Bitcoin (BTC), planche à billets, cyberattaques et Great Reset

dim 10 Oct 2021 ▪ 8h00 ▪ 9 min de lecture - par Nicolas Teterel

Le bitcoin est la protection parfaite contre l’inflation tant que la monnaie fiat existera. Ce ne sera plus vrai lorsque qu’il ne restera plus que le BTC, mais en attendant, les perspectives inflationnistes pointent vers un BTC à 6 chiffres. Pour plusieurs raisons : cyberattaques, énergie, planche à billets et Great Reset.

Planche à billets

Plus de la moitié de l’ensemble des dollars « imprimés » par la FED l’ont été au cours de l’année passée. Soit une hausse de +100 %. Pareil pour la Banque centrale européenne.

Certains s’empresseront de souligner que l’inflation n’a pas bondi de 100 %. Certes, mais ceci est une évidence puisque cet argent a été injecté dans les banques privées et non pas directement dans l’économie réelle.

L’augmentation de 100 % du bilan des banques centrales signifie en gros que les banques privées ont doublé leurs fonds propres. Elles ont donc doublé leur capacité de prêt.

Ce n’est qu’une fois la dette doublée que la quantité de dollars et d’euros véritablement en circulation dans l’économie réelle affichera aussi une hausse de 100 %. C’est alors seulement que l’inflation s’affichera en hausse de 100 %, toutes choses égales par ailleurs.

Alors, qu’en est-il de la dette ? En France, la dette publique est passée en l’espace d’un an de 97 % du PIB à 116 %. Si l’on ajoute la dette privée, nous ne sommes plus très loin de 400 % du PIB. Le record européen soit dit en passant.

DETTE TOTALE DE LA FRANCE (4 fois le PIB)

Le fait que la dette progresse beaucoup plus rapidement que le PIB signifie que les gains de productivité ne sont plus suffisants pour rembourser la dette + les intérêts.

[Gains de productivité = produire autant en dépensant moins d’énergie et donc moins d’argent]

Pour le dire plus simplement, l’endettement croit plus rapidement que la croissance économique. D’où l’inflation.

En résumé, si la production reste la même (pas de croissance), augmenter la dette (plus d’argent en circulation) débouche mécaniquement sur de l’inflation. C’est la loi universelle de l’offre et de la demande.

Pour ne rien arranger, le fait est que la croissance va ralentir maintenant que nous avons passé le pic de la reine des énergies : le pétrole.

La taille du gâteau à se partager diminue…

Taxe Carbone…

Le système de création monétaire par la dette assortie d’intérêts est un ponzi se traduisant inéluctablement par une augmentation de la quantité de monnaie en circulation. Ce processus d’endettement perpétuel va encore plus vite si les gains de productivité ralentissent, cad si les matières premières / ressources énergétiques se raréfient. De ce cocktail découle mécaniquement de l’inflation.

Alors qu’en est-il de l’énergie ? Ça va mal… Nous avons passé le pic de production de pétrole en 2018. À vrai dire, nous l’avons passé en 2006. À l’époque, le prix du baril était monté jusqu’à 150 $, déclenchant la crise dite des subprimes.

La production de naphte a fini par croître de nouveau grâce à un pétrole spécial, très coûteux à sortir de terre : le pétrole de schiste américain. Sauf que les réserves de ce pétrole inespéré sont exsangues. Le patron de Pioneer – le plus grand producteur de pétrole de schiste US – a déclaré cette semaine que les producteurs américains « ne pourront pas déployer une hausse de la production à même de faire baisser le prix du baril ». Un baril qui vient d’atteindre 80 $. Au plus haut depuis 2014.

L’approvisionnement de l’UE en pétrole est également sur le déclin. Le dernier rapport du Shift Project prévient que la production pétrolière totale des principaux fournisseurs de l’UE risque de baisser de 10 % à 20 % d’ici 2030.

Or rappelons que 90 % de l’énergie nécessaire aux transports vient du pétrole. La hausse de son prix pousse automatiquement tous les prix à la hausse. Par ailleurs, la baisse de la quantité de pétrole disponible réduit la croissance.

