Se connecter S'abonner

Bitcoin (BTC) – La BCE s’inquiète que l’inflation soit “trop basse”

Le magazine allemand Focus a interviewé Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE. Ce genre d’interview millimétrée est toujours riche d’enseignements pour les bitcoiners, surtout quand on y parle de changement climatique et d’inflation.

La nouvelle « stratégie » de la BCE

La banque centrale européenne a récemment retoqué sa stratégie de politique monétaire. La BCE s’autorise désormais à laisser filer l’inflation. Christine Lagarde et ses acolytes ont également décidé qu’il était temps de prendre en compte le changement climatique !

Ou bien s’agit-il surtout de « Green washing » ? Quoi qu’il en soit, mettre fin au réchauffement climatique ne se fera pas sans heurts pour la monnaie. Nous avions écrit un article à ce sujet en juillet. Nous disions :

« Plutôt que d’avouer l’imbécilité de l’idéologie libérale inconsciente des limites physiques de la planète (et nous ayant mené droit dans le mur climatique en un temps record), les technocrates de Bruxelles ont décidé d’effacer leurs problèmes avec de l’inflation.

Dans son langage fleuri, la BCE dit viser une inflation « symétrique de 2 % à moyen terme pouvant se traduire par une période intermédiaire d’inflation légèrement au-dessus de l’objectif ». Dit autrement, la dette sera remboursée via la spoliation du pouvoir d’achat.

Auparavant, la BCE se donnait pour unique mandat de maintenir l’inflation “strictement en dessous, mais proche de 2 %“. Désormais, l’inflation pourra s’envoler sans que la BCE ne soit obligée d’arrêter d’imprimer de l’argent. »

Isabel Schnabel avait préparé le terrain au mois d’avril et vient d’enfoncer le clou dans cette nouvelle interview parue ce samedi 21 août.

BCE = Stakeholder…

L’inflation ? La faute au changement climatique ?

« Le changement climatique est le plus grand défi du XXIe siècle. Malheureusement, nous risquons de voir des événements météorologiques extrêmes, comme ceux que nous venons de vivre, plus fréquemment à l’avenir », a-t-elle déclaré.

Interrogée sur les raisons qui motivent la BCE à s’intéresser au changement climatique, la banquière a pointé vers l’inflation :

« Le changement climatique a d’importantes répercussions sur la stabilité des prix. »

50 ans après que les scientifiques aient sonné l’alarme, les banquiers se rendent compte que la croissance à outrance, absolument nécessaire pour faire tourner leur système usurier de création monétaire par la dette, a bouleversé le climat.

Bien entendu, la ponte de la BCE n’a pas avoué que le système d’esclavage par la dette est responsable de ce besoin irrépressible de croissance. Et le fait est que son interview ne laisse aucun doute que « l’objectif de croissance » est toujours intégré à son disque dur :

« Ce sera peut-être le cas (hausse de l’inflation) si les entreprises répercutent sur leurs clients les coûts liés au respect de l’environnement […]. Pensez à la transition des moteurs à combustion vers les moteurs électriques […]. »

Il est certain que les Tesla sont un peu plus chères que les Toyota… Cela étant dit, les voitures électriques ne sont pas vraiment une solution au vu de l’urgence climatique. A ce propos, trouvez ICI le résumé pour les décideurs du rapport du GIEC en Français.

« À cela s’ajoute l’augmentation du prix du carbone. Les prix des denrées alimentaires pourraient également augmenter si les sécheresses ou les inondations sont plus fréquentes à l’avenir », a-t-elle également souligné.

En effet, nous avons franchi le pic pétrolier en 2007 avant que la « révolution » du pétrole de schiste des États-Unis ne permette de maintenir les prix bas. Le pays a tout de même fourni 73 % de la hausse de la production de pétrole au cours de la dernière décennie. Mais le répit est terminé. Edward Morse, le responsable de la division « matières premières » de Citigroup, a récemment déclaré que « les États-Unis ne reverront plus jamais ce genre d’augmentation ».

Bitcoin et Mr 2%

Dans l’ensemble, il n’est pas étonnant de voir la BCE se trouve un coupable insaisissable pour justifier la hausse des prix. Le changement climatique est même responsable du retour au pouvoir des Talibans de nos jours :

Néanmoins, ce sont bien davantage la raréfaction des matières premières, la déstabilisation de la chaîne d’approvisionnement et, avant tout, notre système monétaire inadapté à une planète finie qui font actuellement dérailler les prix. Isabel Schnabel ne semble de toute façon pas s’inquiéter de l’inflation qui atteint déjà 3.8 % en Allemagne. Voici sa réponse lorsque la journaliste lui a demandé si cette inflation « ne la dérangeait pas » :

« Non, mais je comprends pourquoi les gens peuvent être inquiets. Toutefois, si l’on compare les prix d’aujourd’hui à ceux d’avant la pandémie, la situation ne semble pas si dramatique. L’inflation continuera à augmenter jusqu’à la fin de l’année mais nous pensons qu’elle diminuera sensiblement à partir de l’année prochaine », a-t-elle osé. « Nous nous inquiétons plutôt que l’inflation soit trop basse à moyen terme » !

La messe est dite… Complétons ce ramassis anesthésique en rappelant que la dernière fois que les prix ont baissé en France, nous étions en 1953…

Et si cela ne suffisait pas, l’émissaire de Francfort s’est même moquée en lançant que nous avions mal compris le mandat de la BCE lorsque l’envoyée lui a demandé « pourquoi exactement la BCE a modifié son objectif d’inflation qui, auparavant, était “inférieur à, mais proche de, 2 % » :

« L’ancienne formulation était moins claire et avait parfois été mal interprétée. Certains l’avaient considérée comme un plafond, en supposant que si l’inflation ne devait pas le dépasser, cela ne posait pas de problème qu’elle soit bien en-dessous. C’est pourquoi nous avons clarifié les choses en spécifiant que l’objectif est de 2 %. »

Une inflation de 2 % pendant 70 ans signifie que les prix sont multipliés par 4. Cependant, si les chiffres d’inflation n’étaient pas bidouillés par les instituts de sondage, nous serions probablement autour de 5 %. Dans ce cas-là, au bout de 70 ans, les prix sont multipliés par 30. Ce n’est plus la même histoire…

Les banquiers centraux nous le disent droit dans les yeux qu’ils sont en train d’effacer la dette avec de l’inflation. Avec notre pouvoir d’achat. A vous de choisir si vous acceptez de payer leurs erreurs en sacrifiant votre épargne, ou bien d’adopter le Bitcoin, la monnaie anti-inflationniste par excellence.

Plus d’actions
Partagez

( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

DISCLAIMER
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
Back To Top

Newsletter

Recevez le meilleur de l’actualité Crypto dans votre boite email

Inscription Newsletter

Archives

Lire les dernières Newsletters
Cliquez ici

Coaching Gratuit

Obtenez gratuitement un coaching
d'une heure avec un expert
Remplissez le formulaire
et notre expert vous contactera 
sous 24 heures

© Copyright Cointribune - tous droits réservés

Agence Tempo