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Bitcoin (BTC) : Salvador Alea Jacta Est

Le président Bukele a franchi le Rubicon. Le Salvador devient à jamais le premier pays à faire du bitcoin une monnaie courante. Désormais, tous les commerces sont obligés d’accepter le BTC.

Le Salvador écrit l’Histoire

En 1450, Gutenberg inventait l’imprimerie. 42 ans plus tard, Christophe Colomb découvre l’Amérique. 1522, Magellan fait le premier tour du monde. 1642, Blaise Pascal invente la machine à calculer. 1712, première machine à vapeur mise en service dans une mine à charbon d’Angleterre. 1844, Samuel Morse inaugure le télégraphe aux États-Unis. 1885, Pasteur invente le vaccin contre la rage. 1954, l’URSS construit la première centrale nucléaire. 1958, premier circuit intégré et création dans la foulée d’un réseau de communication pour connecter les ordinateurs de la DARPA (Advanced Research Projects Agency du ministère de la Défense des États-Unis), appelé ARPANET. Internet était né.

2009, Satoshi Nakamoto lance le bitcoin, une monnaie dont la masse monétaire ne dépassera jamais 21 millions d’unités, mettant fin à plusieurs siècles de servage monétaire. Il n’y a jamais eu de monnaie plus sûre, rare, transportable, divisible, décentralisée et connectée de toute l’histoire de l’humanité.

Sa base d’utilisateurs croît plus vite que celle d’Internet dans les années 90. Plus de 100 millions de personnes ont déjà déposé l’équivalent de 1000 milliards $ dans cette banque cybernétique. Aucun réseau n’avait atteint 1000 milliards $ aussi rapidement. Seulement 12 ans pour le BTC contre 24 ans pour Amazon.

07 septembre 2021, le Salvador fait du bitcoin une monnaie à part entière. Un jour à marquer d’une pierre blanche.

Une émancipation monétaire qui irrite

Le Fonds Monétaire International et l’agence de notation Fitch ont déjà fait part de leur scepticisme face à cette audace monétaire.

Le bras armé financier de l’occident a mis en garde le Salvador le mois dernier contre sa décision de tout payer en bitcoin, du verre de liqueur de Chaparro aux impôts. Nous pouvions lire sur le blog du prêteur Washingtonien fin juillet que l’utilisation généralisée des crypto-monnaies peut menacer la “stabilité macroéconomique“.

Fitch s’est également offusqué :

« La récente législation salvadorienne établissant le bitcoin comme monnaie légale sera probablement négative pour les compagnies d’assurance locales qui y seront exposées […]. »

L’Oncle Sam n’a pas non plus tardé pour faire pression en mettant des juges, des conseillers présidentiels et même d’anciens présidents sur une liste d’individus que le gouvernement US accuse de corruption, voire même de « menacer la démocratie »…

Enfin, la récente réinterprétation de la constitution par la Cour suprême du Salvador autorisant le président Nayib Bukele à briguer un second mandat n’a pas non plus manqué de faire réagir Jean Manes, la chargée d’affaires américaine au Salvador. Cette dernière a « condamné la décision prise le 3 septembre par la Cour suprême du Salvador ».

Cocasse quand on sait que la Cour suprême américaine a refusé d’enquêter sur les accusations de fraude électorale du côté du parti démocrate…

Alea Jacta Est

Ce travail de sape n’a pas été vain. Un sondage réalisé par le quotidien Prensa suggère que la majorité des Salvadoriens désapprouve ce bond soudain dans l’inconnu. Le 27 août, plusieurs centaines de personnes ont protesté dans la capitale San Salvador.

Qu’importe, le président Bukele n’a pas l’intention de faire marche arrière. Il se murmure même qu’une partie des réserves de la banque centrale seront bientôt converties en BTC. Ce faisant, le Salvador marcherait dans les pas de la banque centrale d’Iran qui utilise déjà le bitcoin pour contourner l’embargo américain. Sans oublier Cuba qui vient tout juste de légaliser les paiements en BTC.

Le Salvador a d’ores et déjà créé un fonds de 150 millions $ pour faciliter les conversions de BTC en dollar et vice versa :

En plus de ce fonds de compensation, 30 $ en BTC seront versés à chaque Salvadorien sur l’application smartphone Chivo (soit environ 1/10 du salaire minimum local). Chivo est un wallet BTC gouvernemental mais il est bien entendu possible de payer depuis n’importe quel wallet (Wasabi, Samourai, Electrum, bluewallet, MuunWallet, etc).

Si tout le monde joue le jeu, le bitcoin permettra d’économiser plus de 400 millions $, autant d’argent auparavant siphonné par Western Union sur les transferts d’argent de la diaspora salvadorienne (jusqu’à 12.5 % pour un transfert de 100 $).

Remittances = Argent envoyé au pays par la diaspora salvadorienne (en % du PIB)

Les transferts depuis l’étranger représentent près d’un quart du PIB du Salvador. Environ 70 % de la population en bénéficie. Ils représentent 50 % des revenus de ceux qui les reçoivent.

Que risque le Salvador ?

La dette du pays atteint 89 % du PIB. Pour la comparaison, celle de la France représente 120 % du PIB. Nous sommes à 110 % dans le cas des États-Unis. Le déficit budgétaire salvadorien annuel s’est établi à 10 % du PIB en 2020 contre 15 % pour les États-Unis et 9 % pour la France.

Du point de vue de ces grands agrégats économiques, la situation du Salvador ne semble pas hors de contrôle. Mais alors, quelle pourra être la conséquence de l’accumulation de BTC dans le pays ?

Le passé n’est pas garant de l’avenir, mais il n’est pas interdit de faire des projections. Imaginons donc que le Salvador (qui utilise le dollar US comme monnaie nationale depuis 2001) ait changé tous ses dollars en BTC il y a un an. Eh bien le pays aurait multiplié son PIB par 7 puisque le bitcoin s’est apprécié de 600 % sur l’année écoulée.

A contrario, si le Salvador avait changé ses dollars au plus haut, en avril 2021, son PIB serait actuellement en baisse de 20 % après un creux temporaire de -50 % en juin. Prendre un tel risque n’est pas l’objectif du président Bukele qui cherche surtout à équilibrer la balance courante du pays.

En effet, malgré les 6 milliards $ transférés par la diaspora chaque année, le pays accuse un déficit chronique d’environ 85 millions $ par trimestre. Soit 340 millions $ par an qui s’échappent du pays et qui pourraient être compensés par les 400 millions $ repris à Western Union si les expatriés se mettent à transférer leur argent en BTC.

Bien entendu, plus le pays accumulera de bitcoins et plus il sera exposé à son appréciation, ce qui semble inévitable étant donné la vitesse à laquelle la FED imprime des dollars. Ce n’est pas négligeable quand on sait que le BTC s’est apprécié de plus de 200 % par an en moyenne sur la dernière décennie…

THREAD par @Bart_Mol qui s’est rendu sur place :

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( Rédacteur )

Journaliste / Bitcoin, géopolitique, économie, énergie, climat

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.
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