À côté de ça, le prix du gaz est 5 fois plus élevé que la moyenne de ces dernières années… Cette hausse est en partie liée au fait que la Russie (40 % de l’approvisionnement de l’UE) fait pression pour achever le gazoduc sous-marin Nord Stream II. L’appétit Chinois est aussi en cause en raison de sa transition énergétique depuis le charbon vers le gaz.

En sachant que 1/4 de la production mondiale d’électricité dépend du gaz…

[Évidemment, les contrats sur le gaz courent sur plusieurs années et cette hausse ne se répercutera pas tout de suite sur les prix finaux. Mais enfin…]

Concernant le charbon, le prix de la tonne a dépassé les 200 $ pour la première fois depuis 2008. L’inde a prévenu qu’il y aura des coupures d’électricité dans la capitale New Delhi (19 millions d’habitants) si l’approvisionnement n’est pas rétabli d’ici deux jours.

Dit autrement, la hausse généralisée du prix de l’énergie va peser sur la croissance alors que la fuite en avant de l’endettement continue. Double effet kiss cool inflationniste.

Great Reset cybernétique

Christine Lagarde (BCE) et Jerome Powell (FED) l’ont dit : « les perturbations de la chaîne d’approvisionnement sont la principale source d’inflation ».

Deux grands facteurs sont responsables de la perturbation de l’acheminement des marchandises et autres matières premières par bateau cargo :

-Les fermetures intempestives des ports Chinois
-Les cyberattaques

En Chine, le troisième plus grand port du pays a été fermé sous prétexte d’un seul cas positif. Comme si le docker perché dans sa grue pouvait contaminer autre chose qu’une mouette. Résultat : pénurie de conteneurs en Inde et embouteillages de tankers en face de ports comme à Los Angeles où plus d’une centaine de cargos patiente avec 500 000 conteneurs à bord.

Il faudra plus d’un an pour retourner à la normale d’après les experts en logistique. Et cela en partant du principe que les cyberattaques cesseront, ce qui est loin d’être le cas. La grande offensive cybernétique promise par le grand timonier du Great Reset, Herr Klaus Schwab, aggrave sérieusement la situation

Rappelons par exemple le hack du tanker Evergreen qui a bloqué le canal de Suez pendant plus d’une semaine. On ne s’y prendrait pas autrement pour mettre la pagaille dans la logistique mondiale.

Une enquête nationale auprès de 1 200 chefs d’entreprise américaines (réalisée par Hart Research) a montré qu’un quart des entreprises sondées ont été victime d’une cyberattaque. + 150 % par rapport à 2015. Le directeur de la NSA est même monté au créneau ce mardi : « il faut s’attendre à des cyberattaques tous les jours pour les cinq prochaines années ».

Bref, des pâtes alimentaires aux processeurs, les pénuries se multiplient et font monter les prix aux quatre coins du monde. Dernièrement, c’est l’industrie alimentaire qui est spécialement ciblée.

Depuis novembre 2020, six grands producteurs alimentaires américains ont vu leurs lignes de production et leurs systèmes logistiques être paralysés par des ransomwares. L’attaque de JBS – un producteur de viande australien fournissant 25 % de la viande de bœuf US – a eu un impact certain sur le prix de la viande.

C’est comme si quelqu’un cherchait à mettre les Américains au régime. Cela colle en tout cas avec l’une des priorités du World Economic Forum, à savoir réduire les émissions de CO2. En effet, la consommation de viande est responsable de 15 % des émissions de CO2 globales.

Quoi qu’il en soit, l’inflation est là pour rester. Elle risque même d’empirer. D’où la hausse des valeurs refuges comme Amazon, Apple, Microsoft, l’immobilier des grands centres économiques. Et bien entendu le bitcoin qui a lui le bon goût d’être à la portée de n’importe quelle bourse.

PS : Ne manquez pas notre article sur le Great Reset monétaire et les CBDC qui permettront bientôt de contrôler les dépenses en fonction de leur empreinte carbone.

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Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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