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Bitcoin, Dollar et Great Reset

mar 29 Mar 2022 ▪ 17h30 ▪ 13 min de lecture - par Nicolas Teterel

Les fondations du système monétaire international sont sérieusement ébranlées par le gel des réserves de change russes. Depuis, le bitcoin attire tous les regards, contrairement au CBDC qui s’annonce comme la pierre angulaire du Great Reset…

Bitcoin (BTC), la monnaie des ennemis

Le système monétaire international est largement dominé par le dollar et l’euro qui représentent respectivement 59 % et 20 % des réserves de change mondiales. Soit l’équivalent de 9530 milliards de dollars.

Ces réserves de change sont généralement investies dans les dettes afin d’engranger un taux d’intérêt. Geler des réserves revient donc à refuser de rembourser ses dettes, ce qui fait dire à Vladimir Poutine que l’occident a fait défaut :

« L’ensemble de l’économie et du commerce mondial a subi un coup dur, de même que la confiance dans le dollar américain comme principale monnaie de réserve. Le gel illégitime d’une partie des réserves de change de la banque de Russie marque la fin de la fiabilité des actifs dits de première classe. Les États-Unis et l’Union européenne ont manqué à leurs obligations envers la Russie. Désormais, tout le monde sait que les réserves de change peuvent tout simplement être volées. Dans un avenir immédiat, de nombreux pays pourraient commencer – je suis sûr que c’est ce qui va se passer – à convertir leurs actifs papier et numériques en réserves réelles comme les matières premières, les terres, la nourriture, l’or et d’autres actifs réels. »

Les marchés financiers ont pris bonne note de ce conseil puisque le prix du baril de pétrole flirte avec les 120 $ alors que le gaz se vend en Europe pour 2.4 $ le m3. À équivalence énergétique, c’est comme si le baril de pétrole valait 330 dollars… L’indice bloomberg du métal (comprenant aluminium, cobalt, cuivre, fer, nickel, uranium, zinc, étain, plomb et molybdène) est en hausse de 230 % par rapport à 2016.

De manière plus préoccupante, le prix du blé oscille autour de 440 dollars la tonne, soit une augmentation de 140 % depuis 2016. La raison étant que le prix des engrais (dont la création demande beaucoup de gaz) est en hausse de 600 % sur un an. Sans parler du fait que les semis pourraient ne pas être faits en Ukraine, cinquième exportateur mondial.

Le président russe n’est pas allé jusqu’à recommander au monde de convertir leurs réserves en bitcoin, mais le président de la commission énergie de la chambre basse de la Douma s’en est chargé pour lui. Pavel Zavalny s’est déclaré favorable à ce que les ressources naturelles russes puissent être vendues en bitcoin, entre autres monnaies.

Pour rappel, le quotidien économique Kommersant avait révélé début février que le gouvernement russe s’apprête à proposer un projet de loi visant à reconnaître le bitcoin (BTC) comme une monnaie « étrangère ». Le premier ministre russe, Mikhail Mishustin, s’y est récemment montré favorable lors de débats à la douma en plaidant pour « l’intégration du bitcoin dans le système financier ».

L’idée est probablement de ne pas compter uniquement sur le système de paiement chinois pour contourner le réseau SWIFT dont la Russie a été partiellement déconnectée. À moins que les sanctions occidentales ne soient levées suite à un succès des négociations entre l’Ukraine et la Russie qui se déroulent en Turquie cette semaine ?

Guerre longue = inflation = Bitcoin (BTC) 100 000 $

La Russie est prête à laisser l’Ukraine entrer dans l’UE sous certaines conditions. Malheureusement, le président ukrainien a déjà déclaré qu’il ne prendra part à aucune discussion avec son homologue russe s’il s’agit de parler de « démilitarisation » où de « dénazification ».

