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Bitcoin (BTC) : Ça gaz ?

mar 08 Mar 2022 ▪ 15h00 ▪ 14 min de lecture - par Nicolas Teterel

Notre perception du conflit ukrainien est un éblouissement émotionnel orchestré par des puissances médiatiques volontairement insouciantes des racines du mal. Mais malgré la censure, de nouvelles informations jettent une lumière nouvelle sur les origines du conflit, ses répercussions géopolitiques et son contrecoup pour le bitcoin.

L’axe Washington-Kiev

Avant d’analyser l’hyperinflation et la nouvelle ère monétaire qui se dessinent, remontons un peu la trame des événements grâce à quelques faits troublants qui refont surface, notamment les propos de Carl Gershman, le président de l’organisation National Endowment for Democracy (NED). Ce dernier avait déclaré dès 2013 que « l’Ukraine, c’est le pactole » (« Ukraine is the biggest prize »), arguant qu’un changement de régime à Kiev pourrait permettre de déstabiliser l’homme fort du Kremlin.

Pour plus de contexte, précisons que le fondateur du NED Allen Weinstein avait confessé en 1991 que « son organisation accomplit une bonne partie du travail que la CIA faisait il y a 25 ans ». Cette organisation présente dans plus de 90 pays est d’ailleurs financée en bonne partie par le Congrès américain.

On retrouve des traces du NED dans toutes les chutes de gouvernement récentes et ses têtes pensantes sont souvent membres du Council of Foreign relations, qui est le think tank qui se rapproche le plus de ce que l’on pourrait appeler « l’élite dirigeante des États-Unis », dixit Richard Harwood, un ancien rédacteur en chef du Washington Post.

Que ce soit le NED, la Freedom House, le National Democratic Institute ou autres, beaucoup d’ONG aux noms ronflants sont en réalité des outils de pouvoir au service de l’empire. L’Open Society de George Soros ne fait pas exception. Nous rapportions la semaine passée que cette organisation fut justement une protagoniste de la révolution/coup d’État de Maïdan.

Ce fameux coup de Maïdan sera déclenché deux mois seulement après les déclarations du patron du NED que nous venons de rapporter. Même le chef de l’entreprise d’intelligence géopolitique Stratfor (liée à la CIA) a parlé du « plus flagrant coup d’État de l’histoire ».

Autre preuve que l’ombre de l’oncle Sam plane au-dessus de l’Ukraine : une conversation entre l’ambassadeur US de Kiev et Victoria Nuland, alors chargée de l’Europe au département d’État US, 24 jours avant le coup. Cette dernière a non seulement été enregistrée en train de souffler les noms de politiques d’extrême droite à supporter pour le prochain gouvernement ukrainien, mais aussi de vociférer « que l’UE aille se faire foutre ».

Angela Merkel avait qualifié ces propos « d’absolument inacceptables » sans que cela n’émeuve les États-Unis qui enverront trois ans plus tard les sénateurs américains Adam Schiff et John MacCain dans la poudrière du Donbass pour jeter de l’huile sur le feu :

« Les sénateurs américains ont alimenté la guerre en Ukraine. Adam Schiff, Lindsay Grahamm et John McCain sont des lobbyistes va-t-en-guerre qui défendent le complexe militaro-industriel. »

Le sénateur Adam Schiff reviendra à la charge devant le Congrès US en janvier 2020 : « Nous aidons l’Ukraine et son peuple afin que nous puissions combattre la Russie là-bas, et non ici ». Deux ans après ce discours belliqueux, la Russie a bel et bien envahi l’Ukraine et nous découvrons chaque jour davantage de cadavres qui sortent des placards.

À commencer par l’arrivée du sulfureux fils de Joe Biden au conseil d’administration de société gazière ukrainienne Burisma. Et cela juste après le coup d’État de 2014, alors que son père était vice-président d’Obama. Cette société lui a généreusement offert un salaire de 50 000 $ par mois, sans parler des millions de dollars versés à d’obscures firmes de consulting gravitant autour de Hunter Biden.

Quelles expertises Hunter Biden a bien pu apporter en échange de tout cet argent ? Probablement aucune. En revanche, son père était affectivement en position de débloquer les fonds du FMI pour l’Ukraine… Joe Biden a évidemment profité de cette position puisqu’il s’est vanté lors d’une conférence du Council of Foreign d’avoir menacé l’Ukraine de bloquer un prêt d’un milliard de dollars si le procureur Viktor Shokin, qui enquêtait sur Burisma, n’était pas débarqué…

L’autre découverte très préoccupante des ces derniers jours est l’existence de nombreux laboratoires ukrainiens travaillant sur une pléiade de virus mortels. C’est ce qu’a révélé Dilyana Gaytandzhieva, une journaliste bulgare qui affirme, documents à l’appui, que le Pentagone a financé au moins 11 laboratoires de ce genre.

