours avant le milieu de la décennie.  

En bref.

En définitive, le discours de la BCE demeure sans surprise pour les marchés. L’injection de liquidités pour les prochains mois devrait encore encourager la hausse du potentiel du marché à long terme. Malgré des risques de liquidités de moyen terme persistants depuis le printemps 2021, le contexte à long terme est probablement plus favorable qu’après 2017 pour les cryptomonnaies. Les Banques centrales maintiennent en effet des politiques très expansionnistes, au regard de l’inflation (et de la croissance), et surtout du besoin de financement des États et des banques. Les récentes décisions de la BCE, qui seront suivies des nouvelles perspectives de septembre, vont indubitablement dans le sens d’une continuité de la hausse des actifs au sens large à long terme.  

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( Rédacteur )

Auteur de plusieurs livres, rédacteur économique et financier sur plusieurs sites, je noue depuis de nombreuses années une véritable passion pour l’analyse et l’étude des marchés et de l’économie.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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