Bitcoin (BTC) et cryptos en Afrique : quels enjeux pour le continent ?

mar 05 Oct 2021 ▪ 8h00 ▪ 7 min de lecture - par Mikaia Andriamahazoarimanana

Afrique : quels enjeux représentent la crypto monnaie pour le continent ? Le rapport 2020 Geography of Cryptocurrency de Chainalysis attribue de bonnes notes à l’Afrique en termes d’adoption des crypto monnaies.

L’Afrique est-elle sur la bonne voie ?

Chainalysis, spécialiste des analyses blockchain a récemment publié un rapport sur l’intégration des crypto monnaies en Afrique. Pour piqûre de rappel, cette entreprise a l’habitude de fournir des données, services, logiciels, etc. à des agences gouvernementales, sociétés boursières ou d’assurances et institutions financières. Chainalysis est reconnu par une cinquantaine de pays réparties dans le monde à l’heure où nous écrivons.

Le rapport en question met en évidence une Afrique en plein essor en matière d’adoption de cet argent digital. Cela est appuyé par des chiffres concernant la part des services associés à cette nouvelle forme de monnaie dans l’activité globale de la région. Une différence de 11 points est, en effet, constatée : si cette part était de 67% en 2019, elle était évaluée à 78% en 2020.

Le même document fait également part de l’hégémonie de Binance sur l’ensemble du continent. Cette plateforme répond particulièrement aux besoins des Africains de transferts des fonds, en dépit de la prévalence des transferts au détail. Ce n’est pas pour rien que Binance s’attribue le titre de « plus grande bourse de crypto monnaies au monde » si l’on tient compte le volume d’échanges.

Les banques centrales endossent-elles le dossard de rabat-joie ?

Et pourtant, certaines banques voient les choses autrement. Pour ne citer que la Banque centrale du Nigéria qui sommait les banques locales de ne délivrer aucun service aux fournisseurs de crypto monnaies jusqu’à nouvel ordre.

Une décision qui n’a pas fait l’unanimité chez les acteurs économiques de la région, apparemment. Il va sans dire qu’un grand nombre de personnes ont réagi face aux décisions similaires. À coup de tweets, les amateurs de crypto ont déploré cette attitude unilatérale des institutions bancaires. Car au moment de la fermeture des comptes, beaucoup d’entre eux peinaient à récupérer leurs avoirs. Et il y a aussi le fait que l’argent gagné avant ce fameux blocus aurait servi pour surmonter les crises liées à la pandémie du Covid.

Plusieurs plateformes comme Peabase et Quidax ont subi de plein fouet les conséquences des résolutions de certaines banques centrales africaines. Quidax, une plateforme favorable à l’achat et à la vente de crypto monnaies, s’est plainte sur ce sujet. Pour son PDG et cofondateur Buchi Okoro, cette douche froide arrive au moment où l’Afrique commençait à décoller. Les volumes réalisés par Quidax au Nigéria étaient énormes à l’époque.

Heureusement que les Nigérians, suivis de près par les Kenyans, sont des gens proactifs. Contraints d’abandonner la voie de la « prospérité mondiale » basée sur la crypto monnaie, ils se ruent désormais vers les échanges peer-to-peer (P2P). Une alternative plutôt attrayante et salutaire au niveau des certains acteurs, mais qui souffre d’une réelle absence de réglementation au point de handicaper le continent.

Un problème d’absence compréhension de la crypto en Afrique

La bonne marche de l’adoption de la crypto monnaie en Afrique est donc victime de mesures restrictives proférées par ses banques centrales. Mais il convient aussi de citer les problèmes basiques liés à l’électrification ou encore l’accès à internet sur dans tout le continent.

Ce qui fait en sorte que la culture financière des Africains n’est pas au beau fixe pour le moment. L’accumulation de la richesse dans cette région ne se résumerait pas à des activités élémentaires comme l’investissement en immobilier ou dans les actions. L’on y comprend difficilement comment les milliardaires locales ont fait pour devenir ce qu’ils sont présentement.

Ce constant de problème de circulation des informations inquiètent plusieurs acteurs issus de la sphère crypto africain. Ils vont même jusqu’à pointer du doigt une certaine forme de lenteur au niveau de l’acheminement des données relatives à la finance décentralisée et les crypto monnaies auprès des jeunes.

S’ajoute aussi à ces obstacles le problème de traduction des concepts. Sans cet effort, aucun succès n’est à prévoir dans un continent où les langues et les dialectes pullulent.

Le mieux serait de commencer à lancer une vaste campagne de traduction du matériel, déclare Roselyne Wanjiru, directrice de la croissance et de l’acquisition d’utilisateurs chez Pesabase. Cela aura comme effet une meilleure compréhension auprès des personnes âgées, des novices et des personnes vivant en dehors des zones urbaines de l’Afrique.

Des réglementations et une bonne dose de confiance requises

La question de la réglementation est au centre de problématiques de l’intégration des crypto monnaies en Afrique. Faute de cadre réglementaire adéquat, les activités d’investissement sur l’ensemble du continent présenteraient un taux de risque élevé. Les faillites deviendront, par la suite, inévitables au point de sanctionner plusieurs acteurs issus du secteur.

Raison pour laquelle plusieurs responsables de plateformes en exercice ne cessent d’alerter les autorités locales sur ce défaut. Les réglementations imposées par les banques étant insuffisantes, autant avancer des dispositifs plus solides que les habituelles limite de transaction ou imposition de capital minimum.

De ces réglementations découleront la confiance, un élément incontournable pour le succès de la crypto monnaie en terres africaines. Quand elle est au rendez-vous, la curiosité africaine cède vite la place à l’application. Ce qui demande de plus de cohérence de la part des industries crypto.

Le succès d’une plateforme d’échanges de crypto monnaie en Afrique ne doit pas seulement être mesuré par le nombre d’achats ni celui du téléchargement de l’application ou du nombre d’inscriptions. La patience est aussi une qualité à ne pas minimiser en phase de lancement. Elle est à coupler également avec une volonté de présence et de cohérence chez les promoteurs de projet. En adoptant cette attitude, il est facile de gagner la confiance des Africains.

Le rapport émis par Chainalysis reflète un démarrage du secteur crypto en Afrique. Certes, les données actuelles semblent insuffisantes pour proclamer une situation inespérée dans le continent. Pourtant, nombreux sont les acteurs et promoteurs de projet d’investissement qui ne baissent pas les bras. Et même si d’autres facteurs comme l’instabilité économique peuvent mettre des battons dans leurs roues, le temps est, pour eux, au travail et à la mise en confiance des usagers des crypto monnaies.

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Mikaia Andriamahazoarimanana

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

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