Le ministère de la Défense russe a également fait fuiter des documents du ministère de la Santé ukrainien ordonnant la destruction d’agents pathogènes dans les laboratoires biologiques de Lviv, Poltava et Kharkiv.

Le chef de la force de protection radiologique, chimique et biologique de l’armée russe, Igor Kirillov, rapporte que ces laboratoires abritaient des échantillons de peste, d’anthrax, de choléra, de tularémie, de brucellose, de virus de la fièvre de Crimée-Congo, de hantavirus, de virus d’encéphalite à tiques et de leptospirose.

Côté US, Victoria Nuland, qui est désormais sous-secrétaire d’État, a confirmé que l’Ukraine possède des « installations de recherche biologique », lorsque le sénateur Rubio lui a demandé si l’Ukraine possédait des armes biologiques. Elle a également déclaré que les États-Unis craignaient que la Russie ne se procure « ces matériels de recherche » et qu’elle s’en serve contre la population tout en accusant les États-Unis.

Interrogée par Rubio sur le fait de savoir si, en cas d’attaque à l’arme biologique ou chimique à l’intérieur de l’Ukraine, les Russes seraient derrière cette attaque, Nuland a affirmé : « Il n’y a aucun doute dans mon esprit, sénateur ». Ben voyons…

Dans un autre registre, l’image du président ukrainien commence à s’effriter. Zelensky, le « Coluche ukrainien », n’est pas le saint que l’on voudrait nous vendre. L’ancien comédien serait plutôt la « marionnette de Kolomoisky ».

L’enquête mondiale menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (Pandora papers) a en effet montré que Studio Kvartal 95, la société de production télévisée de Zelensky, a reçu plusieurs millions de dollars de la part du milliardaire israélo-chyprio-ukrainien Igor Kolomoisky. Celui-là même qui a financé la série télévisée « Le serviteur du peuple » dans laquelle Zelensky jouait le rôle d’un professeur d’Histoire devenu président en dénonçant la corruption endémique. Vous avez bien lu…

C’est également ce milliardaire qui finance le fameux bataillon néo-nazi Azov, ainsi que d’autres groupes paramilitaires tels que Aidar, Donbas et Dnipro 1, tous gangrenés par l’idéologie nazie. La boucle est bouclée et l’on comprend mieux pourquoi Vladimir Poutine parle d’opération de « dénazification de l’Ukraine ».

Il reste désormais à trouver les liens entre Kolomoisky et la famille Biden…

Effet boomerang…

Vladimir Poutine promet de cesser toutes ses manœuvres si l’Ukraine :

  • – Modifie sa constitution pour y inscrire qu’elle ne rejoindra ni l’OTAN, ni l’UE ;
  • – Reconnaît l’appartenance de la Crimée à la Russie ;
  • – Reconnaît l’indépendance des régions séparatistes de Donetsk et Lougansk.

Malheureusement, le président Zelensky est complétement buté. Ses négociateurs ont même froidement abattu l’un des leurs, Denis Kireev, après des pourparlers avec la Russie, ce qui en dit long sur l’acharnement des véritables commanditaires de cette guerre. Le Washington Post suggère même que les « États-Unis et ses alliés envisagent d’installer le gouvernement ukrainien en exil (Pologne ?) pour continuer à piloter une longue insurrection ».

Il n’y aura pas de retour en arrière. L’invasion de l’Ukraine apparaît de plus en plus comme une étincelle qui précipite des bouleversements énergétiques, géopolitiques et monétaires en gestation depuis de longues années. Depuis 2008 pour être précis, lorsque la FED a trahi le monde entier en mettant en branle sa planche à billets. C’est à partir de cette année que la Russie s’est mise à accumuler de l’or…

« Boulimie d’or, la Russie accumule de l’or sans arrêt depuis plus d’une décennie »

Cette fois-ci, la rupture diplomatique semble consommée. Nous sommes à l’aube d’une récession économique biblique et il suffit de regarder du côté des prix des matières premières pour s’en convaincre. Le prix du MWh de gaz naturel atteint 345 euros alors que le prix normal est plutôt de 25 euros. C’est comme si le baril de pétrole valait 600 $…

Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, a prévenu que « sans gaz russe, nous entrerions dans un scénario de l’extrême ». Selon elle, nous serons obligés de « limiter la demande ». Traduction : nous devrons rationner la population.

