Bitcoin (BTC) - Révélations chocs sur le CBDC

dim 31 Oct 2021 ▪ 8h00 ▪ 6 min de lecture - par Nicolas Teterel

Les dernières révélations sur le projet orwellien du CBDC ne sont pas de bon augure. Saule Omarova, la présidente de l’Office of the Comptroller of the Currency (un régulateur fédéral des grandes banques US) a laissé transpirer les contours du « Digital Dollar ».

Un CBDC pour les détrousser tous

Saule Omarova est née dans la république socialiste du Kazakhstan. Elle est diplômée de l’université de Moscou, promotion Lénine. Impossible de ne pas mentionner ce passé avec une pointe d’ironie puisque son grand dessein semble désormais de ressusciter la GOSBANK aux États-Unis. La Gosbank étant la banque d’État de l’URSS, la seule banque des années trente jusqu’à 1987.

Le papier de M. Omarova publié dans la Vanderbilt Law Review est titré « The People’s Ledger : How to Democratize Money and Finance the Economy« . Ce titre n’est pas sans rappeler la « People’s Bank of China ». Bref, Saule propose les choses suivantes :

  • Remplacer tous les comptes des banques commerciales par des comptes dits « FedAccounts » gérés par la Réserve fédérale (FED, la banque centrale des États-Unis) :

« En principe, les FedAccounts peuvent être mis à disposition comme alternative aux comptes de dépôt bancaires, à la demande d’une personne. Comme expliqué ci-dessous, cependant, l’option la plus efficace serait de transférer tous les dépôts à la Fed. […] Il serait souhaitable de faire une distinction entre les comptes « individuels » et les comptes « d’entités ». Pour les citoyens américains, les FedAccounts individuels seraient ouverts automatiquement à la naissance ou à la naturalisation. Ces comptes seraient également crédités automatiquement des prestations fédérales régulièrement perçues : paiements de sécurité sociale, remboursements d’impôts, ect. […] Les FedAccounts d’entités pourraient également être divisés en catégories distinctes (entité gouvernementale, entreprise, organisation à but non lucratif). »

Il sera intéressant d’observer la réaction des banques privées à la perspective de se faire gober par la banque centrale… Néanmoins, auront-elles le choix ? Qui voudra prêter de l’argent en sachant pertinemment qu’il ne sera pas remboursé, ce qui est le cas dans un monde en décroissance énergétique ? À méditer…

  • Permettre à la FED, « lorsqu’elle n’est pas en mesure de contrôler l’inflation via l’augmentation des taux d’intérêt », de confisquer les dépôts de ces FedAccounts afin de resserrer la politique monétaire :

« La mise en œuvre d’une politique monétaire de contraction monétaire en ponctionnant les FedAccounts […]. Cet outil ne doit être réservé qu’à des circonstances extrêmes et rares, lorsque la Fed n’est pas en mesure de contrôler l’inflation en augmentant les taux d’intérêt […], mais il est néanmoins important de disposer d’un mécanisme permettant de drainer l’excès de liquidités de ces comptes en perturbant le moins possible l’activité productive. »

Nous parlons ici d’une variante au taux négatif… Comme si nous n’étions pas déjà suffisamment rançonnés par l’inflation inhérente à l’augmentation inéluctable de la dette. Il est désormais prévu de pomper directement notre épargne pour drainer « l’excès de liquidités » et ainsi éviter l’hyperinflation. À vrai dire, il est plus probable que notre épargne sera bloquée à certaines périodes, ou bien que certains achats (trop gourmands en énergie/CO2) seront interdits.

  • Permettre à la Fed de New York d’intervenir sur les marchés financiers lorsque des bulles se forment, « comme c’est le cas aujourd’hui avec les actions technologiques » :

« Dans le cadre de cette proposition, la FED de NY effectuerait des achats et des ventes réguliers d’un large éventail de titres et d’autres actifs financiers dans le but explicite de moduler les fluctuations volatiles de ce qui a été défini ailleurs comme des « prix d’importance systémique. […] Si une classe d’actifs particulière, comme les titres adossés au marché immobilier, ou les actions technologiques, s’apprécient au point de suggérer une bulle, la FED de NY vendra à découvert ces titres pour faire baisser leurs prix. […] Inversement, la FED de NY prendra une position longue sur des classes d’actifs particulières qui semblent être artificiellement sous-évaluées […]. »

La FED imprime déjà 120 milliards $ par mois (80 Mds de dette souveraine et 40 Mds de titres adossés au marché immobilier) pour maintenir les taux d’emprunt du gouvernement US au plancher. Omarova veut maintenant manipuler le prix de la bourse grâce à la planche à billets de la FED pour shorter Apple, Microsoft, Amazon, Facebook et Google. C’est-à-dire shorter les derniers investissements qui permettent de se protéger de la véritable inflation qui est plus proche de 20 % que de 2 %…

  • Éliminer la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) dont le rôle est de protéger les dépôts des épargnants depuis 1934.

Il n’est donc pas étonnant que la FDIC soit sortie du bois cette semaine en déclarant souhaiter que les banques puissent ajouter le bitcoin à leur bilan. Voici un extrait de notre article sur ce la FDIC :

« La présidente du FDIC Jelena Mc Williams a déclaré ce lundi lors de la conférence FinTech Money20/20 vouloir fournir des orientations quant à l’intégration du bitcoin au secteur bancaire.

Il faut s’attendre à une clarification des règles concernant la garde (custody) de cryptomonnaies, leur utilisation comme garantie pour des prêts ainsi que leur inclusion pleine et entière aux bilans des banques. »

Alors ? Le bitcoin est-il de la mort aux rats, ou bien la seule issue de sortie pour des banques prises en tenaille par la décroissance et leur banque centrale ? Le CBDC ne sera pas une monnaie miracle. Il sera la pierre angulaire d’un nouveau système mêlant rationnement et surveillance de masse après l’hyperinflation. La seule alternative est le bitcoin.

Nicolas Teterel

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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