Bitcoin - La banque centrale australienne pense qu'une cyberattaque systémique est "inévitable"

dim 17 Oct 2021 ▪ 8h00 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

Klaus Schwab n’est pas le seul à s’inquiéter d’une « cyberattaque majeure qui provoquerait un arrêt complet de notre société ». La banque centrale d’Australie pense également qu’un « événement cybernétique aux répercussions systémiques est inévitable ».

La banque centrale d’Australie a prévenu dans son rapport bi-annuel Financial Stability Review que « la plus grande importance dans l’économie des plateformes numériques interconnectées et complexes augmente les risques liés aux cyberattaques ».

Le rapport note que les cyberattaques affectant le secteur financier se sont multipliées par rapport aux précédentes années, une tendance qui s’observe également dans d’autres secteurs. Notamment celui de la santé.

La RBA n’a pas cité l’exemple de l’australien JBS (plus grand producteur de viande au monde) dont le hack (ransomware) a multiplié par deux le prix du kg de bœuf. Les banquiers centraux ont préféré mettre en exergue les cyberattaques sur « Accellion, Microsoft Exchange et SolarWinds », mais aussi la fuite des emails des 270 000 clients de l’exchange « BTC Markets »…

Nous apprenons plus loin que l’impact de cette « inévitable » cyberattaque pourrait rapidement se transmettre d’une banque à une autre :

« Par exemple, plusieurs banques peuvent dépendre des paiements en temps réel d’un participant majeur au système de compensation financière, qui, s’il est paralysé de manière prolongée, pourrait peser sur la liquidité des banques. En outre, l’incapacité de remplacer un établissement ou un fournisseur de services clé pourrait entraîner de graves perturbations opérationnelles dans d’autres établissements de la chaîne d’approvisionnement. »

Ces quelques lignes sont très parlantes quand on sait que le plus grand système de compensation mondial est le réseau SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication). Ce fournisseur de services clé est celui-là même que les États-Unis et l’UE utilisent pour mettre le système bancaire iranien sous embargo…

Le système SWIFT revient souvent lorsque l’on creuse un peu la question des risques cybernétiques du système financier. La RBA pointe d’ailleurs vers un rapport du FMI intitulé The Global Cyber Threat dont voici les premières lignes :

« En février 2016, des pirates ont ciblé la banque centrale du Bangladesh et ont exploité les vulnérabilités du réseau SWIFT, le principal système de messagerie de paiement électronique du système financier mondial […]. Si la plupart des transactions ont été bloquées, 101 millions de dollars ont tout de même disparu. […] Aujourd’hui, il est évident qu’une cyberattaque majeure menace la stabilité financière. Il ne s’agit pas de savoir si, mais quand. »

Christine Lagarde – un temps pressentie pour succéder à Klaus Schwab à la tête du World Economic Forum – avait également lancé dès février 2020 « qu’une cyberattaque pourrait déclencher une grave crise financière ».

De manière intéressante, le rapport du FMI se demande qui se cache derrière les cyberattaques dont la fréquence et l’ampleur ont fortement augmenté depuis le début de la pandémie. Réponse : le groupe Carbanak.

Carbanak s’est attaqué à plus de cent institutions financières, parvenant même à se servir du réseau SWIFT… Le groupe a toutefois cessé d’exister en 2018 après l’arrestation d’une partie de ses membres par les autorités russes. Qestion, qui a recruté les autres ? Bonne question.

Il est en tout cas intéressant de voir le FMI plaider pour une coopération internationale de plusieurs « stakeholders », utilisant là l’expression phare d’herr Schwab. Les « stakeholders » cités sont la finance, les services secrets et les communautés diplomatiques. Sacré mélange des genres…

Nous en revenons à ce que nous disions au mois d’avril à propos de l’obscur think tank Carnegie et son rapport sur la « stratégie internationale pour la cybersécurité et le système financier global 2021-2024 » :

« Ce rapport publié en novembre 2020 a bénéficié du concours du World Economic Forum, d’Interpol, des services secrets US et du FS-SAC qui est la seule corporation mondiale d’échange de renseignements visant à protéger les services financiers des cybermenaces. Ses membres représentent plus de 35 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans plus de 80 pays. »

Or il se trouve que le FS-SAC (The Financial Services Information Sharing and Analysis Center) accueille dans son conseil d’administration un représentant du réseau SWIFT. La corporation est en outre conseillée par Accenture, une multinationale ayant un pied dans quasiment tous les projets de CBDC de banques centrales…

Cela tombe bien puisque le système de CBDCs est le candidat tout trouvé pour remplacer le vieillissant réseau SWIFT qui se trouve être également la cible idéale pour une cyberattaque qui paralyserait tous les échanges mondiaux.

Pas de panique. La banque des règlements internationaux (BIS) s’occupe de tout au travers de son Innovation HUB qui construit le fameux « Multiple CBDC Bridge » et le projet « Rio ». Ce dernier s’intéresse de très près à la chasse gardée du réseau SWIFT depuis des décennies : le marché des changes FX. Il s’agit tout de même du plus gros marché au monde avec un volume journalier de 2000 milliards $.

Tous les chemins mènent à Bâle, là où se trouve la banque des règlements internationaux et son Chairman Agustin Carstens

Terminons en faisant le lien avec le bitcoin. Un gel du système financier mondial serait une publicité formidable pour le bitcoin qui est le seul réseau financier au monde immunisé contre les cyberattaques. Une monnaie en même temps qu’un système de paiement. Deux-en-un.

Le CBDC s’annonce lui comme le remplaçant d’une monnaie fiat écroulée par l’hyperinflation. Il sera très probablement un instrument de surveillance de masse doublé d’un taux négatif et d’un quota carbone.

Pick your fighter…

A
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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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