Bitcoin (BTC) - Vive la déflation !

jeu 14 Oct 2021 ▪ 7h30 ▪ 11 min de lecture - par Yanis A

Les gouvernements ont su développer un argumentaire pour légitimer l’inflation, celui du spectre déflationniste. Ils sont parvenus à instiller l’idée que la baisse des prix serait le pire mal possible pour continuer à imprimer de la monnaie fiduciaire.

La déflation, en deux mots

S’il est courant de définir la déflation comme le processus durable de baisse du niveau général des prix, en réalité il s’agit plutôt de la conséquence liée à diminution de la masse monétaire. Cette erreur est aussi réalisée dans la définition du processus d’inflation, qui désigne avant tout l’augmentation de la quantité d’argent.

La déflation, en termes simples, c’est lorsque vous obtenez plus pour votre argent tout comme l’inflation, c’est lorsque vous obtenez moins pour votre argent.

Le mythe des 2% d’inflation

Depuis plusieurs années, les Banques Centrales véhiculent l’idée que la déflation serait le pire mal possible en cela qu’elle s’accompagnerait d’anticipations pessimistes qui alimenteraient une spirale infernale. Les consommateurs reporteraient leurs achats en s’attendant à les payer moins cher à l’avenir, ce qui déprimerait la demande et donc toute l’économie. Toujours cette même critique de la thésaurisation que faisait déjà Keynes dans les années 20.

Toutefois, la consommation ne peut pas être définitivement reportée, car nous avons une préférence naturelle pour la consommation présente. Les gens cherchent à maintenir leur niveau de vie actuel et ne reporteront certainement pas tous les achats.

Face à cette apocalypse prophétisée par certains économistes, il faudrait stimuler l’inflation par tous les moyens possible et tendre en moyenne vers 2% d’inflation.

« La déflation est un ogre qu’il faut combattre fermement »

Christine Lagarde, 2014

La déflation : un prétexte justifier l’inflation

Les Banques Centrales utilisent donc ce prétexte du prétendu cataclysme déflationniste pour mener des politiques monétaires accommodantes. Grâce aux taux zéro, ils maintiennent en vie des entreprises zombies, particulièrement inefficaces, ce qui empêche aux prix de baisser. Cette prospérité artificielle n’est toutefois pas pérenne, car elle brouille les calculs entrepreneuriaux.

Ceux-ci mènent alors des projets au-delà des limites imposées par l’épargne réelle, sous-estiment le niveau de rareté des facteurs de production, surévaluent leur capacité en production. Au final, ils gaspillent du capital dans des mauvais investissements.

C’est comme si un entrepreneur construisant un édifice surestimait la quantité de matériaux rares, établissant un plan de construction alors même qu’il ne dispose pas des moyens nécessaires. Il se met alors à construire des fondations trop grandes, erreur qu’il ne découvre que plus tard. Trop tard. N’ayant plus de matériaux pour terminer la construction, cela entraîne une crise qui révèle l’erreur commise à l’origine : elle met fin à l’illusion de prospérité.

A la place l’inflation redistribue les richesses, conformément à l’effet Cantillon. Les premiers détenteurs de la nouvelle monnaie créée alimentent les bulles : immobilier, marché actions, de l’art…etc. A l’inverse, les véritables créateurs de richesses ont moins de richesses réelles pour croître. Avec l’inflation, les détenteurs d’actifs sont les gagnants.

Ce sont donc les politiques inflationnistes qui condamnent nos économies à un cycle infernal de bulles, puis de récessions en diminuant l’épargne réelle. La crise n’est pas le résultat de l’abandon de ces politiques, mais la matrice.

L’explosion de l’inflation aux US

L’insuffisance de la demande n’est pas un problème

Contrairement à la doxa keynésienne, les crises ne sont pas engendrées par une dépression de la demande et par la cupidité des épargnants, prompts à thésauriser leurs richesses.

Ah ces vilains bitcoiners qui hodl !

Depuis Jean-Baptiste Say, nous savons que « l’offre crée sa propre demande » et que les crises de sous-consommation ne sont que transitoires. En effet, chaque production entraîne une distribution de revenus qui alimentera une demande future, de sorte que l’offre égalise à terme la demande.

La spirale déflationniste est donc souhaitable. En effet, notre économie a connu un boom artificiel assis uniquement sur de la dette. Les mauvais investissements se sont multipliés réduisant les gains de productivité.

Au contraire, la déflation incite à l’épargne et donc à la liquidation de ces entreprises zombies. Cette purge permettra ensuite de construire une croissance saine et solide qui n’est pas basée sur une augmentation artificielle de la masse monétaire. La déflation marque le début de la guérison économique, elle met fin à l’appauvrissement causé par l’inflation, elle brise l’illusion de prospérité.

Les hodleurs participent donc à la restructuration de nos économies et à la constitution d’une épargne qui alimentera les investissements de demain.

« En un mot : les dangers de la déflation sont chimériques, mais ses charmes sont bien réels. Il n’y a absolument aucune raison de s’inquiéter des effets économiques de la déflation »

Jörg Guido Hülsmann

Une mauvaise compréhension de la crise de 1929

La critique de la déflation s’appuie uniquement sur l’exemple de la Grande Dépression. Dans l’histoire économique, il s’agit en effet du seul cas où on a observé un lien entre déflation et dépression : 90% des épisodes de déflation n’ont entraîné aucune récession.

