Bitcoin (BTC) : l'inflation reste hors de contrôle aux Etats-Unis

ven 13 Août 2021 ▪ 18h15 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

Cela fait trois mois que l’inflation annuelle dépasse 5 % aux États-Unis. Elle s’est établie à 5.4 % au mois de juillet. Le plan se déroule comme prévu…

Le pouvoir d’achat du dollar s’écroule

Si l’on annualise l’inflation moyenne des trois derniers mois (~0.63%), on obtient 7.8 %. Dit autrement, l’inflation annuelle atteindra 7.8 % si la tendance de ce dernier trimestre se prolonge au cours des 9 prochains mois.

Rappelons qu’un taux d’inflation annuel de 5.4 % signifie que le dollar perd la moitié de sa valeur en moins de 8 ans. Et en moins de 6 ans avec un taux d’inflation de 7.8 %…

Pour le dire autrement encore, si l’inflation que nous observons depuis 3 mois perdure pendant 6 ans, et bien ceux dont le salaire n’aura pas augmenté seront deux fois plus pauvres. Sans parler de ceux qui auront perdu leur emploi…

Il n’est pas écrit d’avance que le rythme d’inflation continuera à cette allure. Mais il suffit de regarder du côté du prix de l’or noir pour se faire un peu de soucis. Depuis 2014, il n’y a eu que 6 mois pendant lesquels le prix du baril s’est affiché aussi haut qu’aujourd’hui (nous sommes entre 70 $ et 80 $ le baril).

Par ailleurs, l’indice des prix à la production, qui est un indicateur avancé de l’inflation globale, est déjà à 7.8 % d’une année sur l’autre. Pire encore, le prix immobilier médian des maisons a bondi de 23 %. Du jamais vu.

Voici les choses qui ont le plus augmenté cette année outre Atlantique:

-Location de voitures: 73,5 %

-Essence: 42 %

-Voitures d’occasion: 42 %

-Hôtels: 24 %

-Maisons: 23 %

-Billets d’avion: 19 %

-Gaz : 19 %

-Vêtements: 19 %

-Machines à laver: 18 %

-Rôti de porc: 14 %

-Déménagement: 13 %

-Bacon: 11 %

-Steaks: 10 %

-Téléviseurs: 10 %

-Poissons: 8 %

-Matériel de sport: 7 %

-Voitures neuves: 6 %

« Presque 80 % des Américains blâment Biden pour la hausse de l’inflation »

La FED ne réagit toujours pas

L’inflation est quasiment trois fois supérieure à l’objectif historique de 2 % que s’est toujours donné la FED. Qu’importe, les gouverneurs continuent de faire comme si de rien n’était, arguant que cette inflation sera « transitoire ».

Et alors ? Même si l’inflation retombait à 0 %, la hausse des prix déjà réalisée demeurera. Il n’y a jamais de retour en arrière. Il faut remonter à l’année 1955 pour observer une baisse annuelle des prix aux Etats-Unis. L’appauvrissement est définitif.

D’autant plus que le pic pétrolier nous promet un déclin de la plus formidable énergie que l’humanité ait connu. La conséquence est que nous ne pouvons plus espérer des gains de productivité à même de faire baisser les prix. Comme dirait l’autre: « les 30 glorieuses, c’est terminé« .

A ce problème des limites physiques de la croissance vient s’ajouter l’héritage des dettes. Mais que l’on ne s’inquiète point, il reste toujours l’inflation pour les faire disparaître…

Le président de la FED de Chicago a d’ailleurs déclaré ce mardi que « l’inflation ne doit pas pousser la Réserve fédérale américaine (Fed) a resserrer prématurément sa politique monétaire » (afin de stopper l’inflation).

Charles Evans a concédé des « avancées » vers le moment où il sera opportun de ralentir la planche à billets et, éventuellement, de relever les taux d’intérêt. « Plus tard cette année », peut-être. Ou bien peut-être ne pense-t-il pas un traître mot de ce qu’il raconte…

Evans ment comme un arracheur de dents. Il espère bien qu’un reconfinement lui servira bientôt d’excuse pour continuer à imprimer des tombereaux d’argent supplémentaires. Sans quoi le ponzi de la monnaie fiat créée à partir de dette s’écroulerait.

Les banquiers centraux adorent l’inflation !

Ce n’est pas un hasard si la FED et la BCE viennent d’abandonner leur objectif strict d’inflation inférieure à 2 %. Les banquiers centraux savent mieux que personne qu’il n’y a pas d’autre solution pour effacer la dette. L’inflation est attendue comme le messie !

La plandémie est à ce titre du pain béni car les confinements et la déstabilisation de la chaîne d’approvisionnement font baisser l’offre, ce qui exacerbe en retour l’inflation. A ce titre, notez que le deuxième plus grand port à conteneurs du monde, Ningbo Zhoushan en Chine, vient de fermer en raison d’un cas de Covid chez un docker entièrement vacciné… De graves perturbations du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement sont de nouveau à redouter.

Et quand on voit JP Morgan offrir à ses clients fortunés d’investir dans le bitcoin, nous sommes en droit de penser que la spoliation de notre pouvoir d’achat ne fait que commencer. Il est temps réfléchir aux raisons profondes de cette aliénation covidienne.

Les puissants ne sont pas devenus fous et le fait que toutes les banques centrales se préparent à lancer leurs propres monnaies (CBDC) doit nous mettre la puce à l’oreille. Un grand jubilé est en gestation. Ce Great Reset monétaire verra très probablement les banques privées faire faillite (avec notre épargne). Lorsque la musique s’arrêtera, il y aura ceux qui ont du bitcoin, et les autres.

Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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