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Bitcoin (BTC) Bull Run

mer 30 Mar 2022 ▪ 19h00 ▪ 8 min de lecture - par Nicolas Teterel

BTC/USD est en hausse de 25 % depuis le début de « l’opération spéciale russe » en Ukraine. Le bitcoin s’apprécie en réaction au défaut des États-Unis et de l’Europe vis-à-vis de la Russie. L’inflation qui n’en finit plus de s’aggraver est également à mettre dans la balance.

Résumé du rapport hebdomadaire On-chain de GlassNode

GlassNode estime que le marché baissier touche à sa fin. L’une des métriques mises en avant pour se justifier est le nombre de BTC n’ayant pas bougé depuis plus d’un an. Nous sommes tout proche du plus haut historique. GN explique :

« Une augmentation du nombre de BTC n’ayant pas bougé depuis plus d’un an est synonyme d’une conviction haussière grandissante. Statistiquement parlant, plus un BTC reste dormant longtemps, plus il a de chances de le rester. Les investisseurs qui détiennent des BTC longtemps sont plus susceptibles de ne pas vendre lors de fluctuations de prix brutales. »

Or la proportion des BTC > 1 an a augmenté de près de 9.4 % au cours des huit derniers mois :

Bitcoin : Percent of SUpply Last Active 1 + years ago
« Pourcentage de BTC ayant été acquis il y a plus d’un an » (Actuellement, 62.9 % des BTC ont été achetés il y a plus d’un an. Nous sommes tout proche du plus haut historique)

Le graphique suivant est également très intéressant puisqu’il permet de voir à quel prix les BTC ont été achetés et quand. En rouge, les BTC achetés il y a moins de 150 jours (Short-Term Holders). En bleu, les BTC achetés il y a plus de 150 jours (Long-Term Holders). En gris, les BTC envoyés sur les adresses des exchanges.

GN fait deux observations importantes :

  • « Les Long-Term Holders détiennent encore une très grande proportion des BTC acquis sur des prix supérieurs à 45 000 $. Ces BTC affichent une perte latente depuis plusieurs mois. […] Cela suggère la persistance d’un sentiment haussier fort. »
  • « Les Short-Term Holders ont accumulé une grande partie de leurs BTC entre 38 000 et 45 000 dollars. Cela indique que de nombreux investisseurs considèrent cette fourchette de prix comme une opportunité d’achat. »

Il existe toujours un risque que ces Short-Term Holders soient sensibles à une résurgence de la volatilité baissière. Cependant, GN pense que « le degré d’accumulation observé au cours de la récente zone de consolidation, en particulier face aux risques macro et géopolitiques mondiaux, signale une solide conviction haussière ».

Bitcoin : Entity-adjusted unspent realized price distribution
« Nombre de BTC achetés en fonction du prix d’achat » (Les couleurs bleu et rouge permettent de savoir si les BTC ont été achetés il y a plus ou moins de 150 jours)

Ce troisième et dernier graphique représente la perte ou le profit en pourcentage des BTC envoyés sur les exchanges (très probablement pour être vendus). Vous pouvez par exemple observer en rouge foncé la part des BTC vendus suite à une perte de plus de 80 %, ou en bleu les BTC vendus avec un profit de plus de 1000 %.

Il ressort que le volume de ventes en catastrophe suite à de grosses pertes s’est fortement réduit depuis le mois de mars 2020. Très clairement, de plus en plus d’investisseurs sont maintenant convaincus que le bitcoin (BTC) ne peut que s’apprécier sur le long terme et qu’il suffit d’être patient en cas d’achat sur un pic de prix.

Bitcoin : Profit and loss by return bands

Dernière information intéressante, GN signalait au moment de publier son rapport (lundi) que les Short Term Holders, en moyenne, repassent dans le vert à partir de 45 900 $.

C’est un seuil clef à surveiller car, dans un marché baissier, les STH ont tendance à vendre sur ce seuil qui leur permet de déboucler leurs positions sans perte. Or, nous avons allégrement enfoncé ce seuil depuis lundi, ce qui suggère encore une fois que la confiance revient et que le bottom du bear market est probablement derrière nous.

L’Inflation à deux chiffres est de retour en Europe

Le bras de fer entre l’occident et la Russie a des conséquences terribles sur l’inflation qui est le driver principal du bitcoin (BTC).

Les derniers chiffres d’inflation de la zone euro seront publiés ce vendredi. Le consensus table timidement sur 6.6 %. En attendant, l’inflation en Espagne est déjà sortie, à 10 %, au plus haut depuis 37 ans. À ce rythme, les prix auront augmenté de 100 % d’ici à 6 ans…

C’est ce vers quoi nous nous dirigeons si jamais l’Union Européenne jette de l’huile sur le feu en Ukraine avec une paire de deux en main. Le ministre de l’Énergie russe a déjà prévenu que l’Europe payera son baril de pétrole 300 $ si la Russie cesse ses exportations.

Pour rappel, l’Europe a gelé les réserves de change russes, si bien que Moscou demande désormais d’être payé en rouble. E. Macron et son homologue Allemand ont refusé, ce à quoi le ministre des Affaires étrangères russe a répondu : « Nous ne livrerons pas nos ressources énergétiques gratuitement ».

« Quels pays européens dépendent du gaz russe »

Une rupture totale de l’approvisionnement en énergie russe est à craindre et le conseil économique allemand semble l’avoir intégré dans ses prévisions. Berlin ne table plus que sur 1.8 % de croissance en 2022, contre 4.6 % précédemment anticipé.

La vérité est que nous nous dirigeons tout droit vers une récession massive qui poussera la BCE à ressortir sa planche à billets. C’est ce qu’a révélé Isabel Schnabel le 24 mars. La lieutenante de Christine Lagarde n’y est pas allée par quatre chemins :

« Si nous subissons une profonde récession en raison des évènements en Ukraine, nous devrons réévaluer la fin du programme d’achat d’actifs. »

Christine Lagarde a pour sa part déclaré trois jours plus tard que « la guerre devrait avoir un impact considérable sur l’économie mondiale, et surtout sur l’économie européenne ». « L’impact global dépendra beaucoup de la durée de la guerre », a-t-elle ajouté, avant de lancer que la BCE fera le nécessaire face à « l’horrible acte d’agression » de la Russie.

Des pénuries énergétiques ainsi qu’une augmentation de la masse monétaire sont le cocktail parfait pour mener le bitcoin jusqu’à l’objectif de court terme qui est 100 000 $.

D’où le FUD qui refait son apparition. En effet, Greenpeace et Ripple se sont associés pour faire pression sur les leaders de la tech et de la finance. Le but ? Passer du Proof of Work au Proof of Stake sur le BTC. Ironique vu que le PoW est justement là pour empêcher une telle prise de contrôle du bitcoin.

Certains députés européens ont récemment tenté des manœuvres similaires, sans succès. Qu’à cela ne tienne, nos chers élus se sont maintenant mis en tête d’interdire les transferts de BTC depuis un exchange vers un wallet privé anonyme…

Mais là encore, la démarche est grotesque étant donné qu’une fois sur un wallet privé, même identifié, personne ne peut empêcher de faire une nouvelle transaction vers un wallet parfaitement anonyme…

Ces attaques répétées sont révélatrices d’aspirations totalitaires. À n’en pas douter, les puissants préféreraient nous asservir via des CBDC reliées à une identité numérique et nous rationner en fonction de notre crédit social. C’était sans compter le bitcoin (BTC), la monnaie des Hommes libres.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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