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Bitcoin (BTC) et le nouvel ordre monétaire mondial

mar 01 Mar 2022 ▪ 15h30 ▪ 15 min de lecture - par Nicolas Teterel

Des machinations machiavéliques ont déclenché une guerre qui va précipiter l’avènement d’un nouvel ordre monétaire mondial. Face à ces joutes géopolitiques, le bitcoin a déjà rendez-vous avec son destin.

Une guerre planifiée de longue date

L’Ukraine n’est pas sans rappeler ces pays aux frontières tracées à la règle, ignorant totalement des réalités culturelles du terrain. Le mot « Oukraïna » signifie « à la marche » (de l’empire russe). Frontalier de la Russie, le territoire actuel de l’Ukraine a fait partie tour à tour du royaume de Pologne, du Grand-Duché de Lituanie et de la maison des Habsbourg.

Puis, à l’époque de l’U.R.S.S., deux identités culturelles contrastées se sont retrouvées au sein d’une même nation à cheval entre l’Est et l’Ouest. Mais plutôt que de s’estomper, ce déchirement s’est aggravé après la chute de l’Union soviétique et l’arrivée d’ONG qui, sous couvert de promouvoir la liberté et la démocratie, ont couvé des mouvements contestataires pro-occidentaux.

Ce genre d’infiltration fut théorisé par le philosophe américain Gene Sharp. Dans son manuel « De la dictature à la démocratie », écrit en 1993, G. Sharp défendait la thèse que toute « dictature » peut être renversée pourvu que la rébellion naisse de l’intérieur.

Ce type d’action « clandestine » non violente fut recyclée par le colonel de l’armée américaine Robert Helvey, le doyen de l’école de formation des attachés militaires des ambassades américaines… Ce machiavel s’est servi du livre de Sharp pour inventer des méthodes qui seront utilisées pour toutes les révolutions de couleur des pays de l’Est. Ce colonel a orchestré lui-même le mouvement Otpor en Serbie et ses techniques seront reprises lors des révolutions Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine et Zubr en Biélorussie.

La procédure est simple. Il suffit d’offrir des moyens financiers à des mouvements séparatistes, des syndicats, des organisations étudiantes ou tout autre mouvement politique et contestataire issu de divisions religieuses, ethniques ou sociales. Tous ces foyers de révolte potentiels sont attisés pour construire une armée de civils révolutionnaires.

Les révolutions populaires, pardon, les « renversements de régime soutenus en sous-main par les États-Unis », sont souvent menés par des mouvements regroupant de jeunes activistes locaux, relativement cultivés et nourrissant l’espoir d’un avenir meilleur.

Mais une fois le pouvoir vacant, ces révolutionnaires réalisent rapidement qu’ils ne sont que des idiots utiles sur les épaules desquels sont perchés des milliardaires comme George Soros. Il n’est alors plus question d’idéaux, de liberté et de démocratie, mais de géopolitique et, dans le cas de l’Ukraine, d’une ascension au pouvoir de néo-nazis.

La fondation Open Society de George Soros est le parfait exemple d’ONG trouble qui organise les changements de régime de l’intérieur. Le milliardaire s’en est même vanté lors d’une interview sur CNN en avouant que sa fondation Open Society avait joué un rôle important dans le renversement du gouvernement ukrainien en 2014.

« Eh bien, j’ai créé une fondation en Ukraine avant que le pays ne devienne indépendant de la Russie. Cette fondation fonctionne depuis lors et a joué un rôle important dans les événements actuels », avait-il déclaré au journaliste Fareed Zakaria.

« De nombreux participants aux manifestations de l’ « EuroMaidan » de Kiev (coup d’État de 2014) étaient membres d’ONG financées par Soros et/ou ont été formés par ces mêmes ONG dans les nombreux ateliers et conférences parrainés par l’International Renaissance Foundation (IRF) de Soros, et ses divers instituts et fondations Open Society », écrivait le journaliste américain William F. Jasper dès le mois de mars 2014.

Ce genre de tweets ne surprendra donc personne :

« Les actions de Poutine constituent une attaque directe contre la souveraineté de tous les États qui faisaient partie de l’Union soviétique, et au-delà. La Russie est en violation flagrante de la charte des Nations unies et doit être tenue pour responsable. »

Le coup d’État de 2014 orchestré par les États-Unis contre le président Viktor Ioukanovitch, solidement soutenu par l’est du pays, allait forcément se solder par l’arrivée au pouvoir de forces pro-occidentales désireuses de rejoindre l’OTAN. Refusant que le port militaire russe de Sébastopol, basé en Crimée, ne tombe dans les mains de l’OTAN, Vladimir Poutine fut dans l’obligation stratégique d’annexer la région.

