Bitcoin (BTC) - NYDIG prédit le pic de consommation d'électricité pour 2027

jeu 23 Sep 2021 ▪ 7h30 ▪ 10 min de lecture - par Nicolas Teterel

NYDIG a publié un rapport de grande qualité sur le bitcoin. Au menu, son utilité dans un monde hyper-inflationniste ainsi que des chiffres précis sur son empreinte carbone présente et future.

L’importance du bitcoin

La première partie replace le bitcoin dans son contexte en tant que système monétaire apatride et apolitique venant compenser l’instabilité monétaire qui lamine des milliards d’individus dans le monde :

« Depuis 1920, au moins 55 épisodes d’hyperinflation ont eu lieu, détruisant l’épargne et créant des difficultés économiques. […] La fréquence des crises financières a considérablement augmenté depuis la fin du système de Bretton Woods. Entre 1975 et 2009, les historiens ont relevé 224 crises monétaires distinctes. Les défauts souverains en 2020 ont été les plus élevés depuis plus de 20 ans. »

Voici un graphique faisant la synthèse des crises bancaires au cours du dernier siècle. On notera l’absence de crise sérieuse à l’époque du Gold Standard à laquelle Nixon mettra fin en 1971 :

NYDIG souligne que les causes sont diverses comme la guerre ou le chaos politique. Mais il y a une constante : « chacune de ces hyperinflations s’est produite dans une économie utilisant une monnaie fiat. Tous ces événements, à l’exception d’un seul, ont eu lieu au XXe ou au XXIe siècle. Aucune d’entre elles ne s’est produite dans une économie ayant adopté le Gold Standard. »

Nous pourrions rajouter que les hyperinflations sont aussi et souvent le fait d’embargos et de crises énergétiques. Soit dit en passant, l’hyperinflation se définit comme une période au cours de laquelle l’inflation dépasse 50 % d’un mois sur l’autre.

Pour les auteurs, ces crises monétaires touchent de manière disproportionnée les classes moyennes et inférieures. Celles qui ne possèdent pas d’actifs réels et qui ne peuvent pas sortir leurs capitaux avant le couperet. Plusieurs exemples récents sont donnés. A commencer par l’Argentine où tous les comptes bancaires en ont été gelés en 2001 :

« Le peso argentin fut dévalué de 40 % en une nuit par rapport au dollar américain. La dévaluation atteindra même 75 % au bout de trois ans. La plupart des épargnants spoliés furent les petits déposants. Ceux qui avaient les moyens ont délocalisé leurs fonds à l’étranger avant le gel. […] L’Argentine a désormais l’un des taux d’adoption de cryptomonnaie par habitant les plus élevés au monde. »

Autre exemple, la Turquie d’Erdogan, où la lire s’est dépréciée de 25 % cette année. Elle chute de 77 % par rapport au dollar depuis 2013 :

« L’inflation a largement dépassé les 10 % par an au cours des trois dernières années. La Turquie peut se targuer d’avoir le huitième taux de pénétration des crypto-monnaies par habitant le plus élevé au monde, avec environ 5 millions d’investisseurs en cryptomonnaies. »

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 211 millions d’habitants, fait aussi état d’un taux de pénétration du BTC très élevé en raison des affres de l’inflation qui s’affiche à 17 % :

« Les épargnants ont du mal à échanger leur monnaie pour d’autres plus solides en raison de la rigidité des contrôles de capitaux. Il n’est donc pas surprenant que le Nigeria ait un taux d’adoption du bitcoin très élevé. […] Même les mesures prises par le gouvernement pour couper les exchanges du secteur bancaire n’ont pas réussi à endiguer l’enthousiasme pour le bitcoin. Les utilisateurs ont simplement migré vers des exchanges en P2P, comme Paxful. »

Impossible de faire l’impasse sur le Liban où le ponzi a tout récemment explosé. Nous avions expliqué les raisons de la faillite du Liban dans cet article. Depuis octobre 2019, les banques libanaises ont imposé des limites de retrait :

« Depuis l’automne 2019, la livre libanaise s’est dépréciée de 91 % par rapport au dollar américain. Même si la livre reste officiellement arrimée à 1 500 pour 1 dollar, il est de 17 000 dollars pour 1 dollar sur le marché noir. »

En somme, le bitcoin est naturellement populaire dans les pays où l’inflation est forte. A ce jour, le bitcoin a été adopté par plus de « 100 millions de personnes dans le monde », en sachant que 1,3 milliard d’individus se coltinent une inflation à deux ou trois chiffres.

