Bitcoin (BTC) - La FED et la BCE promettent encore plus d'inflation

sam 02 Oct 2021 ▪ 8h00 ▪ 7 min de lecture - par Nicolas Teterel

La banque centrale européenne a tenu cette semaine son forum annuel en visioconférence. Cette version européenne de Jackson Hole a réuni les gouverneurs de la FED, de la banque d’Angleterre et de la banque du Japon. Le Bitcoin n’était pas au menu, mais l’inflation oui…

Inflation, cyberattaques, goulot d’étranglement et chaîne d’approvisionnement

Le président de la FED Jerome Powell s’attend toujours à ce que l’inflation finisse par ralentir. Mais en attendant, il la voit grimper jusqu’en 2022… Dit autrement, le taux d’inflation annuel des États-Unis va bientôt surpasser les 5.3 % actuels.

Pour mettre les choses en perspective, une inflation qui demeure à 5 % pendant plus de 8 ans signifie une division par deux de son pouvoir d’achat. À moins que les salaires grimpent parallèlement de 5 %, ce qui est très loin d’être le cas.

Le grand timonier de la FED a déclaré qu’il est « frustrant de voir que les engorgements et les problèmes de la chaîne d’approvisionnement ne se résorbent pas, mais qu’ils empirent ». « Cette situation va probablement perdurer en 2022, maintenant l’inflation élevée plus longtemps qu’anticipé. »

Ce n’est rien de le dire. Le Baltic Dry Index, l’indice des prix pour le transport maritime de vrac sec (principalement minerais, charbon et céréales), est au plus haut depuis 11 ans :

L’indice PMI manufacturier de Markit pour les États-Unis montre aussi que des pénuries de matériaux entravent la production et que les délais de livraison des fournisseurs ont augmenté dans une proportion jamais vue auparavant.

Il en découle « une hausse des prix des produits entrants dans les usines au plus haut depuis que nous collectons des données (14 ans ). ». « Les producteurs ont augmenté leurs prix de vente au rythme le plus élevé jamais enregistré ».

Même constat de l’autre côté de l’Atlantique. En Allemagne, l’usine européenne, les prix à l’importation sont en hausse de plus de 16 % sur un an. Un record vieux de trois décennies. L’inflation globale vient d’atteindre 4.1 % sur l’année passée.

D’où viennent ces problèmes dans la chaîne d’approvisionnement ? En premier lieu des confinements absolument inutiles ayant mené à la fermeture des ports, notamment en Chine.

Il faut également souligner les cyberattaques. Ce terrorisme cybernétique est responsable de nombreux goulots d’étranglement et de pénuries. Nous pouvons citer par exemple le hack du Colonial Pipeline ou encore du producteur mondial de viande JBS. Soit dit en passant, le prix du Kg de bœuf a doublé en un an.

Sans oublier le porte-conteneur Evergreen qui a bouché le canal de Suez pendant une semaine, créant un embouteillage de plus de 400 navires, etc. Klaus Schwab nous avait prévenus, tout comme Bill Gates nous avait prévenus qu’une pandémie nous pendait au nez…

Le pic pétrolier atteint en 2018 n’est pas non plus étranger à l’inflation ambiante. Le prix du baril est de retour sur 80 $. Le prix du gaz naturel a lui plus que doublé en un an.

Morgan Stanley avance que de l’or noir est si cher que nous devrions bientôt observer une destruction de la demande :

« Le prix du pétrole s’est déconnecté du coût marginal de l’offre. Au lieu de cela, il se déplace vers le niveau où la destruction de la demande entre en jeu, que nous estimons à ~80 dollars le baril ». C’est ce que Morgan Stanley a écrit en juin avant de se répéter ce mardi : « Cela reste notre thèse. »

Dit autrement, 80 $ est actuellement un plafond à partir duquel certains pans de l’économie doivent s’arrêter faute de rentabilité. La « destruction » de la demande de naphte pèse en retour sur le prix du pétrole. C’est un genre d’effet yoyo.

Les banquiers centraux ne sont-ils pas censés être friands d’inflation ?

Pour J. Powell, le pic d’inflation actuel est surtout la conséquence des contraintes sur l’offre (perturbations de la chaîne d’approvisionnement) qui, de surcroît, doit répondre à une forte demande en raison de la réouverture de l’économie.

Le discours entendu du président de la FED pourrait laisser penser qu’il s’inquiète de l’inflation. La réalité est que la hausse des prix est du pain béni…

Non pas pour le quidam qui voit son pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil. Mais pour les gouvernements qui voient le poids de leur dette s’amoindrir. En effet, si les prix montent, les recettes de l’État augmentent mécaniquement. La TVA, par exemple, est un pourcentage fixe collecté sur tout ce qui est vendu. Or l’augmentation des recettes facilite forcément le remboursement de la dette.

Pour résumer, l’inflation est une manne inespérée qui pourrait bien perdurer, notamment à cause/grâce au cirque covidien.

Pour Christine Lagarde – qui arborait fièrement des bijoux diamantés… – l’émergence potentielle de nouveaux variants crée des incertitudes :

« Les goulets d’étranglement et la perturbation des chaînes d’approvisionnement perdurent et s’aggravent dans certains secteurs comme le fret maritime et la manutention portuaire. […] Il faut aussi mentionner que la zone euro est un importateur net d’énergie et que les prix du gaz, de l’électricité et, dans une certaine mesure, du pétrole, ont augmenté.

[…] Nous verrons combien de temps cela prendra. La dernière incertitude que nous devons prendre en compte est la possibilité de nouvelles vagues pandémiques résistantes aux vaccins. Cela pourrait conduire les gouvernements et les politiques à revenir une fois de plus à des mesures de confinement. Cela ne semble pas être le cas pour le moment, mais l’hiver arrive et nous savons que ces variants sont particulièrement contagieux en période de froid. »

De nouveaux confinements achèveraient de prouver que la gestion de cette pandémie n’a plus grand chose de sanitaire. Viendra alors le temps de vraiment se demander quelle est la véritable raison d’être de cette psychose hypocondriaque et de ces cyberattaques remarquablement bien ciblées (Fedex, Maersk…).

Réduire la consommation de nos exsangues réserves de pétrole ? Éponger la dette ? Réduire les émissions de CO2 à marche forcée ? Instaurer un système de surveillance de masse pour gérer la contestation face au sevrage d’une économie accro au carbone ?…

Quelles que soient les raisons profondes de cette mascarade, légitimes ou pas, l’inflation est partie pour s’installer durablement. Le Bitcoin est probablement la seule échappatoire face à cette démolition contrôlée de la monnaie fiat.

Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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