La population de Crimée n’ayant jamais voulu faire partie de l’Ukraine, le référendum sur l’adhésion à la Russie fut un plébiscite. Les chroniques du grand jeu nous rappellent en passant qu’un « Khroutchev passablement bourré avait donné la Crimée à l’Ukraine d’un trait de plume, un soir de beuverie de 1954 ». « Depuis la dislocation de l’URSS en 1991, la Russie louait (cher) la base de Sébastopol, accord qui était toujours susceptible d’être remis en question quand un gouvernement pro-US arrivait au pouvoir à Kiev ».

Par ailleurs, consternés par le coup d’État contre « leur » président, et révoltés face à la promesse de proscrire la langue russe qu’ils parlent, les habitants des provinces séparatistes de Donetsk et de Lougansk ont déclaré leur indépendance, avec le soutien de la Russie.

S’ensuivit la ratification des accords de Minsk (résolution de l’ONU) entre l’Ukraine, la Russie et ces provinces de l’est. L’Ukraine était supposée se transformer en État fédéral. Il était même prévu que Kiev reprenne le contrôle de toutes les frontières et qu’une amnistie générale soit proclamée après des élections qui n’ont jamais eu lieu.

Kiev a finalement refusé d’entamer ce processus. L’UE, sous l’égide du « format Normandie », devait encourager l’Ukraine à respecter ses engagements, mais il n’en a rien été. Au lieu de ça, soldats ukrainiens et séparatistes se sont regardés en chiens de faïence pendant huit ans, calfeutrés au fond de leurs tranchées, s’envoyant sporadiquement des amabilités métalliques.

L’Occident a rejeté la faute sur la Russie, ce qui n’a aucun sens dans la mesure où l’application des accords de Minsk incombait à Kiev, et non à Moscou. L’Ukraine a préféré jouer le pourrissement et inviter des milliers d’instructeurs des puissances de l’OTAN pour former son infanterie au maniement de lance-roquettes anti-tank.

Le président Zelensky, ancien show-man graveleux, n’a eu de cesse d’envenimer la situation et d’asticoter Vladimir Poutine, fort des fausses assurances apportées par Joe Biden. Appâté par l’OTAN, le clown de Kiev a cru pouvoir aggraver la situation dans le Donbas sans provoquer une réaction russe. Ou bien savait-il exactement ce qu’il faisait…

Un nouvel ordre monétaire mondial

La situation a dégénéré à une vitesse folle. Tous les radars ont été détruits dès les premiers instants, de même que la majorité des forces/défenses aériennes ukrainiennes. Sans utiliser ses équipements les plus avancés, l’armée russe a pu se rendre maître du ciel et encercler la capitale en trois jours seulement.

Pire, le président Poutine a clairement menacé l’OTAN du feu nucléaire en cas d’intervention dans ce conflit. Des avions de chasse russes positionnés en Biélorussie ont été armés de têtes nucléaires.

En face, voici les sanctions de l’UE et des États-Unis qui ne s’attendaient probablement pas à une telle démonstration de puissance :

  • – Exclusion de toutes les équipes russes des compétitions de football (FIFA et UEFA) ;
  • – Fermeture de l’espace aérien européen (l’espace aérien de la Russie est beaucoup plus grand) ;
  • – Censure de la chaîne d’information télévisée russe RT et du journal Spoutnik;
  • – Déconnexion de certaines banques russes du réseau SWIFT et de Mastercard ;
  • – Gel des réserves de change de la banque centrale russe par l’UE et les États-Unis ;
  • – Accélération des livraisons d’armes, laissez-passer pour les mercenaires en tous genres ;
  • – L’Allemagne va se réarmer (100 milliards d’euros viennent d’être annoncés)

Ajoutons à tout cela que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré le 27 février que l’UE souhaitait que l’Ukraine devienne l’un de ses États membres. De son côté le président ukrainien a signé une demande de procédure d’adhésion « spéciale » de son pays à l’UE.

Concernant la déconnexion du réseau SWIFT, notons que la Russie continue d’envoyer du gaz en Europe de l’Ouest, principalement aux pays de l’OTAN, via l’Ukraine. Le débit a même augmenté depuis le début de l’invasion…

Dans l’ensemble, les chiffres de 2021 (pour l’UE) montrent que 25 % de nos importations de pétrole et 38 % de notre gaz provient de Russie. Ces deux sources énergies ont même représenté 59 % de toutes les importations allemandes venant de Russie.

Par ailleurs, nous parlons souvent du gaz, mais un arrêt de l’approvisionnement en charbon russe serait encore plus grave. L’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique pourraient perdre environ 67 % de leurs importations en cas d’embargo énergétique. Dit autrement, à moins de se tirer une balle dans le pied et risquer de ne plus avoir d’électricité, l’Europe ne peut pas totalement déconnecter la Russie du réseau SWIFT.

