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Bitcoin (BTC) se repaît des fortes tensions inflationnistes

BTC/USD a perdu 10 % suite à son incartade au-dessus de 50 000 $ mais nous sommes toujours en hausse de plus de 60 % depuis le premier janvier. Une hausse naturelle face à l’inflation qui s’envole aux quatre coins du monde.

L’inflation atteint 3 % par an dans la Zone Euro

Christine Lagarde a répété jeudi dernier son mantra bancaire : l’inflation sera « temporaire ».

Ceci est un mensonge. En France, il faut remonter 68 ans en arrière pour trouver une année de recul des prix. L’inflation est actuellement de 3 % par an dans la zone euro et s’élévera plus encore à l’automne dixit Lagarde.

L’inflation dépasse 5 % par an aux États-Unis ! C’est comme si les Américains voyaient leur salaire diminuer de 5 % par an… Dans ces conditions, le bitcoin ne peut que s’apprécier. A vrai dire, il ne s’arrêtera jamais de s’apprécier. Pour deux raisons.

La première est que nous avons franchi le pic pétrolier. Dit autrement, la croissance ira désormais decrescendo, quoi que l’on fasse. Et moins de croissance signifie que le gâteau à se partager rétrécie, provoquant inéluctablement la hausse des prix.

À l’échelle mondiale, la croissance annuelle moyenne du PIB par tête baisse depuis les années 1960. Elle est passée de 3,5 % par an (en moyenne) de 1960 à 1970 à 0 % (en moyenne) entre 1990 et 2000 (source : Jancovici). Pour l’année 2020, nous sommes passés à -4.5 % :

Graphique PIB
CROISSANCE MONDIALE DU PIB RÉEL PAR HABITANT (taux de pourcentage annuel de croissance du PIB par habitant basé sur les devises locales constantes) / Source : banquemondiale.org

Les chiffres de JM. Jancovici sont corrigés de l’inflation officielle, c’est-à-dire de l’inflation des prix des biens courants (prix à la consommation). Les prix des actifs immobiliers et des actions ne sont pas comptabilisés. Or ces actifs sont particulièrement inflationnistes. Ils alimentent « artificiellement » la hausse du PIB.

Nous disons « artificiellement » car il s’agit de bulles. Pour le dire autrement, les bulles spéculatives sur l’immobilier et la bourse font monter le PIB, tant qu’elles durent…

L’inflation ne s’arrêtera jamais

Depuis le deuxième choc pétrolier (1979), la France n’a plus jamais connu de croissance du PIB par tête supérieure à 2 % par an. Nous sommes même en décroissance depuis le pic de pétrole conventionnel de 2008 :

Graphique PIB par habitant
(Dollar courant = corrigé de l’inflation / On utilise le PIB dit “réel”) / Source : Ifrap.org

Le manque d’énergie fait qu’il n’est plus aussi facile de transformer notre environnement (de produire des choses) et donc de générer l’activité économique nécessaire pour rembourser la dette.

Nous en venons donc à la deuxième raison : le système de création monétaire est conçu pour fonctionner dans un contexte de croissance éternelle. Créer de la monnaie à partir de dette signifie que la dette ne peut qu’augmenter. C’est un fait bien établi.

Plus la dette augmente et plus il faut de croissance, ce qui n’est plus possible faute d’énergie suffisamment abondante. Il en découle que les banquiers doivent réduire leurs émoluments en prélevant moins d’intérêts. Moins d’énergie disponible = baisse des taux.

En 2018, Jerome Powell avait annoncé vouloir remonter le taux directeur à 3.5 % pour finalement faire marche arrière à peine une semaine plus tard. Pourquoi ? Parce que Wall Street avait chuté de 20 % entre-temps (une chute prolongée de la bourse signifie que les fonds de pension américains ne peuvent plus payer les retraites).

Dans l’ensemble, nous n’avons pas d’autre choix que de gonfler la dette et d’autant plus qu’il faut compenser la raréfaction énergétique (diminution de l’activité économique).