Ce n’est pas la déflation qui a engendré la crise de 29. Bien au contraire, il s’agit des interventions de la FED qui a manipulé à plusieurs reprises les taux d’intérêt. La déflation des années 30 n’était qu’un symptôme, face à une déformation antérieure de la structure des prix.

Lorsque le taux d’intérêt bancaire a retrouvé son niveau naturel, déterminé par l’offre et la demande, les mauvais investissements ont été liquidés.

La déflation menace surtout les États endettés

Les États surendettés seraient en effet les principaux acteurs à subir les conséquences de la déflation, puisque la valeur réelle de leur dette s’alourdirait dans une spirale infernale. Alors que leurs revenus diminuent, ils doivent rembourser le même montant emprunté. Les taux astronomiques d’endettement public ne seraient sans doute pas très longtemps supportables et obligeraient les gouvernements à réduire les dépenses publiques. De même, les défauts de paiement se multiplieraient et le chômage exploserait à court terme, avec un risque de crise sociale probable.

Les gouvernements soucieux d’assurer leur réélection ne sont donc pas très friands de la déflation et préfèrent imprimer de la monnaie pour alléger artificiellement la dette publique, grâce à cet impôt invisible. Comme l’a montré Ray Dalio, les gouvernements finissent toujours par choisir la voie de l’inflation pour rembourser les dettes publiques. Finalement, la déflation met fin à la croissance de l’État, ce qui était l’idéal politique des cypherpunks.

« La déflation apparaît comme un grand signe avant-coureur de la liberté. Elle arrête l’inflation et détruit les institutions qui produisent l’inflation »

Jörg Guido Hülsmann

Les Banques Centrales nous ont privées de la baisse des prix

Lorsque la baisse des prix est le fruit du progrès technique et de gains de productivité dans le cadre d’un marché libre, alors elle est évidemment souhaitable. Elle traduit, un gonflement de l’offre plus rapide que l’accroissement de la demande. Elle permet à chacun de consommer plus de bien, en travaillant moins, mais aussi d’épargner davantage.

Par exemple, les États-Unis et l’Allemagne ont connu des taux de croissance très importants à la fin du 19e siècle alors que les prix avaient diminué pendant plus de vingt ans. Les salaires étaient stables, mais les prix des biens baissaient de sorte que la richesse réelle des gens grandissait.

Croissance et déflation sont allées de pair aux US

Pourquoi devrait-on considérer que la baisse générale du niveau des prix est une mauvaise nouvelle ?

L’indice des prix à la consommation n’a pas pu révéler la vraie nature de l’inflation, notamment en sous-estimant les dépenses de logement. Dans le même temps, les prix dans le secteur de l’informatique se sont effondrés grâce aux gains de productivité, mais les gens n’ont pas l’impression d’avoir gagné du pouvoir d’achat en raison de la pression inflationniste menée de l’autre côté par les États.

Le bitcoin, la monnaie des sages

En rendant possible l’expression de la déflation, le Bitcoin incite les gens à préférer l’épargne à la consommation immédiate. Le long terme et le durable, plutôt que l’immédiateté et le consumérisme. Alors que l’inflation réduit le niveau réel de l’épargne pour le transférer vers les gouvernements et les marchés, la déflation incite les gens à reporter leurs achats pour acquérir des biens de meilleure qualité puisque thésauriser devient rentable.

Comme l’écrivait Hülsmann « La bonne monnaie incite les hommes à être responsables de leur choix ».

Bitcoin et son corollaire la déflation responsabilisent les gens et les transforment en adultes.

L’hyperbitconisation inaugurera l’ère de la déflation technologique

Dans le cadre d’une masse monétaire finie et d’une croissance des richesses produites, on peut prédire une diminution des prix. Oui, la tendance naturelle des prix dans un environnement de progrès technologique est de diminuer : ni 2%, ni 0% mais une dynamique des prix négative !

Une fois que la purge déflationniste et récessionniste liquidant les mauvais investissements sera passée, on pourra envisager une croissance saine. Les technologies d’avenir ont un immense potentiel déflationniste : les voitures autonomes qui diminueront le coût du transport, l’impression 3D qui permettra de produire sur place, l’énergie solaire…etc. La loi de Swanson et de Moore peuvent nous offrir un avenir abondant où les prix baissent d’année en année, où les gens travaillent de moins en moins pour assurer leurs besoins… à condition d’éloigner les États de la monnaie.

Il n’y a aucune raison de s’inquiéter des effets d’une baisse des prix engendrée par le progrès technique. Au contraire, il s’agit d’une situation souhaitable où les gens voient leur richesse réelle s’accroître et non pas détournée par les Banques Centrales. Bitcoin sera la monnaie qui permettra d’entrer dans l’ère de la déflation et d’enterrer définitivement les manipulations monétaires.

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Yanis A

Le bitcoin change tout ! Issu d’une formation financière, tout me passionne dans cette technologie. Chaque jour, j’essaie d’enrichir mes connaissances sur cette révolution qui permettra à l’humanité d’avancer dans sa conquête de liberté.

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