De plus, cela fait des années que le tango sino-russe se prépare à de telles sanctions financières, si bien que n’importe quel pays ayant véritablement besoin de l’énergie russe pourra se brancher au système CIPS qui imite le système de messagerie SWIFT.

En outre, on voit mal la Russie continuer de fournir l’Europe en énergie si elle ne peut pas utiliser son argent… Il est raisonnable de penser qu’elle ne donnera pas son énergie gratuitement. Ainsi, même si, à court terme, le gel de la moitié des réserves de change de la Russie (l’équivalent de 320 milliards de dollars) plombe le Rouble sur le marché des changes, cette esbroufe risque de ne pas durer longtemps.

Il faut aussi souligner que chaque banque centrale est souveraine sur les réserves de change de la Russie. Cette dernière pourra donc continuer de commercer avec les pays qui le souhaiteront, notamment la Chine, l’Inde ou le Brésil qui ont tous refusé de condamner l’invasion russe.

Geographical distribution of central bank of russia's reserve assets
« Location des réserves de change de la banque centrale de Russie, en pourcentage »

Le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a déclaré qu’il est impossible de « bloquer les réserves de la Banque centrale russe à Moscou, ou en Chine ». « La Russie s’est préparée à des sanctions sur le plan financier en plaçant ses réserves là où nous ne pouvons pas les bloquer. »

Maintenant que nous avons passé ces détails en revue, il faut dire que nous ne pourrons pas nous passer du premier pourvoyeur d’énergie mondial. Il est écrit d’avance que le dénouement de cette crise venant opportunément remplacer le virus dans la propagande médiatique sera… une inflation massive.

La hausse des prix de l’énergie va très probablement provoquer une crise financière plus grave encore que celle de 2008. Et à moyen terme, c’est bien la Russie qui nous ramassera à la petite cuillère. Elle nous dira alors : « nous allons rouvrir les oléoducs, mais nous refusons d’être payés en dollars ».

Ceux qui voudront du gaz, du pétrole, du charbon ou du blé (plus d’un quart des exportations mondiales de blé proviennent de Russie et d’Ukraine) devront payer en rouble. Ou bien en yuan, une monnaie qui, rappelons-le, est adossée à l’or (Gold Standard). Ou bien en or, tout simplement.

Nous assistons à la désintégration du système monétaire hérité des années Nixon. L’hégémonie du dollar alliée à celle du réseau SWIFT n’est plus. Désormais, des systèmes de paiement concurrents vont apparaître et d’autres monnaies vont venir tailler des croupières à l’Euro ainsi qu’au billet vert.

Nous pourrions même imaginer que le Bitcoin parvienne à tirer son épingle du jeu. Pour plusieurs raisons. La première est que le Kremlin le considère à présent comme une monnaie étrangère à part entière. Cette décision a été prise juste avant l’invasion…

La seconde est que les pays qui voudront sagement éviter de se mouiller pour l’un ou l’autre camp pourront choisir un moyen de paiement apatride, ne profitant à aucun pays en particulier. Ne nous y trompons pas, chaque nation est dorénavant face à un choix cornélien : soutenir « l’empire du mensonge », ou bien se ranger derrière le bloc des BRICS.

Troisièmement, lorsqu’une monnaie s’effondre (le rouble), les actions, les obligations et les biens immobiliers liés à cette monnaie s’effondrent également. Mais pas le bitcoin… Ce dernier est déjà de retour au plus haut historique face au rouble. Les volumes BTC/RUB sont en forte hausse, au plus haut depuis le mois de mai.

Même BTC/USD a repris les 43 000 $ au moment d’écrire ces lignes, alors même que les bourses sont dans le rouge. Nous avons connu hier la plus forte hausse journalière depuis plus d’un an (+15 %).

De plus en plus de personnes touchées dans leur chair réalisent la valeur d’une technologie d’épargne anti-inflationniste, sans frontières, résistante à la censure et impossible à confisquer. En cas de guerre, si vos actifs ne sont pas transférables, votre patrimoine s’évapore de manière instantanée. Un embargo énergétique imposé à l’Europe aura pareillement tôt fait de provoquer une inflation gigantesque qui avalera toute notre épargne.

Ceci n’est pas un exercice, convertissez votre argent en bitcoin qui est désormais le seul système de paiement mondial qui ne discrimine personne, quelles que soient sa race, sa nationalité, sa religion, sa politique ou ses actions.

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Nicolas Teterel

Journaliste rapportant sur la révolution Bitcoin. Mes papiers traitent du bitcoin à travers les prismes géopolitiques, économiques et libertaires.

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Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.

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