Le choix reste le même pour les banquiers centraux : continuer à imprimer et alimenter l’accélération de l’inflation, ou arrêter et laisser la bourse s’effondrer. L’option choisie est de payer les retraites avec des dollars qui valent de moins en moins.

Prix du baril, Michael Saylor, Cathie Wood et les 500 000 $

Le prix du baril est remonté au-dessus de 74 $ au moment d’écrire ces lignes. Cette remontée est liée au dernier rapport de l’OPEP dans lequel il est écrit que la demande mondiale d’or noir va passer de 96.7 millions de barils par jour en 2021, à près de 100 millions de barils l’année prochaine.

Et alors que l’agence internationale de l’énergie (AIE) prône l’arrêt de tout nouveau projet dans les énergies fossiles pour préserver le climat, le sultanat d’Oman a prévenu qu’un arrêt abrupt des investissements provoquera des famines et une hausse du prix du baril entre 100 $ et 200 $. Dit autrement, les perspectives d’inflation vont bien…

Le prix des matières premières et de la nourriture sont directement liés au prix du baril. Voici l’évolution des prix sur un an :

  • Gaz naturel: +126%
  • Essence: +95%
  • WTI pétrole: +89%
  • Brent pétrole +86%
  • Aluminum: +61%
  • Sucre: +61%
  • Café: +52%
  • Cuivre : +42%
  • Maïs: +39%
  • Coton: +39%
  • Soja: +29%
  • Blé: +26%
  • Bois de construction: -2%
  • Gold: -9%
  • Silver: -13%

Cette douloureuse inflation est fatidiquement de bon augure pour le bitcoin.

Du côté de NewYork, Cathie Wood, fondatrice de la firme d’investissement d’Ark Invest, a parié que la valeur d’un Bitcoin passera de 45 000 $ à 500 000 $ d’ici 5 ans. De manière plus indigeste, wood a déclaré que leur portefeuille va évoluer vers 40 % d’ETH et 60 % de BTC. Spéculatif quand on sait qu’il est écrit d’avance que le Proof of Stake se terminera très mal…

Pendant ce temps, Michael Saylor a continué ses emplettes en achetant pour 242 millions $ de BTC supplémentaires. 5050 BTC dans la besace, soit plus 75 000 BTC en tout. Le CEO de Microstrategy a également révélé détenir 17 732 BTC à titre personnel… Retrouvez ses deux dernières ITW traduites en français ici et ici.

Après le Salvador, le Panama et l’Ukraine ?

Le bitcoin est devenu officiellement monnaie courante au Salvador. Certains s’attendaient à ce que les marchés saluent cette journée historique, mais c’était ignorer le vieil adage boursier disant d’acheter la rumeur et de vendre la nouvelle…

Certes, le Salvador a commencé ses achats de BTC pour abreuver le fonds qui permet aux salvadoriens de faire des conversions sans frais en dollar. Mais à ce jour, seulement 550 BTC ont été achetés, représentant à peine plus de la moitié de la quantité de BTC créés chaque jour via le mining.

Pas de quoi chambouler la structure de l’offre et de la demande globales de BTC. Le fait que le Panama ait proposé une loi pour marcher dans les pas du Salvador n’a pas non plus soulevé les prix.

Les annonces de l’Ukraine ont également eu l’effet d’un coup d’épée dans l’eau. Kiev a légalisé le bitcoin sans légaliser des paiements en BTC… Il se murmure que le pays franchira le pas d’ici 2023 mais, comme on dit : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».

Terminons avec le Brésil. Bitcoin Magazine rapporte que 48 % des Brésiliens pensent que leur pays devrait adopter le bitcoin. C’est en tout cas ce que suggère un sondage réalisé par Sherlock Communications et publié dans Valor Investe. « 56 % des Brésiliens supportent la décision du Salvador de faire du BTC une monnaie à part entière ».

PS : Cette analyse fondamentale est publiée tous les mercredis sur Cointribune. Vous pouvez également me suivre sur Twitter : @cryptojournalFr

Bonus :

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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