Il est donc permis de douter qu’une issue sera trouvée cette semaine. D’autant plus que le ministre de l’Économie allemand a déclaré ce lundi 28 mars que « le G7 refuse de payer son gaz en rouble ». « Nous sommes préparés au scénario dans lequel la Russie cesserait de nous livrer du gaz ».

Le ministre des Affaires étrangères russe, M. Peskov, a rétorqué sobrement : « Nous ne donnerons pas notre gaz gratuitement… »

Berlin semble compter sur l’approvisionnement en GNL des États-Unis. Joe Biden aurait promis 15 milliards de mètres cubes d’ici à la fin de l’année, et 35 milliards supplémentaires d’ici à 2030. Quelle aubaine pour les Américains dont le gaz est beaucoup plus cher que celui de Gazprom qui est acheminé via pipeline…

Sauf que nous sommes loin du compte. L’UE dépend de la Russie pour environ 40 % de son gaz, soit 120 milliards de mètres cubes par an ! Sans oublier que la production européenne a passé son pic et qu’elle décline d’approximativement 8 milliards de mètres cubes par an depuis 2015.

« N’oubliez pas le déclin sous-jacent de la production européenne de gaz. L’Europe a besoin d’une bonne partie de ces 50 milliards de mètres cubes de GNL pour compenser le déclin naturel de la production qui se produira d’ici 2030 – avant que nous puissions parler d’expulser le gaz russe. »

Dit autrement, l’Allemagne s’est surtout « préparée » à rationner la population dont l’épargne sera bientôt dévorée par la pire inflation depuis la seconde guerre mondiale. Les verts au pouvoir souhaiteraient-ils se laver les mains de leur débâcle énergétique (arrêt du nucléaire) en faisant porter le chapeau à la Russie ?..

Pourparlers et kamikaze teuton mis à part, la visite de J. Biden en Europe ne fut pas pour rassurer. Le président américain a lancé ce samedi que Vladimir Poutine « ne peut pas rester au pouvoir », avant de mettre de l’eau dans son vin le lendemain…

Cette attitude de tête brûlée ne surprend pas quand on sait que son fils Hunter Biden est impliqué dans la création d’un gigantesque réseau de laboratoires d’armes biologiques sur le sol ukrainien. Le New York Post rapporte en effet que l’entreprise Rosemont Seneca Technology Partners d’Hunter a investi 500 000 dollars dans Metabiota, une start-up de recherche en pathogènes.

Metabiota a bénéficié de l’entregent du fils prodigue en glanant 24 millions supplémentaires auprès du Pentagone qui travaille aussi avec l’entreprise Black & Veatch, celle-là même qui a équipé ces laboratoires ukrainiens où sont manipulés des maladies mortelles en vue de…

Le New York Post révèle également un mail d’avril 2014 à destination d’Hunter Biden dans lequel la vice-présidente de Metabiota, Mary Guttieri, explique comment ils pouvaient « affirmer l’indépendance culturelle et économique de l’Ukraine vis-à-vis de la Russie et son intégration continue dans la société occidentale »...

Concrètement, le fils du président américain était en contact avec cette sombre firme spécialisée dans les virus en même temps que le coup d’État de Maïdan. Ceci est un indice supplémentaire suggérant que cette guerre est voulue et qu’elle pourrait se prolonger, faisant en passant les affaires du bitcoin.

Great Reset et CBDC

Le désastre inflationniste en gestation va nécessairement rabattre les investisseurs du monde entier vers des valeurs refuge comme l’or et le bitcoin. Néanmoins, le BTC ne fait pas vraiment partie de l’agenda de Larry Fink, le fondateur de BlackRock, qui se trouve également être un membre clef du conseil d’administration du World Economic Forum et du Council of Foreign Relations.

Fink avait en effet déclaré en octobre qu’il y a « une place énorme pour la monnaie numérique », avant d’avouer être « probablement plus dans le camp de Jamie Dimon ». Or Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan Chase, a qualifié le bitcoin de « Worthless » (sans valeur).