Concernant le pétrole, nous arrivons à 130 dollars le baril, soit quasiment le record historique de 147 $ qui coïncida avec le pic de pétrole conventionnel de 2007 et la crise des subprimes…

D’après JP Morgan, « le baril de Brent pourrait terminer l’année à 185 dollars si l’offre russe continue d’être perturbée ». Le Premier ministre russe Alexander Novak estime pour sa part que « le prix du baril montera à 300 $ » si son pays cesse complètement ses exportations.

L’Allemagne s’oppose pour le moment à un embargo sur le gaz, le pétrole et le charbon russes, mais cette décision ne lui appartient pas. Pourquoi diable la Russie vendrait-elle ses ressources énergétiques en euros si elle ne peut pas les dépenser ?

Dans le cas où les Russes cessent totalement d’approvisionner l’Europe, la crise des subprimes passera pour une promenade de santé. Pour être encore plus clair, voici la part de l’Ukraine/Biélorussie/Russie dans les exportations mondiales d’engrais et de denrées alimentaires critiques :

  • – Potasse (engrais) : 35 %
  • – Engrais azoté : 15 % (il faut trois tonnes de gaz pour faire une tonne d’engrais azoté)
  • – Blé : 25 %
  • – Orge : 24 %
  • – Maïs : 13 %

L’effet boomerang des sanctions de l’UE se traduit par une tonne de blé qui coûte désormais 410 euros, contre 130 euros en temps normal. Dit autrement, nous risquons de revivre un printemps arabe, d’autant plus que la Chine craint la pire récolte de son histoire (-20 %) et que certains pays ont d’ores et déjà pris les devants en arrêtant leurs exportations (Hongrie, Turquie, Argentine).

Ainsi, en plus de la menace d’annihilation nucléaire, la Russie peut également provoquer une hyperinflation et des famines. Qu’importe pour le roitelet de l’Élysée qui semble penser que jouer les fortes têtes lui permettra d’être réélu… Bruno le Maire s’est même félicité d’avoir déconnecté les banques russes des réseaux SWIFT, Visa et Mastercard.

Dans son communiqué, Mastercard déclare que « les cartes émises par les banques russes ne seront plus prises en charge par le réseau, quel que soit l’endroit où elles sont utilisées – à l’intérieur ou à l’extérieur de la Russie ». Très bien, mais concrètement, les banques russes possèdent leur propre système domestique (MIR, déjà utilisé par 40 % de la population). Pour les paiements à l’étranger, ces derniers passeront tout simplement par l’alternative chinoise Union Pay.

Autre coup d’épée dans l’eau : le gel des réserves de change russes détenues en euros. Nous l’avons dit plus haut, cette sanction ne tient pas la route puisque l’Allemagne dépend de la Russie pour 55 % des importations de gaz, 50 % du charbon et 35 % du pétrole. Dans certains pays d’Europe de l’Est, cette dépendance est de 100 % pour le gaz…

Maintenant que l’on a dit tout ça, il faut aussi souligner que Moscou nourrit depuis longtemps le secret espoir de se débarrasser du dollar (et désormais de l’euro…). Moscou et Pékin ont accumulé énormément d’or en vue de restaurer le « Gold Standard ». Ce scénario est d’autant plus plausible que nous avons passé le pic pétrolier (conventionnel et non conventionnel) en 2019, si bien que l’UE ne trouvera nulle part un substitut au pétrole russe.

S’il s’avère que les réserves de change de la Russie ne sont pas vraiment de l’argent, le monde entier va se poser des questions. En premier lieu la Chine, qui possède 27 % des réserves de change mondiales (équivalentes à 12 000 milliards $). Se servir du système monétaire comme d’une arme contre un pays du G20 aura des répercussions durables.

À l’instar des bitcoiners, beaucoup de pays vont se poser la simple question : « Qu’est-ce que l’argent ? ». Le blocage des réserves de la banque centrale russe va raviver le besoin impérieux d’être véritablement en contrôle de son argent. Not your keys, not your bitcoin…

La tendance à la démondialisation va s’accentuer. Deux sphères distinctes de pouvoir technologique, monétaire et militaire vont s’affirmer. Sur le plan monétaire, une résurgence du Gold Standard s’accompagnera forcément d’une utilisation accrue du bitcoin qui a le bon goût de voyager instantanément et gratuitement, contrairement au métal jaune.

Terminons en soulignant que la Russie semble avoir cessé d’accumuler de l’or et qu’elle encourage désormais les mineurs de bitcoin à s’installer sur son territoire. Mieux encore, le BTC y est dorénavant considéré comme une « monnaie étrangère » à part entière. Hold !

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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