La plus grande pénétration du BTC a lieu en Afrique subsaharienne, en Amérique latine, en Europe de l’Est ainsi qu’en Asie du Sud-Est.

[Évidemment, en volume brut, les Français détiennent beaucoup plus de BTC que les Nigérians. Le calcul de cette pénétration (issu du dernier rapport de chainalysis) permet de mettre en évidence l’adoption des gens ordinaires. Il suffit d’utiliser des chiffres pondérés en fonction de la parité de pouvoir d’achat (PPA). Dit autrement, l’indice donne plus de poids à un BTC acheté par un nigérian qu’un BTC acheté par un Français.]

Le Bitcoin et son CO2

La seconde partie du rapport sur les émissions de CO2 du réseau bitcoin est non moins intéressante, surtout pour les mineurs qui trouveront une mine d’informations et de graphiques.

Nous y apprenons que la consommation annuelle mondiale d’énergie primaire a augmenté de façon spectaculaire depuis la révolution industrielle, passant « d’environ 6 000 TWh en 1800 à plus de 170 000 TWh en 2019 ». « Cette augmentation s’est accompagnée d’une hausse similaire des émissions mondiales, passant d’environ 30 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an en 1800 à environ 36 000 millions en 2019 ».

Il est également précisé en introduction que le scénario de développement durable de l’Autorité internationale de l’énergie (AIE) prévoit que les émissions mondiales de carbone diminuent rapidement pour tomber à 15 000 millions de tonnes en 2040. Clairement, NYDIG n’est pas climato-sceptique pour un sou.

Cette mise en perspective faite, voici les chiffres de la pollution du bitcoin :

« Nous estimons que Bitcoin a consommé 62 TWh d’électricité en 2020, entraînant 33 millions de tonnes d’émissions de C02, ce qui est insignifiant à l’échelle mondiale. Le BTC ne représente que 0,04 % de la consommation mondiale d’énergie primaire, 0,2 % de la production mondiale d’électricité et 0,1 % des émissions mondiales de carbone. »

Enérgie consommée par le bitcoin comparé au (de gauche à droite) transport par avion, transport maritime, la climatisation, la réfrigération domestique, les data centers, les séche-linges.

Cette consommation a augmenté pour atteindre un taux annualisé de 92 TWh en mars 2021, avant de tomber à 49 TWh en juillet suite à l’éxode des mineurs chinois. Rien que nous ne sachions déjà en vérité.

En revanche, NYDIG a révélé pour la première fois des prévisions à 10 ans en se basant sur plusieurs scénarios de prix, et en partant du principe que le scénario de développement durable de l’AIE se réalisera :

« Dans le scénario où le prix d’un bitcoin atteint 60 000 dollars en 2030, la consommation d’électricité et les émissions associées atteignent un pic d’environ 120 T Wh et 47 MtCO2 en 2024, avant de décliner rapidement. »

« Dans le scénario où le prix d’un bitcoin atteint 490 000 dollars en 2030, soit 45 fois son prix moyen de 2020, la consommation d’électricité atteint un pic en 2027 et représente 11 fois son niveau de 2020 avec des émissions de carbone associées sept fois supérieures à leur niveau de 2020. Les émissions diminuent rapidement après 2027, pour atteindre 22 MtCO2 en 2040. »

consommation électrique historique et projetée du bitcoin
Consommation historique et projetée selon 4 scénarios de prix pour le bitcoin (le scénario à 706 TWh anticipe un BTC à 490 000 $ d’ici 2030)

Dit autrement, même si la valeur du bitcoin incite les mineurs à retrousser leurs manches, les émissions de carbone atteidront un pic de 234 MtCO2, soit 0,4 % de la consommation mondiale d’énergie primaire, 2,0 % de la production d’électricité et 0,9 % des émissions de carbone.

En bonus, nous apprenons qu’en 2020, 65 % du mining se faisait en Chine. Les autres pays les plus actifs dans le domaine de l’extraction de bitcoins étaient à l’époque la Russie (6,9 %), les États-Unis (6,7 %), la Malaisie (4,8 %), le Kazakhstan (4,5 %), UK (4,5 %), la Suisse (4,5 %) et l’Iran – 3,3 %.

Il est également estimé que les coûts d’électricité des mineurs représentent en moyenne environ 50 % de leurs revenus.

Nous recommandons chaudement la lecture du rapport de NYDIG aux mineurs qui apprécieront la transparence de la méthodologie des calculs.

A
A
Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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