Le milliardaire a confirmé son amour des CBDC dans sa lettre annuelle (aux CEO des compagnies dans lesquelles sont investis les 20 000 milliards que gère BlackRock) publiée le 24 mars. Il y avance que « la guerre en Ukraine pourrait accélérer l’adoption de la monnaie numérique » avant de se féliciter que « la banque centrale américaine a récemment lancé une étude pour examiner les implications potentielles d’un ‘Digital Dollar’ ».

Larry avance plus loin « qu’un système mondial de paiement numérique pourrait améliorer le règlement des transactions internationales ». Ceci est évidemment une référence aux travaux de la banque des règlements internationaux qui met actuellement sur pied un système de paiement international pour les CBDC.

À ce titre, il est extrêmement intéressant de voir que l’Ukraine vient d’annoncer silencieusement, en pleine guerre, qu’elle est le premier pays à mettre en place une application combinant le revenu de base universel, une identité numérique ainsi qu’un passe vaccinal. L’application « Diia ».

Il est possible d’y stocker de nombreux documents officiels : carte d’identité, passeport, permis de conduire, passe sanitaire, assurances, données de santé, prestations sociales, etc. En tout, ce sont près de 50 services auxquels les Ukrainiens pourront accéder via cette app qui ressemble comme deux gouttes d’eau au « Digital Wallet » lancé par l’Union Européenne.

Dans cette vidéo, le gouvernement ukrainien annonce la mise en place d’une « économie de temps de guerre » prévoyant le versement de 6500 Hryvnia (la monnaie ukrainienne) aux personnes ayant perdu leur emploi :

« Ainsi, l’aide de Zelensky à l’Ukraine en temps de guerre dépend de la numérisation de l’identité des personnes et de leur statut vaccinal ? »

Le service utilisé (e-Pidtrymka) est celui dont le gouvernement s’est servi pour inciter les Ukrainiens à se faire vacciner en échange de l’équivalent de 40 dollars. ThuthTalk rapporte que cet argent peut être dépensé uniquement où il est approuvé.

L’application Diia fut lancée en 2020, lorsque le vice-Premier ministre et ministre de la transformation numérique de l’Ukraine, Mykhailo Federov, lança son projet « State in a smartphone ». Pour le plus jeune ministre de l’histoire du pays, « les gouvernements finiront par ressembler à des multinationales de la Tech et non plus à des gouvernements classiques ».

Cela tombe bien puisque c’est exactement la vision des globalistes du World Economic Forum auquel M. Federov a participé le 07 avril 2021 lors d’une session intitulée « Scaling up Digital Identity Systems » (déployer les systèmes d’identité numérique).

La description de la session était celle-ci : « L’identité numérique a le potentiel de débloquer l’accès aux services bancaires, à l’éducation, à la mobilité et à d’autres services essentiels ». Le ministre y avait alors déclaré que son « but est que toutes les situations de la vie soient permises par l’identité numérique ».

L’identité numérique est la première étape concrète du « Great Reset » en permettant la collecte de toutes nos données. La seconde étape sera de lancer une monnaie programmable calquée sur le modèle chinois. C’est-à-dire un CBDC conditionné par les informations liées à l’identité numérique (crédit social).

Il sera alors possible de rationner la population et ainsi éviter le dérapage hyper-inflationniste qui arrive si l’Europe est assez folle pour cesser complètement d’importer l’énergie russe.

En définitive, si l’agenda du WEF semble bienveillant dans sa volonté de s’attaquer aux émissions de CO2 et la raréfaction du pétrole, les solutions proposées pointent malheureusement vers une gouvernance mondiale techno-totalitaire.

Toutes les pièces du puzzle se mettent en place et le bitcoin apparaît chaque jour un peu plus comme le seul outil à même d’arrêter Klaus Schwab et sa clique de globalistes que sont Macron, Joe Biden, Boris Johnson, Justin Trudeau et autres young leaders qui ont colonisé nos démocraties.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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